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PostHeaderIcon Spécial 8 MARS : DES ACTIONS MULTISECTORIELLES

Beaucoup de projets et programmes sont en cours pour promouvoir l’équité du genre et renforcer le pouvoir économique des femmes

Spécial 8 MARS : DES ACTIONS MULTISECTORIELLES

La Journée internationale de la femme est placée cette année sous le thème générique de "Mêmes droits, mêmes opportunités : Progrès pour tous". La Journée du 8 mars offre à chaque édition l’occasion aux organisations et mouvements de femmes de faire des plaidoyers, à travers différents thèmes, pour réclamer leurs droits. En effet, dans nos pays, les femmes se trouvent généralement confinées dans des tâches traditionnelles de femmes de foyer. Et lorsqu’elles se retrouvent dans les rouages politiques et institutionnels, c’est pour se voir confier des postes subalternes. Pourtant sur un plan théorique et institutionnel, les mêmes droits sont accordés aux femmes et aux hommes. Le slogan de l’édition 2010 de la Journée résume l’esprit de la lutte des femmes en général et des Maliennes en particulier, pour leur émancipation et leur intégration dans le processus de développement socio-économique. Depuis 2007, notre pays choisit des thèmes locaux pour marquer la Journée internationale : « Emergence politique des femmes comme facteur du changement » (2007), « Le financement de l’équité du genre et le renforcement du pouvoir économique des femmes » (2008), « Le partage dans des conditions d’égalité, des responsabilités entre les femmes et les hommes, en particulier des soins dispensés dans le contexte du Vih/Sida » (2009). Beaucoup a été fait dans la réalisation des objectifs visés par thèmes retenus au cours de ces trois dernières années. Parmi ces objectifs, on peut retenir l’élimination des obstacles empêchant la femme de jouer pleinement un rôle dans tous les domaines de la vie publique. Et surtout de lui faire participer et mettre sur un même pied d’égalité que les hommes, dans la prise de décision dans les domaines économique, social, culturel et politique. Aujourd’hui les femmes représentent plus de 51% de la population malienne. Mais cette majorité numérique ne se reflète pas au niveau des instances de prise de décision. Pourtant avant l’Indépendance, elles ont joué un rôle déterminant dans la lutte contre la colonisation. En majorité analphabètes à cette époque, elles ont été des animatrices et mobilisatrices au sein des principaux partis politiques de l’époque, comme le PSP et l’US-RDA. Les femmes ont également participé de manière décisive à la Révolution de mars 1991. C’est en partie en reconnaissance de cet engagement que pendant la Transition démocratique, Mme Sy Kadiatou Sow sera nommée au poste de gouverneur du district de Bamako. Une grande première qui annonçait d’autres avancées dans le contexte politique actuel. En effet, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’espace politique. Même si leur participation aux prises de décision se trouve contrariée par une série d’obstacles. Mme Dembélé Ouleymatou Sow, secrétaire générale de la coordination des associations et Ong féminines (Cafo) estime que la problématique du financement de l’équité du genre et du renforcement du pouvoir économique des femmes n’inclue pas seulement la vie économique et qu’elle ne se limite pas à la seule perspective féministe. Mais elle s’inscrit dans un cadre plus vaste du rôle que les femmes peuvent et doivent jouer dans les prises de décision à tous les niveaux.

