mardi 12 décembre 2017

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École : CAP MAINTENU SUR LA PERFORMANCE ET L’EXCELLENCE

Les autorités maliennes, en collaboration avec l’ensemble des acteurs de l’éducation, aspirent à rebâtir «une école performante et résolument tournée vers l’excellence», cela en mettant ensemble toutes les intelligences au service de la bonne cause. C’est dans cette vision progressiste que le gouvernement, en application de la Déclaration de la politique générale du Premier ministre, a initié la table ronde sur l’éducation qui s’est ouverte hier au Palais de la Culture.
Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a présidé la rencontre en présence du Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga, des membres du gouvernement, des représentants des partenaires sociaux et financiers de l’école et du coordinateur général des conférences sociales, Pr Badoulaye Konaté.
Cet important forum de trois jours ouvre une série de conférences sociales sur l’éducation, la santé et le dialogue social. Il s’agira donc de «discuter et proposer des mesures conjointes et des actions durables à même de relever les défis auxquels est confrontée l’école depuis des décennies».
Pour y arriver, le comité d’experts, chargé de la préparation technique des rencontres, a structuré son travail autour de trois axes principaux, à savoir : l’accès et l’équité à l’école, la qualité des enseignements et des apprentissages et la gouvernance du système éducatif, a précisé le coordinateur général des conférences sociales.
Ces trois axes semblent englober l’ensemble des problèmes de notre école. La compagnie musicale «Tobodji» de Kary Bogoba Coulibalay, créée en 1997, en a dressé un tableau illustratif dans un sketch de 10 mn. Six comédiens et artistes formant le groupe ont dénoncé, en usant de tournures humoristiques, les insuffisances de notre système éducatif.
Ils ont pointé du doigt l’ouverture anarchique des écoles privées, les relations interdites entre enseignants et apprenants, la marchandisation des notes, la baisse généralisée du niveau des élèves, la non qualification des enseignants et l’irresponsabilité des parents et des élèves. Le laxisme des autorités scolaires et l’exacerbation des tensions sociales entre acteurs de l’école ont été denoncés comme des faiblesses.
Toutes choses qui font que l’institution scolaire remplit, de moins en moins, sa fonction citoyenne en tant que lieu de transmission des valeurs qui fondent le «vivre-ensemble» auquel nous tenons tant, a déploré le Pr Konaté. C’est aussi la raison pour laquelle l’école satisfait, de moins en moins aux attentes des utilisateurs de ses produits. «Ces graves problèmes évoqués constituent de sérieux obstacles à l’atteinte de l’un des Objectifs pour le développement durable (ODD), notamment «assurer l’accès de tous à une éducation de qualité sur un pied d’égalité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie», a expliqué le président de la République. Par ailleurs, le premier garant des droits et du respect des devoirs du citoyen a rassuré sur la détermination du gouvernement à y faire face.
Pour Ibrahim Boubacar Keïta, nous assistons, plus qu’à la seule crise de l’école malienne, à une dépravation des valeurs fondatrices de l’homme malien et de sa civilisation. «Nous nous sommes quelque part perdus en chemin… Des comportements, des relations sociales auxquelles nul n’aurait jamais songé dans ce pays s’offrent, désormais, à nous comme modèle : un père de famille contesté avec violence, une mère injuriée, sinon battue, un fils indigne devenant un héros». IBK s’est interrogé. Est-ce là le genre de modèles que l’on veut développer ? Que non.
«L’éducation, c’est d’abord la famille et celle-ci reste l’ensemble sociétal. C’est nous tous», a rappelé le président Keïta. «Il est temps que nous ayons souci de ces choses qui peuvent nous faire avancer un peu et nous faire savoir ce que nous devrions savoir pour nous retrouver», a-t-il suggéré aux médias.
Le maire de la Commune V, Amadou Ouattara, dont la commune accueille la rencontre, a promis le soutien et l’accompagnement requis pour le déroulement de ces assises avant d’en appeler à un débat constructif et sans complaisance.
Les acteurs de l’éducation estiment que la table ronde ne peut et ne doit pas être un forum de trop, au regard de la faible exécution des recommandations d’assises précédentes et des enjeux liés à sa réussite. Aussi, pensent-ils, qu’il faudrait être plus ambitieux en créant des alternatives nouvelles afin de drainer des étudiants étrangers vers la destination Mali.
Car le contexte a largement évolué depuis les derniers forums. Les vieilles solutions prônées, jadis, fonctionneront difficilement. Les participants ont alors du pain sur la planche pour ressortir des recommandations pertinentes adaptées aux besoins nouveaux.

Cheick M. TRAORé

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