vendredi 28 avril 2017

Economie numérique : «SMART AFRICA» VEUT CONNECTER L’AFRIQUE

L’agenda prévoit de développer le Fonds boursier permettant aux jeunes
Africains de bénéficier de formation dans le domaine des TIC

Dix-sept pays dont le Mali sont réunis dans une alliance qui ambitionne de réduire la fracture numérique grâce à de nombreux projets

Le Conseil d’administration de l’Alliance « Smart Africa » s’est tenu mardi à Addis Abeba, sous la présidence du chef de l’Etat rwandais Paul Kagamé. C’était en présence du Premier ministre Modibo Keita, du président burkinabé Roc Marc Christian Kaboré, du président nigérien Mahamadou Issoufou, du président gabonais Ali Bongo. Le ministre de l’Economique numérique et de la Communication, Me Mountaga Tall, et son collègue de l’Economie et des Finances, Boubou Cissé, accompagnaient le chef du gouvernement malien. Tous les autres pays membres étaient représentés par des ministres.
Le président rwandais s’est félicité des progrès accomplis par l’Alliance en une année d’existence et salué la décision de l’Union Africaine d’adopter « Smart Africa » comme un projet phare dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour la promotion des infrastructures.
Paul Kagamé a annoncé aussi que la « Zone unique » est devenue une réalité dans quatre pays à savoir le Kenya, le Rwanda, le Soudan du Sud et l’Ouganda. La Zone unique permet d’utiliser une puce téléphonique unique dans tous les pays qui y adhèrent. Et le roaming, si onéreux pour les voyageurs, cesse d’exister. Un projet similaire est en cours de réalisation entre le Mali, le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.
L’Alliance « Smart Africa » bénéficie de l’appui des partenaires privés comme Inmarsat, Huawei, Ericsson et Econet. Ces entreprises internationales ont réitéré leur soutien à l’Alliance.
Paul Kagamé s’est réjoui du fait que de 4 pays au départ, « Smart Africa » compte aujourd’hui 17 membres. « Avec l’adhésion récente de l’Egypte, du Nigeria, du Niger, l’Alliance compte aujourd’hui une population de 360 millions d’habitants ». En souhaitant la bienvenue aux pays membres, Paul Kagamé a indiqué : « nous rejoindre veut dire que vous avancez à la même vitesse que nous ».
Au cours des travaux, le Conseil d’administration a adopté le rapport d’activités de 2016 et échangé sur les activités programmées cette année. Selon le directeur exécutif de « Smart Africa », notre compatriote Hamadoun Touré, l’Alliance prévoit en 2017 de mettre en place un secrétariat efficace, d’augmenter le nombre de pays membres, de développer le partenariat avec le secteur privé, de mobiliser les ressources financières. L’agenda prévoit aussi de développer le Fonds boursier qui permet aux jeunes africains de bénéficier de formation dans le domaine des Technologies de l’information et de la communication (TIC).
Il est prévu également l’extension de la « Zone unique », le développement de l’initiative « villes intelligentes », des projets « Internet pour tous » et « Education pour tous », de l’initiative « Femmes et filles intelligentes », du projet centre de données africain. Dans le cadre du projet « Education pour tous », 1000 écoles seront connectées à travers l’Afrique cette année.
Hamadoun Touré a reconnu que ce chiffre est modeste. Il a promis que dans les années à venir, le nombre d’écoles connectées sera porté à 1000 par pays membres.
Le directeur exécutif de « Smart Africa » a expliqué que 300 maires seront invités au sommet « Transform Africa » prévu, en mai, à Kigali afin de recueillir leurs attentes dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative « villes intelligentes ».
L’Alliance va s’atteler aussi à attirer les fabricants d’appareils électroniques en Afrique. Elle oeuvrera tout autant à augmenter la couverture de l’infrastructure de fibre optique terrestre. Elle prévoit de créer une bibliothèque intelligente.
La réalisation de tous ces projets dépend de la mobilisation des ressources financières. A ce sujet, le ministre de l’Economie numérique et de la Communication du Mali a expliqué que « Smart Africa » est en train de mobiliser des ressources à hauteur de 2 milliards de dollars. La cotisation annuelle des pays membres est fixée à 50.000 dollars. Mais les Etats membres peuvent, s’ils le veulent, augmenter leurs contributions.
Le ministre Mountaga Tall a précisé que tous les pays bénéficient des projets à parts égales. « Smart Africa » est une organisation qui a pour but de connecter toute l’Afrique afin de réduire la fracture numérique au détriment de l’Afrique, a indiqué le ministre de l’Economie numérique et de la Communication. Il a précisé que la suppression des frais de roaming est prévue pour le 31 mars 2017 en ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest. La volonté politique est bien affichée malgré les réticences des opérateurs téléphoniques.

B. TOURé
Envoyé spécial

A propos de l'auteur

Articles connexes

(1) Commentaire

  1. Pingback: Le Club des Jeunes Scientifiques de Guinée remporte la 3ème place à la semaine nationale du numérique  – cjsfg.org

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *