Après la multiplication des radios sur la FM, l’ORTM se prépare à l’arrivée des télévisions privées
La conquête coloniale s’est achevée, pour l’essentiel, au début du XXè siècle. L’administration coloniale pour renforcer son implantation en Afrique occidentale créa Radio Soudan en 1957 avec un émetteur d’ondes moyennes de 1 kW qui ne couvrait que Bamako et ses environs immédiats. À l’indépendance, Radio Soudan, simple composante de la radiodiffusion de France d’Outre-mer, devient un patrimoine national. La toute nouvelle radiodiffusion nationale du Mali était composée d’un simple dispositif technique : un centre émetteur situé sur la route de Sotuba doté de sept émetteurs à ondes courtes, moyennes et longues diffusant un programme particulier vers l’Europe. De 8 agents au départ, le personnel a vite atteint un effectif d’une trentaine de personnes. Au terme d’une décennie au service de l’information, de la sensibilisation et de l’éducation des populations, la Radiodiffusion nationale du Mali (RNM) a installé un centre émetteur sur la route de Kati. Cette structure comprenait 4 émetteurs à ondes courtes de 50 KW chacun dont deux diffusant le programme national du Mali. Les deux autres sont chargés de relayer les programmes de la radio internationale chinoise. Fruit de la coopération Mali-Chine, ce centre s’est accompagné, en 1970, de l’inauguration de deux nouveaux studios au centre de production de Bozola, grâce à la coopération française. En 1971, les équipements de production à Bozola ont été rénovés, deux nouveaux studios et deux nouvelles cabines techniques ont été réalisés. Sept ans plus tard démarrait un projet de renouvellement des émetteurs assurant la desserte nationale, conduit par l’Allemagne. Ce projet se poursuivit jusqu’en 1992. Le 22 septembre 1983, la télévision malienne voit le jour grâce à une subvention libyenne de 2,5 milliards F CFA. Une subvention française de 600 millions de F CFA va permettre de doter la RTM d’un car de reportage, d’un véhicule léger de reportage, d’un banc de montage et d’équipements divers de reportage entre 1984 et 1990. Cette subvention a permis d’étendre également la TV dans les régions de Ségou (1986), Koulikoro (1989), Mopti (1993) tandis qu’une subvention de l’OPT permettait d’installer un émetteur TV de 1 kW à Sikasso en 1990. Le 5 octobre 1992, le gouvernement promulgue la loi 92-021 qui change le statut de la RTM de service central non personnalisé, en un établissement public à caractère administratif (EEPA) doté de la personnalité morale et de l’autonomie de gestion. Le patrimoine de l’ancienne RTM évalué dans le bilan du 31 décembre 1992 à plus de 10 milliards fut cédé à la nouvelle entité baptisée Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM.) L’objectif de l’ORTM, expliquera son directeur général Sidiki N’Fa Konaté, est de porter le taux actuel de couverture démographique de 75 % à 100 % en 2014 et celui de la couverture géographique de 65 % à 90 %. En outre il prévoit d’étendre progressivement à l’ensemble du pays, la couverture radiophonique en FM, gage d’une haute qualité d’écoute. Déjà, grâce à la bande K.U., les images de l’ORTM parviennent à la diaspora installée un peu partout dans le monde. L’ORTM envisage également d’implanter des centres de vision communautaire équipés de téléviseurs publics pour les populations à faibles revenus, et de généraliser la réception des images par satellite à moindres frais. L’ambition ultime de l’Office, indique son directeur général, est de lutter contre la pauvreté, améliorer le taux d’alphabétisation de l’ensemble des populations du pays, celui de la couverture sanitaire et vaccinale, le renforcement de l’enseignement scolaire, celui des adultes ainsi que le désenclavement des régions nord de notre pays. Comme la presse écrite, le paysage radiophonique a connu une expansion considérable grâce à la fin du monopole qui existait sur les ondes depuis 1959. Le premier acte significatif en matière de pluralisme radiophonique remonte au 7 février 1987 avec la signature d’un protocole de mise en application du projet de développement rural de Kayes entre le gouvernement et deux ONG italiennes. Cette entente a permis de mettre en onde la radio rurale de Kayes qui va dessiner les contours de la radio associative. Il faudra attendre l’ordonnance n°92/002/P-CRSP du 15 janvier 1992 pour voir foisonner les stations privées de FM. Dans le même temps, la vieille dame qu’est l’Ortm s’offrait une cure de jouvence avec la création de la Chaîne 2 et d’expression de proximité avec l’ouverture de stations régionales à travers le pays. Elle se prépare maintenant l’ouverture imminente du paysage aux télévisions privées dont un avant-goût lui a été déjà donné avec les chaines satellitaires