ECONOMIE

PostHeaderIcon Lutte contre la corruption et la délinquance financière : UN PLAN D’ACTION REVIGORE

Le comité de suivi a évalué avec le chef du gouvernement l’exécution des recommandations des Etats généraux et coordonné les actions à mener en 2012

Lutte contre la corruption et la délinquance financière : UN PLAN D’ACTION REVIGORE

Le Premier ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, a reçu hier à la Primature, les membres du comité de suivi et d’évaluation du plan national d’actions de mise en œuvre des recommandations des Etats généraux sur la corruption et la délinquance financière et les points focaux des départements ministériels. Ce comité, installé en mars 2011, est composé de 2 représentants de la société civile, 2 du secteur privé et 3 de l’administration. Ces 7 personnalités ont la délicate tâche de suivre et d’évaluer le plan national d’actions de mise en œuvre des recommandations des Etats généraux sur la corruption. L’organisation des Etats généraux sur la corruption et la délinquance financière (25-28 novembre 2008) suscitée par le président de la République, a permis de mobiliser toutes les composantes de la société autour de ces questions. Les associations de femmes et de jeunes, les organisations socioprofessionnelles, les syndicats, les différents ordres, les comités d’éthique, les confessions religieuses, les notabilités, les professionnels des médias, ainsi que le secteur privé, les administrations d’Etat, les partis politiques, les personnes ressources et les Maliens de l’extérieur avaient formulé lors de ces assises nombre de propositions pour enrailler ce mal. La corruption se présente dans notre pays sous des formes aussi diverses que variées. Elle va de la fraude aux rémunérations illégales en passant par le blocage délibéré de l’application régulière des dispositions légales et réglementaires, l’utilisation abusive d’informations confidentielles à des fins personnelles, le vol, le détournement du patrimoine public ou encore, le commerce des postes officiels, la promotion imméritée, l’extorsion jusqu’à la falsification de documents et l’utilisation d’une position administrative pour acquérir des gains illicites. À cela, il faut ajouter le non-respect de l’éthique et de la déontologie, le clientélisme, le trafic d’influence, le nomadisme politique, l’exploitation et l’expropriation des populations, l’abus de pouvoir, dans la gestion et l’administration des biens des collectivités. Il y a aussi la fraude, la falsification de documents administratifs, le faux et l’usage de faux, la surfacturation, l’exploitation anarchique et sauvage des ressources naturelles et du patrimoine culturel. L’achat des notes et des diplômes est également devenu une pratique courante. Somme toute, la corruption et la délinquance financière affectent négativement le processus de développement économique, social et culturel du pays. Elles constituent un facteur bloquant et annihilant la gestion adéquate des ressources nationales. Elle affaiblit la lutte contre la pauvreté détournant à des fins privées les ressources destinées à améliorer les conditions de vie des populations. Elles obstruent toutes les issues du développement global. Les pouvoirs publics ont, par conséquent, engagé des processus de réformes pour améliorer la transparence dans la gestion des finances publiques avec comme finalité une meilleure conduite des affaires de l’Etat et donc, l’amélioration des conditions de vie des populations. Le défi de ces assises était donc de comprendre les facteurs qui favorisent la corruption et d’expliquer pourquoi il est nécessaire, et même vital, pour notre pays de combattre durablement et efficacement le phénomène sous toutes ses formes. Les assises avaient ainsi permis d’effectuer un diagnostic partagé de lutte contre la corruption autour duquel le gouvernement doit articuler un ensemble de mesures et de réformes susceptibles d’instaurer de nouvelles pratiques de gouvernance, de gestion des affaires et des deniers publics. À la suite des Etats généraux sur la corruption et la délinquance financière, les représentants de toutes les couches socioprofessionnelles et politiques présents avaient demandé au gouvernement d’élaborer et de mettre en œuvre un programme de lutte contre la corruption et la délinquance financière sur la base de leurs propositions, un programme doublé d’un mécanisme de suivi et d’évaluation. Ainsi, en mars dernier, le comité a été mis en place et un plan national d’actions a été défini. Des points focaux ont été installés dans tous les départements ministériels qui travailleront en lien étroit avec le comité de suivi et d’évaluation pour l’élaboration des budgets des activités inscrites dans son programme annuel. Hier, la session s’est attachée à définir et coordonner les activités programmées par le comité pour l’année 2012, d’évaluer et de résoudre les difficultés rencontrées au cours de l’année écoulée et de mettre les points focaux au même niveau d’information que les membres du comité de suivi. La présidente du comité, Mme Sy Ami Konaté, rappellera que conformément aux orientations du président de la République, le gouvernement s’est engagé à donner une suite aux recommandations des Etats généraux. Ainsi, expliquera-t-elle, ce comité est une structure pérenne qui vise à assurer le suivi et l’évaluation des mesures de mise en œuvre par les autorités pour lutter contre la corruption et la délinquance financière. « Pour l’opérationnalisation, des recommandations issues des Etats généraux, la démarche adoptée par le gouvernement a été de les traduire en actions concrètes et les préoccupations exprimées par l’ensemble des forces vives de la nation représentées aux assises des Etats généraux seront prises en compte au sein de notre comité ”, a-t-elle assuré. Dans son intervention, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a rappelé que le gouvernement s’était engagé notamment à mettre en place une structure pérenne pour assurer le suivi et l’évaluation des mesures mises en œuvre par les autorités pour lutter contre la corruption et la délinquance financière. Le chef du gouvernement a réaffirmé les attentes du gouvernement, notamment la mobilisation de la coalition nationale constituée lors des Etats généraux autour de l’objectif d’éradication du phénomène de la corruption et des mesures à prendre en vue de son opérationnalisation. « Le Plan national d’actions que vous êtes chargés de mettre en œuvre comprendra les informations du public, les actions à mener par le gouvernement notamment par la publication des rapports d’étape et du rapport final d’évaluation, l’organisation d’ateliers d’information. Le comité doit produire à l’attention des autorités un rapport annuel d’évaluation des activités mentionnées et peut éventuellement faire des propositions d’orientation et de stratégie au gouvernement », a rappelé le Premier ministre. Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a félicité les membres du comité de suivi pour le travail de qualité fourni depuis leur nomination et les a invités à poursuivre sur la même lancée pour l’éradication de la corruption et de la délinquance financière.