ECONOMIE

PostHeaderIcon Le Premier ministre au Niger : L’INTÉRESSANTE EXPÉRIENCE DE KIRKISSOYE`

Le séjour du Premier ministre Mandé Sidibé à Niamey, outre sa partie politique, a été marqué par la visite de certaines réalisations de notre voisin.

Le Premier ministre au Niger : L’INTÉRESSANTE EXPÉRIENCE DE KIRKISSOYE`

Accompagné de son homologue nigérien, Hama Amadou, Mandé Sidibé a visité le périmètre irrigué de Kirkissoye où se développe un élevage à vocation laitière. Situé sur la rive droite du fleuve Niger en aval de Niamey, Kirkissoye couvre une superficie de 35 hectares. 10 hectares sont réservés à la station, tandis que les 25 autres font office de secteur paysan. Créée en 1966 par l’État, la station avait pour mission de faire la recherche appliquée en matière de production, le forage irrigué permettant d’assurer la ration de base des animaux. L’étude du potentiel génétique de la race Azawak et la vulgarisation des méthodes de l’élevage mises au point à la station en vue de la constitution d’élevages fermiers pour l’approvisionnement en lait de la ville de Niamey et l’amélioration de l’embouche domestique font également partie des missions de la station. Dans la recherche fourragère dont s’occupait Kirkissoye, le bourgou a été retenu parmi plusieurs espèces pour plusieurs raisons. D’abord parce que l’existence de cette plante à l’état naturel dans le lit du Niger est connue des éleveurs riverains qui, traditionnellement, l’utilisent pour l’alimentation de leur bétail. Ensuite l’établissement de la plante est facile à réaliser à partir des boutures prélevées et sa culture similaire à celle du riz favorise son adoption et sa réussite par les paysans. Sa bonne adaptation aux terres argileuses, ses qualités biomatologiques élevées et sa productivité (200 tonnes de matière verte à l’hectare) sont autant d’atouts qui ont joué en faveur de la rétention du bourgou. Dans les recherches zootechniques, la station a mis en compétition deux races, dont le but final est de déterminer la meilleure productrice de lait. Il s’agit en l’occurrence de l’Azawak et du Sokoto Goudalis. L’expérience a prouvé que la production laitière en 228 jours est de 1117,2 kilogrammes pour l’Azawak contre 812,5 kilogrammes pour la Goudalis. La mission actuelle de la station est la production fourragère, l’encadrement des paysans et la recherche zootechnique. C’est pour pérenniser et améliorer les performances de l’Azawak qu’un secteur paysan fut créé en 1970. Au fil du temps, ce secteur s’est structuré pour donner naissance à la coopérative laitière de Kirkissoye. L’exploitant admis bénéficie de 8 vaches ou génisses qu’il est tenu de rembourser selon les critères suivants : deux veaux par vache reçue, âgés de 10 à 11 mois et pesant au moins 130 kg pour le veau et 140 kg pour la génisse. Ces animaux de remboursement sont gardés à la station dans le but de les réinjecter dans le circuit de la coopérative pour rajeunir le cheptel. L’opération était dirigée par l’Office du lait du Niger (OLANI). Le système fut abandonné depuis 1994 avec la privatisation de l’OLANI. La coopérative est aujourd’hui composée de 25 exploitants et de 247 têtes de bovins Azawak. La production moyenne mensuelle de lait est de 442,5 litres par exploitant et les recettes lait sont estimées à 80.000 FCFA par mois et par paysan. Les partenaires sont les sociétés laitières du Niger. La panne du système d’irrigation et la cherté des intrants zootechniques sont des problèmes dont souffre la coopérative. Auparavant les deux Premiers ministres s’étaient rendus sur la retenue d’eau de Sileydey-Garou, située entre la route de Filingué et la route de Oullam, ce qui leur a permis de constater l’importance de cette réalisation qui permettra aux populations riveraines de s’adonner aux cultures de contre saison pour l’autosuffisance alimentaire. Parlant des relations entre les deux pays, Mandé Sidibé a, au cours d’un entretien accordé à la presse nigérienne, confié qu’elles sont au beau fixe et que sa rencontre avec les autorités du Niger a été l’occasion de les raffermir et d’échanger sur toutes les questions d’actualité et les sujets préoccupants nos deux pays. Il s’agit notamment de la sécurité transfrontalière. A ce propos, le Premier ministre Mandé Sidibé a souligné que le Niger et le Mali sont liés par l’histoire et la géographie et partagent de choses en commun. Ces deux pays, ajoutera-t-il, sont engagés dans un processus démocratique et de lutte contre la pauvreté pour améliorer le sort de leurs citoyens.