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PostHeaderIcon Monument et Carré des Martyrs : LE SOUVENIR ET L’EDIFICATION DES GENERATIONS ACTUELLES

Les monuments jouent bien leur rôle mémoriel mais la connaissance de cette période aurait bien besoin d’être approfondie chez les jeunes

Monument et Carré des Martyrs : LE SOUVENIR ET L’EDIFICATION DES GENERATIONS ACTUELLES

Le 26 mars 1991 est une étape importante de notre histoire mais aussi une étape sanglante jonchée de morts car de nombreux manifestants, particulièrement des femmes et des élèves, ont été tués au cours des affrontements entamés le 21 mars. Afin que ne soit oublié le sacrifice de ceux qui ont payé de leur vie, le triomphe la démocratie dans notre pays, l’idée de créer un Carré et un Monument des Martyrs avait été avancée par les membres du Mouvement démocratique. L’idée avait pris corps grâce aux efforts de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), alors dirigée par feu Me Demba Diallo, et qui avait organisé les funérailles des victimes de la répression, et ceux du secrétaire général de l’AEEM d’alors, Oumar Mariko. Pendant cette période de braise, l’une des grandes initiatives de l’AMDH a été d’avoir conçu et construit le Carré des Martyrs. Aujourd’hui, ces monuments qui témoignent du don de soi des victimes, font partie de la vie bamakoise et figurent parmi les symboles de la capitale. Au delà de leur aspect esthétique, les Bamakois reconnaissent à ces monuments des vertus didactiques. Le Carré des Martyrs, lieu de sépulture des victimes de la répression de Mars 1991, sert de mausolée aux victimes des événements de janvier-mars 1991. L’AMDH et l’AEEM ont oeuvré à la matérialisation de l’idée avec l’assistance de la chefferie traditionnelle des Niaré qui a octroyé une langue de terre de 35m x 15m à l’angle ouest du cimetière de Niaréla. Limité au nord par la rue 44 à Niaréla, le Carré des Martyrs abrite un mausolée, des stèles et des parterres de fleurs. On y trouve trois fosses communes et huit tombes individuelles. Sur des plaques servant d’épitaphes, sont inscrits les noms des martyrs, toutes professions confondues. Cependant, la majorité est constituée d’élèves et d’étudiants. Inauguré lors du premier anniversaire du 26 mars 1991, ce mausolée fait l’objet de cérémonies commémoratives chaque année. Nombre d’autres endroits honorent les morts de la révolution comme le Stade du 26 mars, le Pont des Martyrs, la Pyramide du Souvenir ou le Monument des Martyrs. Situé à l’entrée du Pont des Martyrs, en face de l’ambassade de France et de la Pyramide du Souvenir, le Monument des Martyrs présente une femme pleurant son enfant gisant dans le sang en face d’elle. Au dessus, un tableau représente le peuple en colère qui dénonce la répression des manifestants de rue. Au second plan, face au Square Lumumba, un tableau avec un écriteau « Vendredi 22 mars 1991. Hommage aux Martyrs ». Le monument des Martyrs a été inauguré le 29 mars 1995. Vingt ans après la révolution, ces monuments qui célèbrent la quête de la liberté et de la démocratie dans notre pays, sont méconnus principalement de la jeune génération qui n’a pas vécu les événements de mars 1991. Ces jeunes sont souvent fascinés par ces monuments mais en ignorent la signification et l’histoire. C’est le cas par exemple du jeune Siriman Koné, fraîchement débarqué à Bamako pour ses études. Il raconte qu’à chaque fois qu’il passe devant le Monument des Martyrs et la Pyramide du Souvenir, il s’arrête pour les admirer et lire les noms des victimes de la répression inscrits sur le mur de la Pyramide. Mais de l’époque de mars 91, il ne sait pas grand-chose d’autre. Et il n’est pas le seul dans sa génération. Le moment est peut être venu d’intégrer dans l’enseignement différents modules sur l’histoire récente et sur les monuments désormais nombreux dédiés à la révolution du 26 Mars.