AGRICULTURE

PostHeaderIcon Campagne agricole 2010-2011 dans la région de Sikasso : DES PAYSANS BIEN INSPIRéS

Ils travaillaient pour la plupart dans d’autres secteurs d’activité, ils se sont tournés vers la terre, le résultat est surprenant

Campagne agricole 2010-2011 dans la région de Sikasso : DES PAYSANS BIEN INSPIRéS

Drissa Diakité du village de Klé-Sokoro (dans le cercle de Bougouni) est un paysan modèle. Il a cultivé cette année 7 hectares de coton, 6 hectares de maïs et 2 hectares de niébé. Ses différents champs présentent un bon aspect végétatif. Il s’est réjoui de la présence du ministre de l’Agriculture Agatham Ag Alhassane la semaine dernière dans ses champs et a prié ce dernier de transmettre les félicitations et les remerciements des paysans au président de la république Amadou Toumani Touré et au gouvernement pour la subvention des engrais, des semences et des équipements. Grâce à ces efforts, les paysans ont augmenté les superficies et les cultures augurent d’une bonne campagne agricole. Le paysan Drissa Diakité a certifié qu’il cultive le coton depuis 38 ans. Il a assuré avoir récolté 1,6 tonne de coton graine à l’hectare et 4 tonnes de maïs sur une superficie analogue l’année dernière. À Ifola, un village situé à 35 kilomètres de Sikasso, le paysan Youssouf Diallo a émerveillé la délégation ministérielle. Sa parcelle de riz nerica de 3,4 hectares est propre et est dépourvue de mauvaises herbes. Le bon état végétatif des feuilles de riz frappe au premier abord le visiteur. Ce paysan a exploité d’autres spéculations comme le maïs pur sur 8 hectares et le maïs en association avec le niébé sur 4 autres hectares, le sorgho sur 2 hectares, le niébé pur sur un hectare et le niébé associé au mil sur 4 hectares et l’arachide sur 3 hectares. Le paysan attribue le succès de ces cultures au respect scrupuleux des conseils de l’encadrement. Ainsi, il a indiqué avoir apporté 140 chargements de charrettes de fumure organique sur sa parcelle de riz nerica. Il est un habitué de cette culture depuis 3 ans déjà. Il a assuré avoir récolté 3 tonnes de riz nerica à l’hectare. Le ministre Agatham Ag Alhassane l’a encouragé à persévérer et à inspirer d’autres paysans.

TRANSPORTEUR CON-VERTI. La visite des parcelles de Mamadou Traoré à Diomaténé (village situé à 12 kilomètres de Sikasso) a été singulière. Mamadou Traoré est un paysan atypique parce qu’il était en fait un transporteur qui a trimé sur les routes reliant notre pays aux pays voisins (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Guinée, Sénégal) pendant 28 ans. Il a décidé de mettre le camion au garage pour se consacrer presque exclusivement à l’agriculture. Ainsi depuis quelques années, ce transporteur converti exploite différentes cultures vivrières ou de rente. Cette année, il a cultivé, entre autres, 4 hectares de riz nerica, 6 hectares d’autres variétés de riz, un hectare de maïs hybride, 6 hectares de maïs Denbanyuman, 2 hectares de sorgho, la même superficie en mil, en patate douce, en niébé pur, en arachide. Mamadou Traoré exploite 6 hectares de manguiers depuis 31 ans, 2 hectares d’agrumes (notamment les variétés de l’Institut d’économie rurale à savoir “ Tangelo ”, “ Tangor ” et “ Clémentine ”) depuis 8 ans et 2 hectares de pourghère depuis 2 campagnes. Mamadou Traoré qui est le président de la coopérative Siguidiya de sa localité est un paysan collaborateur curieux. Il a accepté d’expérimenter certaines technologies agricoles. Ainsi, il a fait visiter à la délégation sa parcelle d’expérimentation de la micro dose sur le mil et le sorgho. La micro dose d’engrais est une technique vulgarisée par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) en partenariat avec l’IER auprès des paysans. Elle consiste à apporter à la plante et dans le poquet la dose indispensable de fertilisants nécessaires pour sa croissance. Ainsi, au lieu des 150 kilogrammes d’engrais minéraux (DAP et urée) que conseille la recherche agronomique et qui se fait par épandage, il s’agit d’apporter juste une petite quantité indispensable au pied de la plante. Cette technique nécessite seulement 32 kilogrammes d’engrais minéraux pour assurer une fertilisation optimale de la parcelle. Grâce à cette technique, le paysan fait des économies substantielles sur ses achats d’engrais minéraux. Le ministre a encouragé ce paysan qui a abandonné sa première activité pour se retourner vers ses champs, confirmant l’adage qui dit que “ la terre ne ment pas ”. D’ailleurs, le paysan Mamadou Traoré confirme aisément cet adage. Il a assuré que depuis qu’il est devenu paysan, il n’achète que le fonio et le pois sucré au marché pour sa famille. Il produit lui-même toutes les céréales et tubercules, dont il a besoin pour sa nourriture. Autre localité, presque même constat. À Farakala, (cercle de Koutiala), c’est aussi le transporteur Kalifa Chonto Dembélé qui n’a pas abandonné cette activité pour venir s’essayer dans l’agriculture. Kalifa Chonto Dembélé opère à Koutiala pour ses activités de transporteur. Mais, il se donne du temps pour cultiver. Il a ainsi exploité 4 hectares de maïs Denbanyuman, 2,5 hectares de sorgho, un hectare de riz nerica pour la production de semence R1 et 3 hectares de mil. Kalifa Chonto Dembélé a expliqué qu’il est retourné à la culture en vue de nourrir sa famille et dans l’objectif de vendre le surplus de production qu’il pourrait dégager. Le ministre a visité ses parcelles de cultures. Cette visite a permis de percevoir les efforts déployés par ce paysan pour suivre les conseils de l’encadrement technique. Les lacunes et insuffisances constatées lui ont été expliquées. Mais de façon générale, Kalifa Chonto Dembélé s’en tire à bon compte, car de l’avis des spécialistes, ses champs augurent d’une bonne récolte.