Avec 19 630 tonnes commercialisées sur les marchés internationaux, au terme de la campagne passée pour une valeur marchande estimée à plus de 7,3 milliards de Fcfa, la mangue s’est hissée au rang des principaux produits agricoles d’exportation
La filière des mangues représente un filon que notre pays n’arrive pas encore à exploiter à fond. Mais ces dernières années, de gros efforts ont été déployés pour valoriser la filière et surtout pour encourager les exportations. Ainsi, la mangue s’est hissée au rang de des principaux produits d’exportation agricole. Les chiffres sur l’évolution des exportations au cours des dernières années sont édifiants. En 2005, notre pays n’avait exporté qu’environ 2 900 tonnes de mangues. L’année suivante, les exportations connurent un bond significatif pour dépasser les 4 200 tonnes. Depuis, elles ont régulièrement progressé en passant de 8 517 tonnes en 2007 à 19 630 tonnes au terme de la campagne de 2011 pour une valeur marchande estimée à plus de 7,3 milliards de Fcfa. Prenant la mesure du gros potentiel que représente la filière mangue, les pouvoirs publics ont initié divers projets pour valoriser le secteur, avec des fois l’aide des partenaires au développement. C’est le cas avec le Programme de compétitivité et diversification agricole (PCDA). La composante II de ce programme a réuni lundi, des acteurs de la filière venus des principaux bassins de production de mangue et des diverses structures d’encadrement de la filière. Au centre de la rencontre : la planification de la campagne de commercialisation de la mangue au titre de l’année 2012 C’est la salle de réunion de la station de conditionnement de mangue « Plazza » située à Faladié en Commune VI du District de Bamako qui a servi de cadre pour les échanges. Les travaux étaient présidés par le président de l’Interprofession filière mangue (IFM), Moctar Fofana. Des responsables de la direction nationale de l’Agriculture, de la coordination régionale du PCDA à Sikasso et de la Direction régionale de l’Agriculture de Sikasso y ont participé. L’objectif de cet atelier de planification est d’anticiper sur les éventuels désagréments susceptibles de perturber le bon déroulement de la campagne de mangue. Durant toute la journée, les acteurs de la filière (producteurs, exportateurs, transformateurs et pisteurs…) ont largement discuté du « dispositif d’information à vocation de veille commerciales » généralement mis en place avant le démarrage de la campagne. Un premier groupe a planché sur le volet « veille commercial/qualité ». Ici, chacun a fait partager ses expériences personnelles. L’objectif de ces échanges était d’identifier les principaux problèmes en aval afin de prendre les dispositions pour améliorer la qualité de la mangue exportée sur les marchés européens. Les améliorations préconisées concernent l’emballage, la couleur, le calibre et les défauts d’aspects de coloration. Il s’agit de trouver un modèle de dispositif à mettre en place entre les exportateurs et les clients européens. Le deuxième gros sujet de la rencontre portait sur « la logistique export maritime. Là, il a été beaucoup question des difficultés rencontrées les années précédentes au niveau de la « logistique export maritime ». Par exemple l’année dernière, les exportateurs ont beaucoup souffert des conséquences de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. En effet, les ports de Tema au Ghana et d’Abidjan et San-Pedro en Côte d’Ivoire sont les seuls ports qui disposent d’infrastructures de transport des fruits et légumes dans la sous-région. La fermeture des deux ports ivoiriens a donc fortement pénalisé nos exportateurs. C’est pourquoi cette année, avec l’aide du PCDA, ils veulent anticiper sur les problèmes susceptibles de perturber la campagne. La rencontre a été également l’occasion de parler des prévisions de production dans les deux grands bassins de production : Sikasso et Bamako/Koulikoro. Les engagements pris à cet effet fixent les estimations de production d’abord pour la région de Bamako-Koulikoro à 9 500 tonnes dont 4 800 destinées à l’exportation et 186 pour la transformation. Sikasso prévoit de produire 250 000 tonnes dont 20 000 tonnes destinées à l’exportation et 500 tonnes à la transformation. Le reste de la production sera commercialisé sur le marché national et sous-régional. La production totale prévue est estimée à environ 570 000 tonnes pour toutes les variétés. Pour valoriser et développer cette filière porteuses, le plan de compétitivité de la filière mise en place par le PCDA retient cinq chaînes de valeur destinées à accroître la dynamique de production et d’exportation : les exportations par voie maritime sur les marchés européens ; la mangue fraîche d’exportation par voie aérienne sur les marchés internationaux ; la mangue fraîche pour l’approvisionnement des marchés urbains au niveau national et sous-régional ; la mangue séchée pour l’approvisionnement des marchés urbains au niveau national, sous-régional et de niches d’exportation et les autres produits transformation pour l’approvisionnement des marchés urbains au niveau national, sous-régional (jus, confiture, vinaigre).