Cette espèce est le fruit du croisement entre des races locale et exotique
Le "Wassa chè" est rustique. Il s’adapte au climat de l’ensemble du territoire national. Il se reproduit avec aisance à Sikasso comme à Kidal. Cette volaille est facile à nourrir. Elle est très productive en œufs et en chair. Mme Diallo Fatimata Coulibaly est chargée de l’amélioration génétique de la volaille au niveau du Programme volaille du Centre régional de recherche agronomique (CRRA) de Sotuba. Ce Programme s’occupe de l’amélioration des races locales par le biais du croisement avec des races exotiques, afin de les rendre plus performantes en terme de production de viande et d’œufs. C’est dans ce cadre que le Programme volaille a abouti depuis quelques années à la "création" d’une race de poulet appelée "Wassa chè". La race "Wassa chè" est issue du croisement de la race mixte exotique "Rhode Island Red" (RIR) avec la race mixte locale "Kokochè" (KKC). Le choix de la variété exotique RIR s’explique par les considérations de poids de la femelle. Elle pèse entre 2,5 et 3 kg. Le mâle pèse entre 3 et 3,8 kg à l’âge adulte. La femelle RIR pond entre 200 et 220 œufs par an. Le poids moyen de l’œuf atteint 53 grammes. La RIR est réputée rustique. Elle s’adapte parfaitement à toutes nos conditions agro-climatiques. Elle est présente dans notre pays depuis le temps colonial. Par ailleurs, le mâle de la race mixte locale, la "Kokochè" ou "KKC" pèse 1,2 kg tandis que la femelle "KKC" ne pèse que 900 grammes à l’âge adulte. Elle pond entre 60 et 80 œufs par an. Le poids moyen de l’œuf atteint 35 grammes. Le Programme volaille a travaillé sur le croisement de ces deux races mixtes en vue de trouver un sujet performant en chair et en œufs, qui améliore le nombre et le poids de l’œuf. Le croisement a aussi pour but d’obtenir une race rustique qui conserve l’instinct de couvaison de la race locale. Le croisement a donné les 3/4 de sang qui répondent aux critères recherchés. Ainsi, la poule 3/4 présentée à la Commission nationale des utilisateurs des résultats de la recherche a été baptisée par les paysans "Wassa chè". 2 kg à 8 mois. Ce nom donné par les paysans expriment leur satisfaction du produit. A l’éclosion des œufs, les poussins "Wassa chè" pèsent 23 à 28 grammes, à 3 mois d’âge, ils pèsent entre 503 et 700 grammes et à 5 mois, les sujets pèsent entre 1 et 1,5 kg. Le mâle "Wassa chè" pèse 2 kg à 8 mois d’âge (période de reproduction) et la femelle pèse 1,5 kg au même âge. Mais à un an d’âge, le mâle pèse 3 kg et la femelle 2 kg. Elle pond 173 œufs par an. Le poids moyen de l’œuf est de 46 grammes. Pour faciliter l’alimentation de ces sujets et même des autres poulets de la basse -cour qui ne sont pas issus du croisement, le Programme volaille a mis au point une alimentation simple et peu coûteuse.Le chercheur nutritionniste du Programme, N’Golopé Koné révèle que la poule est omnivore comme l’homme. Pour éviter la compétition avec l’homme, le zootechnicien nutritionniste, N’Golopé Koné, médaillé d’or de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a inventé une formule alimentaire pour l’élevage moderne, à savoir les larves de mouches séchées. Ce scientifique malien est lauréat du Prix du meilleur inventeur du 1er Salon national des inventions et des innovations technologiques. Il a obtenu le Prix du président de la république lors de ce forum tenu en 2000 à Bamako à l’occasion. En marge de cette formule, le nutritionniste a mis au point un régime alimentaire composé de plusieurs ingrédients. C’est un mélange de maïs, de sorgho, de mil, des tourteaux, de coton, d’arachide, de soja, de farine de poissons, le sel et les vitamines. Cette mixture est adaptée à chaque catégorie d’élevage comme les poulets de chair et les pondeuses. Mais, les larves de mouches séchées pour nourrir la volaille sont la formule vedette de l’inventeur malien. Cette trouvaille est facile à fabriquer par le paysan pour nourrir sa volaille. La teneur en protéines est comparable à celles contenues dans l’œuf et dans le lait. Cependant, reconnaît le chercheur, la production de larves de mouches est une activité salissante et nauséabonde. Le chercheur pour obtenir des larves de mouches, trempe de la fiente (déchets) d’oiseaux ou des viscères d’animaux (poissons notamment) dans l’eau. Il laisse croupir ce mélange à l’air libre. Les mouches sont attirées par l’odeur dégagée par le substrat. Elles y déposent leurs œufs pour éclosion. Avant l’éclosion, le chercheur intervient. Il interrompt le cycle de reproduction pour récupérer les larves. Toutefois, après la récupération des larves de mouches, le substrat sert de compost très fertile pour les champs, assure le chercheur N’Golopé Koné. La récupération des viscères permet de débarrasser les marchés et les ménages d’un déchet nauséabond. Elle génère des emplois pour les jeunes. Le scientifique est convaincu que "sans les mouches, il n’y aura ni poissons, ni oiseaux dans l’univers". Ces bestioles se sont révélées une source très importante de protéines pour améliorer l’alimentation de la volaille. Malheureusement le Programme volaille ne dispose pas d’outils pour passer à la production industrielle de larves de mouches séchées. Les paysans sont formés à la production pour leurs besoins de nutrition de la volaille. Les demandes en sujets "Wassa chè" sont très fortes. Le Programme volaille n’arrive pas à satisfaire toutes les requêtes. Les moyens financiers et techniques sont limités, déplore Mme Diallo Fatimata Coulibaly.