L’ouvrage qui va coûter 30 milliards Fcfa, mesure 1,6 kilomètre de long et 2,2 kilomètres avec les voies d’accès
Décongestionner la circulation, faciliter la mobilité, améliorer la qualité de vie et le dynamisme économique dans la capitale, sont les principaux bénéfices attendus de la construction du 3è pont de Bamako, dont les travaux sont en cours. Cet ouvrage permettra, conformément au Projet de développement économique et social (PDES) initié par les pouvoirs publics, de fluidifier un trafic de plus en plus dense dans une capitale qui s’est hissée ces dernières années au rang des grandes métropoles africaines avec une population estimée à près de deux millions d’habitants. Du coup, l’infrastructure va aider à réduire les encombrements à l’entrée et à la sortie de Bamako, à décongestionner les rues de la ville, à améliorer la sécurité routière et surtout à embellir la capitale. La construction d’un troisième pont avait été sollicitée par le chef de l’État malien auprès de son homologue chinois, Hu Jintao, à l’occasion du Forum sur la coopération sino-africaine tenu en novembre 2006 à Pékin. Le premier coup de pioche de l’ouvrage a été donné par les présidents chinois, Hu Jintao, et malien, Amadou Toumani Touré le 13 février 2009. Ce pont qui sera baptisé "Pont de l’Amitié Sino-Malienne" enjambera le fleuve Niger au niveau de Sotuba sur environ un kilomètre. L’ouvrage est un don de la République populaire de Chine à notre pays et témoigne de la qualité exceptionnelle de nos relations. L’ouvrage qui va coûter 30 milliards Fcfa, mesure 1,6 kilomètre de long. Avec les voies d’accès, l’infrastructure atteint une longueur totale 2,2 kilomètres et s’impose comme l’un des plus grands ouvrages de génie civil jamais réalisés dans notre pays. Les travaux de fouille, tout comme de coulage des piles, des chevêtres ainsi que le terrassement des voies d’accès sont quasiment terminés. La structure a véritablement pris corps avec la fin de l’implantation des piles et son design force l’admiration du visiteur. Actuellement l’entreprise chinoise CGGC chargée de l’exécution des travaux est dans la phase de lancement des poutres qui a commencé le 15 février dernier. Les poutres sont des éléments qui font partie de la superstructure du pont. Supportées par les piles, les poutres vont recevoir le tablier. Au total, le tablier reposera sur 1024 poutres d’une longueur de 30 m chacune. Elles sont fabriquées sur le chantier par l’entreprise chinoise qui a en déjà confectionné près de 530, à raison de 4 par jour. Le chantier est immense. Tous les membres de l’administration sont logés à "la base vie" du chantier pour être disponibles à tout moment. Les travailleurs, répartis sur les deux rives du fleuve, travaillent jour et nuit, 7 jours sur 7. Le chantier est raccordé au réseau d’eau et d’électricité de l’Énergie du Mali. Il est bien approvisionné en matériaux de construction (ciment, sable, gravier, fer) qui sont entreposés de part et d’autre du fleuve. Environ 700 ouvriers maliens et 120 chinois travaillent sur le chantier où l’on rencontre aussi des étudiants de l’École nationale d’ingénieurs et des pays voisins. Ceux-ci viennent y compléter les connaissances acquises à l’école. Le chantier du 3è pont constitue pour eux une véritable école pratique. Presque toutes les fondations sont terminées. Sur les 136 pieds qui doivent supporter la superstructure, 120 étaient achevés. Il existe deux types de poutres pour la confection du tablier. Les préfabriqués sont des poutres réalisées dans des unités de fabrication installées sur les deux rives et transportées ensuite sur les piles. Les unités ont fini de réaliser les 380 préfabriquées et l’équipe de Missabougou a commencé l’installation des poutres. « C’est la phase la plus difficile des travaux de construction du pont », a expliqué, Issoufou Touré, chef de projet du 3è pont. Cette opération va perturber la circulation sur la voie Magnambougou-Missabougou.
DES POUTRES DE 70 TONNES. Le chef de projet et les agents de la circulation routière étaient en train d’étudier les possibilités de déviations pour soulager les usagers de la route. Le poids des poutres préfabriqués varie de 20 à 70 tonnes et leur taille de 20 à 30 mètres. À côté des préfabriquées, il y a les grosses poutres de 70 tonnes qui mesurent chacune 58 mètres. Celles-ci seront coulées sur place. Ce travail concerne l’endroit le plus profond du fleuve communément appelé "chou ta dounou" en langue nationale bambara, où les pieds sont assez distants les uns des autres. Le dosage du béton est réglé par un système informatique. Lors de la cérémonie de lancement de la première poutre, l’ambassadeur de Chine au Mali, Zhang Guoqing, a rappelé l’importance que son pays accorde à la réalisation de l’ouvrage. Le diplomate a relevé que la pose des poutres, juste un an après le lancement des travaux, est une phase importante dans l’exécution du chantier dont la fin est prévue avant le 22 septembre prochain. Il a promis que la Chine s’investira pour que le délai contractuel soit respecté. Le directeur de l’entreprise, CGGC, Ma Jiangquan, a expliqué que malgré les difficultés inhérentes à un chantier de cette dimension, l’ouvrage pourra être achevé à 95% à la date du 22 septembre 2010. "Il y a eu des difficultés liées aux revendications des ouvriers, aux comportements de certains qui ne respectent pas les normes de sécurité sur les chantiers, mais également des problèmes de communication entre la direction de CGGC et les ouvriers. Mais tous ces problèmes ont été réglés", assure-t-il. En procédant à la pose de la première poutre, le ministre, Ahmed Diane Séméga a salué l’état d’avancement du chantier. De nos jours, la progression est évaluée à 52% et l’entreprise n’accuse aucun retard", souligne le chef du projet, Issoufou Touré. Le directeur national des routes, Issa Hassimi Diallo, est également satisfait du déroulement des travaux. "C’est un chantier qui utilise de la haute technologie. Cela prouve sa dimension. Nous recevons, les élèves ingénieurs du Mali et d’ailleurs qui viennent apprendre, car le chantier est unique en son genre dans la sous-région", note-t-il. Le directeur des travaux de la CGGC, Mâ Jiangquan, a pour sa part rappelé que parmi les projets de développement financés par la Chine à travers le monde, le 3è pont de Bamako, est celui qui avance le mieux. Visiblement satisfait du rythme des travaux, notre interlocuteur a salué la collaboration du gouvernement, du ministère de l’Équipement et des Transports à travers la DNR depuis le lancement des travaux. Le ministre Ahmed Diane Séméga et l’ambassadeur Zang Guoqing insisteront sur l’intérêt que les deux pays accordent à cet ouvrage baptisé "Pont de l’Amitié sino-malienne". Le ministre a par ailleurs exhorté les populations à collaborer avec le gouvernement et l’entreprise. Les travaux respecteront le délai contractuel fixé à début 2011. Mais déjà en septembre prochain, le pont atteindra un niveau tel que tout ce qui est attendu de sa symbolique, sera fait, a indiqué le ministre.