SOURCE DE RICHESSE. Pour elle, les Maliennes doivent démontrer leur unité d’action pour l’amélioration de leurs conditions de vie et administrer la preuve que leur diversité est source de richesse. Et cela constitue pour le Mali une chance pour assurer un développement harmonieux de sa société. Mme Dembélé Ouleymatou Sow relève qu’il y a des avancées notables en terme de réalisations sur le terrain. En effet, les autorités et les partenaires au développement ont financé beaucoup de projets ou programmes destinés à la promotion de l’équité du genre et le renforcement du pouvoir économique des femmes. Il s’agit entre autres du Programme national d’appui aux femmes entrepreneurs dont le financement se chiffre à 6 milliards Fcfa. Ce programme est destiné à développer les capacités économiques des femmes et des jeunes. Il y a aussi le Programme national de développement des plates-formes multifonctionnelles pour la lutte contre la pauvreté. Un projet ayant pour objectif l’installation de plates-formes dont certaines sont équipées de réseaux d’adduction d’eau et d’éclairage. Cette initiative a permis d’installer à la fin de sa première phase plus de 500 plates-formes et d’alphabétiser ou former environ 3000 femmes en gestion. Et les actions du programme vont bien au delà : plus de 80 artisans formés dont certains équipés, 700 études de faisabilités réalisées, 20 bureaux d’études formés, plus de 4000 emplois directs et plusieurs emplois indirects crées. Autre initiative : le Projet de renforcement des capacités des organisations féminines du Mali (RECOFEM) dont l’objectif principal est de professionnaliser l’expression des ONG faîtières féminines en vue de favoriser une interface efficace avec le gouvernement et d’améliorer les compétences au niveau du ministère en charge de la promotion de la Femme. Par ailleurs, l’association ’’Layidu Wari’’, un regroupement apolitique et à but non lucratif, intervient également dans le renforcement du pouvoir économique des femmes à travers l’octroie de microcrédits. L’association contribue ainsi de façon durable à la lutte contre la pauvreté en développant des opportunités économiques pour les femmes, en particulier celles issues des milieux défavorisés. C’est ce qui répond à son objectif qui est de contribuer à la promotion économique et sociale de la femme. Aussi bien dans les zones urbaines que rurales. ’’Layidu Wari’’ est une forme d’institution de crédit solidaire.

VULNéRABLES FACE AU SIDA. Dans un autre cadre, les femmes constituent les premières victimes du Vih-Sida. Elles sont non seulement vulnérables face à cette maladie au niveau biologique, mais aussi dans la manière dont elles la vivent. Le pourcentage de femmes contaminées par le virus est de trois à huit fois plus important que chez les hommes, selon un rapport de l’Onu-Sida. Cette vulnérabilité des femmes face au sida s’explique par leur fragilité qui facilite leur contamination par le virus, ce qui du coup entrave leur promotion et minimise leur rôle dans le développement. Conscient de la gravité de la situation, notre pays a adopté depuis près d’une décennie des stratégies multisectorielles impliquant à tous les niveaux les secteurs public et privé, et la société civile. On peut citer par exemple le Projet de lutte contre le Vih /Sida et de renforcement de l’équité du genre. Spécifiquement, ce programme a pour objectif de contribuer à la maîtrise du Vih/Sida et au renforcement de l’équité dans le genre. Il s’agit de diminuer la propagation du Vih /Sida ; d’améliorer les services de dépistage, de conseils et la mise à disposition des antirétroviraux. Il prévoit aussi d’augmenter les capacités de participation au développement et d’autonomiser les femmes. Nombre d’activités du projet (marketing social en vue de la prévention du Vih/Sida, formation du personnel de la santé et des structures de la société civile, renforcement institutionnel du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille) ont une dimension nationale. Les groupes cibles du projet sont les personnes infectées ou affectées par le Vih/Sida, les femmes analphabètes pour lesquelles le projet prévoit des actions d’alphabétisation fonctionnelle, les femmes économiquement actives se consacrant aux activités génératrices de revenus et à l’entreprenariat, le personnel des services publics, les organisations non gouvernementales et les structures de la société civile. L’appui à l’Initiative malienne d’accès aux antirétroviraux est actuellement à l’état pilote dans le District de Bamako. Quatre centres sont prévus à court terme dans les régions de Tombouctou, Kidal, Gao et Mopti. Ces centres compléteront l’action des autres partenaires au développement et couronneront ainsi la mise en place de vingt sites sentinelles dans les huit régions administratives du pays. Trois centres de dépistage volontaire sont implantés à Tombouctou, Gao et Mopti. La plupart des actions à mener dans le cadre de l’équité dans le genre se concentreront sur les régions de Gao, Mopti et Sikasso.