ECONOMIE

PostHeaderIcon Mines : WASSOUL’OR VA-T-ELLE FAIRE DES EMULES ?

Cette première expérience de mine d’or industrielle à capitaux maliens a été appréciée par les responsables d’entreprises minières et pétrolières nationales et étrangères qui ont visité l’usine en marge des JMP

Mines : WASSOUL’OR VA-T-ELLE FAIRE DES EMULES ?

Le projet de construction de la mine d’or de la société minière Wassoul’or devrait faire des émules dans la sous-région et ailleurs. Les participants venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique pour les travaux de la quatrième édition des Journées minières et pétrolières du Mali (JMP) ont mis à profit la journée de vendredi pour visiter les installations de la nouvelle mine en construction dans la petite localité de Kodiéran à environ 300 km au sud de Bamako. Précisément à 5 km de Kalana, chef lieu d’arrondissement dans le cercle de Yanfolila. Etaient du voyage, des responsables du département des Mines et des structures et services rattachés, des responsables d’entreprises minières et pétrolières nationales et étrangères. Cet ambitieux projet conduit par notre compatriote Aliou Boubacar Diallo, consiste à construire la première mine industrielle entièrement financée par des capitaux locaux. Une expérience inédite dans notre pays que les responsables de Wassoul’or étaient désireux de partager avec leurs collègues étrangers. Le projet de construction de la mine d’or de Kodiéran est une vieille histoire. Tout commence par l’acquisition du permis par Wassoul’or en 1992. Ce sésame obtenu, la Sonarem et la Sodinaf, deux entreprises embryonnaires de Wassoul’or, procédèrent à d’importants travaux portant sur 11.000 m de forages, plus de 1500 m linéaires de tranchées, 896 puits ronds de 5 m de profondeur et des levées de couverture photogramétrique à petite échelle. Ces travaux ont permis de situer le gisement en profondeur et sur les extensions nord, ouest et est du périmètre. Plus tard, des travaux géotechniques et hydrogéologiques seront menés en vue d’implanter les infrastructures (usine, cité minière, bassins de captation et rejet, déviation de la route Kalana-Yanfolila, piste d’atterrissage). Une phase d’expérimentation sera consacrée à la construction de l’usine pilote avec une capacité de 1000 tonnes de minerai par jour. Cette phase avait pour objectif de préciser et d’affiner les paramètres techniques d’exploitation de la future usine, d’optimiser la récupération de l’or, mais aussi et surtout de former le personnel malien aux difficultés de gestion d’une unité de production minière, explique Corneille Dena, le chef d’usine à Wassoul’or. L’exploitation d’une carrière de 1,27 km a permis de produire durant cette phase expérimentale au total 259.545 tonnes de minerais entre 2007 et 2008. Le minerai est de la roche oxydée. Son extraction se fait à la pelle, sans utilisation d’explosif. La future mine de Kodiéran se passe également de l’utilisation du cyanure, l’absorption de l’or se faisant par gravimétrie. La réserve de minerai est estimée à plus de 33 millions de tonnes toutes catégories confondues à une teneur moyenne de 1,78 g à la tonne. De 1992 à nos jours que de chemin parcouru. La future usine est déjà sortie de terre. Les gros ouvrages sont en cours de finition. D’autres travaux ont été réalisés dont la construction d’une digue de 15 millions de mètres cubes ; d’un bassin de stockage tampon ; la réalisation de bâtiments administratifs, du laboratoire, d’une centrale électrique de 3,2MW ; la construction d’épaississeur, de station de pompage d’eau claire. Les ouvrier s’attèlent à mettre la dernière touche avant le coulage du premier lingot d’or. Pour quand ? Pour bientôt, répond simplement Aliou Boubacar Diallo, le PDG de Wassoul’or. « Tous les équipements sont sur place. Une grande partie de ces équipements est déjà montée. C’est le câblage qui reste à faire pour relier les machines à la centrale électrique et aux ordinateurs qui les commandent. Vous voyez vous-mêmes que l’usine est déjà sur pied. Et s’il plait à Dieu sa mise en fonction ne sera qu’une question de jours », promet-il. Le patron de Wassoul’or fonde sa confiance sur l’existence d’un gisement très particulier où les filons affleurent en surface et sur les progrès dans l’implantation de l’usine, deux préalables, de son point de vue, à l’atteinte des objectifs. Les investissements de Wassoul’or s’élèvent de nos jours à environ 100 milliards de Fcfa. Le projet de Wassoul’or prend en compte le développement local à travers des actions de solidarité envers les populations : construction d’écoles, de maternités, de centre de santé, de retenue d’eau, don d’équipements et de matériels agricoles, de vivres et de médicaments, sans oublier les actions de protection de l’environnement initiées pour sauvegarder la nature dans la zone. Une dynamique appréciée par les visiteurs qui, tour à tour, ont loué les mérites de ce qu’il convient d’appeler une fierté nationale. « Nous sommes particulièrement impressionnés par ce que nous venons de voir ici. Ce projet est à encourager. C’est une fierté pour nous les Africains de voir que nous sommes capables par nous-mêmes de mener des projets ambitieux pour notre pays et pour l’Afrique. C’est un exemple pour les générations présentes et futures. Ce sont des exemples comme ça qu’il faut en Afrique parce que ce qui manque le plus c’est l’entreprenariat. Il faut que les Africains suivent son exemple et puissent mettre en place des projets fiables et de très grande envergure pour le mieux être des populations », commentera Ibrahim Lô, un opérateur minier sénégalais.