L’autorité et l’UEMOA prévoient de former en deux ans 12 600 personnes travaillant dans la chaîne de passation des marchés publics
Dans le cadre de l’harmonisation de ses procédures de passation des marchés publics avec les directives de l’UEMOA, notre pays a enclenché une vaste réforme de son système de passation des marchés tant sur le plan institutionnel que sur le plan normatif. Cette réforme s’est traduite par le recentrage des missions de la Direction générale des marchés publics et des délégations de service public, et la séparation des fonctions de contrôle et de régulation qui ont abouti à la création de l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public (ARMDS). Le séminaire sur le renforcement des capacités des acteurs de la commande publique qui se tient depuis hier à l’hôtel Olympe, participe justement de cette grande reforme. Organisée par l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public (ARMDS) et financée par l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), la rencontre est consacrée à la "Connaissance des directives n°4 et n°5 de l’UEMOA" et s’adresse aux acteurs de la commande publique, aux directeurs administratifs et financiers des différents départements ministériels et à la société civile. La cérémonie d’ouverture des travaux, présidée par Amadou Santara, le président de l’ARMDS, s’est déroulée en présence du secrétaire exécutif de l’autorité, Adama Touré, du représentant de l’UEMOA, Éric Ky, et des directeurs des finances et du matériel. Une vingtaine de personnes participent à la session consacrée aux directives n°4 et n°5 de l’espace communautaire UEMOA et aux textes législatifs et réglementaires issus de la reforme du système de passation des marchés publics. Le séminaire marque le début d’une série de formations initiées par l’ARMDS et l’UEMOA et qui visent à terme le renforcement des capacités de 12 600 personnes travaillant dans la chaîne de passation des marchés publics pendant la période 2010-2012. Présentant sa structure, Amadou Santara indiquera que l’ARMDS a charge d’assurer la régulation du système de passation des marchés publics et des conventions de délégations de service public en vue d’accroître sa transparence et son efficacité. Ces missions, ajoutera-t-il, couvrent plusieurs domaines comme la définition des politiques et de la réglementation en matière de marchés publics, la formation et l’information des acteurs de la commande publique, les relations de coopération et les liaisons avec les institutions similaires d’autres pays et les organismes internationaux. Lors des deux prochaines années (2010-2012), a-t-il annoncé, l’Autorité de régulation entend mettre l’accent sur l’exécution de son plan d’actions, la professionnalisation des acteurs de la commande publique par l’initiation et la mise en oeuvre d’actions vigoureuses de sensibilisation, d’information, de formation et de conseil en direction des autorités contractantes, du secteur privé et de la société civile. Le secrétaire exécutif de l’ARMDS expliquera que tous les textes maliens relatifs au système de passation des marchés publics et des délégations de service public sont des transpositions de deux directives communautaires : la directive n°4 portant procédures de passation, d’exécution et de règlement des marchés publics et des délégations de service public dans l’UEMOA, et la directive n°5 portant contrôle et régulation des marchés publics et des délégations de service public dans l’espace UEMOA. Adama Touré rappellera fort opportunément que le recouvrement de la redevance de régulation a commencé et qu’elle est fixée à 0,5% du montant net des marchés publics, tout comme le droit d’enregistrement. Cette redevance constitue plus de 80% du budget de l’ARMDS, a-t-il expliqué.