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PostHeaderIcon Stations compactes de Magnambougou et Baco Djicoroni : BEAUCOUP MIEUX QU’UN SIMPLE DéPANNAGE

Rapides à installer et à transférer, ces stations constituent une solution technique crédible pour l’approvisionnement en eau potable dans notre pays

Stations compactes de Magnambougou et Baco Djicoroni : BEAUCOUP MIEUX QU’UN SIMPLE DéPANNAGE

Avec un besoin en eau potable d’environ 200.000 m3 par jour pour seulement 160.000 m3 d’eau disponibles, soit un déficit d’environ 40.000 m3, les villes de Bamako et Kati illustrent l’acuité de la problématique de l’approvisionnement en eau potable de nos grandes villes. L’accès à l’eau potable dans notre capitale et ses environs apparaît comme un véritable défi. Si la situation semble faire le bonheur des "brouettiers" et autres vendeurs qui débitent le précieux liquide dans des bidons de 20 litres, elle constitue une source de conflit dans les foyers. La croissance galopante de la population bamakoise explique en grande part l’augmentation exponentielle de la demande. La question est prise en charge par le Projet de développement économique et social (PDES) et par le gouvernement qui a élaboré et adopté une Stratégie nationale d’alimentation en eau potable. Celle-ci a défini des approches, des principes et des concepts propres à contribuer au développement durable de l’approvisionnement en eau potable. L’adoption d’un Code de l’eau et de plusieurs de ses textes d’application à travers la mise en œuvre en 2006 de la politique nationale de l’eau basée sur une approche de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako à partir de la localité de Kabala et le développement d’outils de planification et de suivi du développement du service public de l’eau potable dont le Programme sectoriel eau et assainissement (PROSEA) ont contribué à rehausser le taux d’accès à l’eau potable en 2009 dans notre pays : 71,4% en milieu rural, 77,4% en milieu urbain et semi-urbain et 73,1% au niveau national. Les efforts consentis par le gouvernement se heurtent malheureusement à une demande en eau potable accrochée à la démographie galopante de nos grandes villes. La seule véritable station actuelle de production d’eau potable de Djicoroni-Para construite depuis en 1956, n’arrive plus à satisfaire les consommateurs de Bamako et environnants. L’ambitieux projet de Kabala a été identifié et proposé dans le Plan directeur d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako adopté en 2002 par le gouvernement. Ce plan directeur prévoyait la construction de la nouvelle station en trois phases, ramenées aujourd’hui à deux phases à cause non seulement du retard accusé, mais aussi et surtout de l’évolution de la demande. Le coût total de cette première phase est estimée à 113 milliards Fcfa, dont 63 milliards Fcfa pour la réalisation de la station et des ouvrages connexes de stockage et de transfert et 50 milliards Fcfa pour le réseau de distribution et les ouvrages de stockage annexes en rive droite.

15 MILLIARDS D’INVESTISSEMENT EN 4 ANS. La réalisation du projet d’alimentation en eau potable de Bamako à partir de la localité de Kabala, permettra d’améliorer le taux d’accès de 75% à l’horizon 2012. Malheureusement l’exécution du projet s’est heurtée à un manque de financement. Les politiques ont du revoir le "deadline", sans pour autant renoncer à leur mission de procurer de l’eau aux populations. "Nous étions dans une situation où il fallait parer au plus pressé par des mesures d’urgence. C’est ainsi qu’est né le Programme de réalisation des stations compactes", explique le conseiller à la communication à la société Énergie du Mali (EDM-SA), notre confrère Tiona Mathieu Koné. Aujourd’hui notre pays occupe le premier rang en Afrique en matière de promotion et de développement des stations compactes. D’autres pays en expérimentent à petite échelle, notamment le Gabon, la Mauritanie, la Côte d’Ivoire et la Guinée Conakry. La politique de réalisation des stations compactes constitue une réponse d’urgence aux problèmes d’approvisionnement en eau potable suite au retrait brutal du partenaire stratégique Saur International en fin 2005. Deux ans plus tard, le gouvernement s’est engagé résolument à contribuer à l’accès à l’eau potable grâce à la construction de stations compactes à Magnambougou et à Baco-Djicoroni. D’une capacité cumulée de 12.000 m3 d’eau par jour, ces deux stations ont substantiellement accru la production d’eau d’EDM-SA. "En dépit de cette amélioration du niveau de production, l’on est encore loin de satisfaire les besoins", tempère Tiona Mathieu Koné, en indiquant que les stations compactes aidaient à rester dans la course en attendant la mise en œuvre du projet de Kabala. Ces stations compactes, a-t-il souligné, ne manquent pas d’atouts. La rapidité de leur réalisation (maximum six mois si le matériel est disponible) et leur mobilité spatiale en font une alternative crédible pour pallier au manque d’eau potable dans notre pays, a estimé Tiona Mathieu Koné qui a évoqué l’éventualité d’implanter une autre station compacte à Kalabancoura. Ces stations, note-t-il, pourront être transférées dans les villes régionales une fois le projet de Kabala réalisé, pour peu que ces localités possèdent une source hydrique pérenne. Si les premières expériences ont été financées par le budget national, aujourd’hui plusieurs partenaires techniques et financiers, dont l’Agence française de développement (AFD) apportent leur soutien à notre pays dans l’exécution de son vaste programme d’approvisionnement en eau potable. Ainsi ces quatre dernières années, les investissements dans le secteur ont atteint environ 15 milliards Fcfa. Cet élan va s’accentuer avec les 120 milliards promis par les partenaires techniques et financiers lors de la table ronde d’avril dernier sur le Projet d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako à partir de la localité de Kabala. L’accès à l’eau potable n’est pas le seul problème qui préoccupe EDM-SA, laquelle investit aussi dans la qualité. La société s’est ainsi dotée d’un laboratoire central de contrôle de la qualité de l’eau qu’elle produit. Rien qu’en 2009, elle a réalisé environ 180.000 analyses sur 69 paramètres physico-chimiques et bactériologiques. La qualité de l’eau produite par EDM-SA répond aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’eau distribuée par EDM-SA est également soumise à l’appréciation de structures étatiques externes comme le laboratoire de la qualité des eaux, le laboratoire national de la santé qui émettent des bulletins périodiques attestant de la qualité de l’eau. Pour moderniser son plateau technique et étendre sa capacité d’analyses, l’entreprise a acquis des équipements d’analyses spécifiques de dernière génération à hauteur de 300 millions de Fcfa. Elle réalise désormais à son propre compte des analyses pointues (détermination des métaux lourds et des micropolluants organiques). Ces analyses étaient effectuées pour le compte de EDM-SA par des laboratoires français. Aujourd’hui EDM-SA est certifiée pour la fourniture d’eau.