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PostHeaderIcon Spécial 22 sept 2011 : Privatisation de la Sotelma : UNE EXCELLENTE AFFAIRE

L’argent qu’elle a rapporté a permis des investissements stratégiques tandis que l’entreprise privatisée est vigoureusement repartie de l’avant

Spécial 22 sept 2011 : Privatisation de la Sotelma : UNE EXCELLENTE AFFAIRE

La vente des 51% de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma) a été l’opération de privatisation la plus réussie dans notre pays et probablement, l’une des plus importantes de la sous-région. Tel a été, en son temps, le commentaire du ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, dont le département a piloté la transaction. La belle affaire, 180 milliards de Fcfa, a alimenté les caisses de l’Etat en argent frais nécessaire à des investissements structurants propres à relancer des secteurs-clés de l’économie. La manne financière a ainsi fourni les moyens de poursuivre le programme d’infrastructures économiques de base et le développement du secteur privé. L’État a accéléré le paiement de ce qu’il devait aux agents économiques. Il a du coup amélioré la trésorerie des entreprises et assaini le portefeuille des banques dans la perspective de la relance des investissements privés. 40 milliards de Fcfa ont ainsi été dédiés à ces paiements : 24 milliards de Fcfa étant alloués aux opérateurs économiques et 16 milliards aux banques. Une partie des fonds a couvert des dépenses nécessitées par les réformes économiques et structurelles engagées par notre pays dans le cadre des programmes et accords passés avec les partenaires au développement. La restructuration de la Banque de l’habitat du Mali entre dans ce cadre. L’établissement a bénéficié de 5 milliards de Fcfa pour les besoins de trésorerie liés à la relance des activités de crédit. Cette banque peut désormais servir d’outil efficace de mise en œuvre de la politique de réalisation des logements sociaux et de promotion de l’habitat en général. Autre grand axe d’intervention : le financement des investissements publics. L’État a ainsi consacré des fonds conséquents aux travaux d’infrastructures et d’équipements dans le domaine de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, des transports, de l’accès à l’eau potable et à l’énergie. Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations du Forum national sur l’éducation, d’importantes ressources ont été affectées au secteur de l’éducation sur la période 2009-2012. Ces investissements se sont traduits dès 2009 par la connexion et l’interconnexion de l’Université de Bamako et des établissements d’enseignement supérieur à l’Internet haut débit. 7 milliards de Fcfa seront dépensés pendant la période 2009-2012 dans la construction d’infrastructures universitaires à Bamako et à Ségou où la seconde université du pays est implantée. Cet argent bâtira des cités universitaires, des amphithéâtres, des salles de classe et des laboratoires. 500 millions de Fcfa sont alloués à la mise en place d’un fonds compétitif de la recherche scientifique. Le programme de construction et d’équipement des établissements reçoit 5,4 milliards de Fcfa destinés à l’ouverture de 4 lycées d’enseignement général, 2 lycées techniques dans les régions et 1 institut de formation professionnelle à vocation industrielle. Les pouvoirs publics misant sur une formation technique et professionnelle susceptible de faciliter l’insertion des jeunes dans la vie active, 1,5 milliard de Fcfa ont été mis à la disposition de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (Apej) pour renforcer ses capacités d’intervention. En matière de santé, 2 milliards de Fcfa ont été consacrés à combler le gap de financement dans la construction des hôpitaux régionaux de Sikasso et de Mopti. L’Assurance maladie obligatoire (AMO) est un chantier prioritaire en matière d’action sociale. L’État a consacré 953 millions de Fcfa en 2010 à la mise en œuvre de cette couverture solidaire. Au total, il a attribué 17,5 milliards de Fcfa à la jeunesse et aux secteurs sociaux. La Sotelma avait, elle, profité par « anticipation » de la privatisation puisque le plan social convenu entre les parties en faveur des travailleurs désireux de quitter la société, avait été entièrement exécuté. C’est ce que confirme le secrétaire général de la section syndicale de l’entreprise, Daouda Traoré, qui se félicite que les partants volontaires aient bénéficié d’indemnités de réinsertion oscillant entre 10 et 70 millions de Fcfa. Il n’émet qu’une inquiétude au nom des travailleurs qui ont choisi de rester à la Sotelma : la lenteur prise par l’affectation des 10 % du capital que le contrat de vente de la société à Maroc Telecom leur allouait. Cette vente a été tout a fait originale, juge Dioukamady Sissoko, le secrétaire général de la Sotelma. L’initiative, dit-il, a d’abord été souhaitée par les travailleurs soucieux de sauver leur outil de travail en déconfiture. L’État a accédé à cette demande pressante. La société Maroc télécom a investi en 2010 et 2011, environ 100 milliards de Fcfa, à raison de 50 milliards l’an. Ces fonds ont servi à rénover les installations de l’entreprise et à densifier le réseau de téléphonie. Il s’étend à 300 voire 400 localités par an depuis 2010. Les travaux d’installation de la fibre optique sont en cours. Déjà celle qui relie Kayes à Bamako est terminée. L’objectif à terme est d’interconnecter toutes les régions du pays par fibre optique. Les travaux d’installation de la 3G avancent aussi correctement. Dans un avenir très proche, les internautes du réseau Malitel pourront ainsi naviguer sur Internet à partir de leur smartphone. Evoquant le plan social inclut dans le package de la privatisation, Dioukamady Sissoko rappelle que le repreneur a décaissé 17 milliards de Fcfa pour régler les indemnités de départ des agents désireux de quitter l’entreprise. Ces indemnités, confirme-t-il, oscillaient entre 10 et 70 millions Fcfa par partant. Les travailleurs qui restent dans l’entreprise ont, eux, été assurés d’une participation de 10 % dans le capital de la nouvelle société et bénéficient depuis le 1er janvier dernier, d’une augmentation de salaire de 20 %. La privatisation de la Sotelma est en passe de s’imposer comme un cas d’école.

