Elle change de périodicité pour procéder à une évaluation du portefeuille des projets et programmes financés par la BM dans notre pays, examiner les difficultés auxquelles ils sont confrontés et de proposer des solutions
La première mini-retraite conjointe Mali-Banque mondiale (BM), au titre du 1er trimestre 2012, s’est tenue hier, au Grand hôtel, sous la présidence du ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, Sambou Wagué. Ce rendez-vous permet de procéder à une évaluation du portefeuille des projets et programmes financés par la BM dans notre pays, examiner les difficultés auxquelles ils sont confrontés et de proposer des solutions. A l’ouverture de la rencontre, Mme Bouaré Fily Sissoko a, au nom du chef des opérations de la Banque mondiale au Mali, Ousmane Diagana, remercié l’ensemble des participants ainsi que les coordonnateurs de projets pour leur engagement. La décision de changer les revues annuelles Mali-BM en revues trimestrielles a été prise il y a un an. La présente mini- retraite représente donc la deuxième revue trimestrielle, a-t-elle précisé. La session, a souligné le ministre Sambou Wagué, doit permettre spécifiquement de tirer les enseignements de l’exécution des recommandations issues de la précédente revue, afin d’améliorer la performance globale du portefeuille, de renforcer le dialogue entre les acteurs nationaux impliqués dans la mise en œuvre des projets, l’appropriation des projets par ses principaux bénéficiaires et de garantir la durabilité de ses effets et impacts. Actuellement, le montant global du portefeuille de la BM dans notre pays s’élève à environ 900 millions de dollars (environ 450 milliards de Fcfa) pour 20 projets actifs couvrant les secteurs de l’énergie, de la santé, de l’agriculture, des infrastructures de l’éducation, des secteurs prioritaires du CSCRP. La revue a examiné le statut du portefeuille en fin janvier 2012 ainsi que l’état d’exécution et d’avancement de certains grands projets comme le PCDA (Programme de compétitivité et de développement agricole), le PASE (Programme d’appui au secteur de l’énergie) financé à hauteur de 120 millions de dollars (60 milliards de Fcfa), le PAPAM (Projet d’accroissement de la production agricole) à hauteur de 160 millions de dollars (80 milliards de Fcfa), etc. Faisant le point de la situation, Mme Bouaré Fily Sissoko a expliqué qu’en fin janvier 2012, le portefeuille s’est enrichi d’un nouveau projet : le Projet de santé de la reproduction. Sur les 20 projets du portefeuille, a-t-elle précisé, 11 sont nationaux, les autres étant des projets à caractère régional. Globalement, le taux de décaissement des projets devrait atteindre 15,49% en juin 2012 et tend à s’améliorer, a fait remarquer Mme Bouaré Fily Sissoko. Si les progrès enregistrés par le PAPAM et, dans une moindre mesure, par le PASE se poursuivent, la performance globale du portefeuille connaitrait une nette amélioration, en raison du poids de ces 2 projets dans le stock non décaissé au 31 janvier (45%). Les problèmes qui handicapent leur exécution concernent généralement la passation des marchés, la gestion financière, la lenteur dans la réalisation des travaux et la complexité des procédures de la Banque mondiale. Concernant le PCDA, il est confronté à des difficultés d’acquisition des titres fonciers pour les sites des infrastructures collectives à réaliser, à la diversité des approches d’intervention et du mode de contribution des bénéficiaires des projets et programmes avec d’autres projets financés par la BM. A cet effet, la revue a proposé l’instauration d’une procédure accélérée de création et de mutation des titres fonciers, nécessaires à la réalisation de certaines infrastructures financées par le projet. Elle a aussi recommandé d’harmoniser les approches par la mise en place d’une stratégie d’intervention des projets financés par la BM pour les mêmes acteurs. Cette activité devra prendre en compte le caractère marchand ou non des activités financées. Une étude sur l’harmonisation des approches d’intervention est en cours et le rapport provisoire est attendu pour la mi-février. Un atelier sur le sujet se tiendra en mars prochain. Pour ce qui est de la gestion financière, la revue a proposé l’amélioration de la qualité de l’exécution financière des projets et programmes à travers le renforcement des capacités des agents impliqués dans le processus, un meilleur partage des bonnes pratiques ainsi que la promotion de l’intégration des dispositifs de contrôle interne et externe des UCP/UGP au système national de contrôle. Pour la passation des marchés, il s’agit de réduire le délai de traitement des dossiers et de fluidifier le circuit d’obtention de non objection, d’améliorer la performance des agences de maîtrise d’ouvrage délégué, d’installer une gestion efficace des ressources humaines et une meilleure organisation du travail, de faire connaitre les réformes en cours au niveau de la BM pour atténuer la lourdeur des procédures de passation des marchés et assurer une bonne maîtrise de toutes les procédures applicables à chaque projet ou programme .