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LE GROS CHEQUE DE MAROC TELECOM

Au début était le démantèlement de l’Office des postes et des télécommunications. L’OPT a été scindé en deux entités : la Société des télécommunications du Mali (Sotelma) et l’Office national des postes. Depuis sa création en 1989, la Sotelma a bénéficié du monopole des télécommunications sur toute l’étendue du territoire national. La situation a perduré jusqu’au 18 mars 1999. À partir de cette date, le gouvernement décide d’ouvrir la voie à la création d’une société d’économie mixte associant l’État et des intérêts privés maliens en vue de l’exploitation d’un réseau cellulaire à la norme GSM.  Ainsi fut créée la société Malitel-SA détenue à 46 % par la Sotelma, 44 % par la société Sogetel (créée à cet effet) et 10 % par le personnel de la Sotelma. Le processus s’est poursuivi pour déboucher sur la mise en place d’un groupe technique d’appui à la privatisation, le recrutement d’un conseiller à la privatisation, la mise en œuvre du processus de choix d’un partenaire stratégique et le dépouillement des offres financières. L’avis d’appel d’offres a été lancé le 22 décembre 2008. Quatre offres ont été reçues par la commission de dépouillement dont la mieux-disante, celle de Maroc Télecom, s’élevait à 165 milliards Fcfa. L’opérateur chérifien, partenaire du groupe Vivendi, avait mis sur la table 252 millions d’euros pour cette acquisition. Cette proposition dépassait de très loin celle de la société soudanaise Sudatel. Celle-ci avait aligné 110 millions d’euros et Portugal Telecom 80 millions d’euros. Maroc Telecom menait donc largement la course mais le gouvernement estimait que la Sotelma méritait un effort supplémentaire. Après de multiples réunions, négociations, consultations et des compromis, la société marocaine a produit “ une offre significativement améliorée ” de 180 milliards de Fcfa qui fera de lui l’adjudicataire de 51 % du capital de la Sotelma. 19 % du capital étaient réservés au grand public et 10 % au personnel de la société. À l’issue du processus de privatisation, la part de l’État malien dans le capital de la Sotelma s’élèvera à 20 %. Même si l’État a cédé 51 % des actions de la Sotelma, 49 % demeurent la propriété du pays.