Bamako-Sénou va devenir un important pôle de croissance avec une aérogare passagers et une aérogare fret répondant à des standards exigeants et une capacité à traiter le flux généré par les usines de la zone industrielle du domaine aéroportuaire, qui seront essentiellement tournées vers l’exportation
Le transport aérien est un élément important du désenclavement intérieur et extérieur de notre pays qui ne possède pas de débouché sur la mer. L’aéroport international de Bamako-Sénou est donc appelé à jouer un rôle majeur dans l’insertion de notre pays dans les échanges internationaux à travers notamment le développement du tourisme et la promotion de l’exportation de la production nationale. Mis en service en 1974, Bamako Sénou manque d’infrastructures commerciales pour satisfaire le niveau actuel de trafic. Les pouvoirs publics ont donc entrepris un vaste programme de modernisation de cet aéroport international. Le projet d’aménagement de l’aéroport de Bamako-Sénou va coûter 90 milliards Fcfa financés par le gouvernement américain à travers son programme Millenium challenge account (MCA). Le projet permettra d’une part, l’extension et le renforcement de la piste d’atterrissage et d’autre part, la construction d’une nouvelle aérogare de 14.000 m2 pouvant recevoir à terme 1,5 million de passagers par an. Maillon essentiel de la politique aéronautique de notre pays, le projet d’aménagement et d’extension de l’aéroport de Bamako Sénou doit assurer le désenclavement intérieur et extérieur de notre pays conformément au Projet de développement économique et social (PDES). Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a posé le 15 avril 2009, la première pierre de la nouvelle aérogare fret. Ce geste marque le début de la mise en œuvre d’un vaste programme de modernisation de l’aéroport. Ce programme en cours prévoit la réhabilitation de l’actuelle aérogare, l’aménagement d’un nouveau terminal passagers et d’une zone industrielle Le programme de modernisation et d’extension traduit la volonté des pouvoirs publics de doter notre pays d’infrastructures aéroportuaires modernes. La construction de cette aérogare contribuera à améliorer la logistique de transport, accroître le flux d’échanges de marchandises de Bamako vers d’autres destinations et, du coup, le volume des échanges de marchandises entre le Mali et l’extérieur. Les travaux de construction de la nouvelle aérogare fret s’étendent sur une superficie de 9000 m2, coûteront 4,6 milliards Fcfa financés par les “Aéroports du Mali” grâce à un accompagnement de la BIM-S.A. Avec une capacité de traitement de 10 000 tonnes par an, l’impressionnant bâtiment qui s’élèvera sur deux niveaux, abritera des aires techniques, des aires de manutention, des hangars et quais de déchargement ainsi que des bureaux avec une possibilité d’extension. Avec aujourd’hui plus de 600 000 passagers et 6000 tonnes de fret par an, Bamako-Sénou, inauguré voilà 35 ans, est vétuste et largement en déphasage avec les exigences et les normes d’exploitation aéroportuaire modernes, fait remarquer le président directeur général des aéroports du Mali, Mme Aya Thiam Diallo. C’est, assure-t-elle, un impératif de redimensionner notre infrastructure aéroportuaire afin que celle-ci puisse jouer pleinement le rôle attendu d’elle dans le développement socio-économique et culturel de notre pays. Pour la patronne des Aéroports du Mali, la volonté de faire de Bamako-Sénou un véritable pôle de croissance, requiert non seulement une aérogare passagers répondant aux standards internationaux de sûreté et de sécurité, mais également une aérogare fret de capacités suffisantes et de nouvelles technologies d’exploitation pour traiter le flux généré par les usines de la zone industrielle du domaine aéroportuaire, qui seront essentiellement tournées vers l’exportation.
EQUIPEMENTS MODERNES. Dans le cadre du même projet, les "Aéroports du Mali" se doteront d’équipements de sûreté et d’exploitation ultra modernes et bénéficieront de l’aménagement d’un parking automobile et d’une bretelle reliant le nouveau bâtiment au parking avion, a indiqué Mme Aya Thiam Diallo. L’aéroport Bamako-Sénou sera équipé d’installations de traitement du fret aérien de dernière génération. Son programme de modernisation et d’extension permettra aussi, de développer le tourisme de promouvoir les produits agro-pastoraux et revalorisera l’immense potentiel de fruits et légumes dont dispose notre pays, soulignera Mme Aya Thiam Diallo. Lors de la cérémonie de pose de la première pierre de la nouvelle aérogare de fret, le président Amadou Toumani Touré a salué le démarrage d’un ambitieux projet, d’une réalisation d’envergure qui contribuera à la croissance du trafic aérien et augmentera l’efficacité de l’aéroport dans la gestion à la fois des passagers et du fret. Ce programme de modernisation et d’extension traduit, de son point de vue, la ferme volonté des pouvoirs publics de doter notre pays d’une infrastructure aéroportuaire digne de ce nom, et pouvant faire de Bamako une destination incontournable dans la sous-région ouest-africaine. Le but recherché est, à court terme, d’améliorer la fluidité, à long terme, de renforcer le désenclavement et permettre aux avions gros porteurs de décoller et atterrir à pleine charge. L’implantation de nouvelles infrastructures permettra aussi de desservir des agglomérations comme Djeddah et Johannesburg sans escale, contribuer à l’exportation des produits et denrées périssables comme la mangue du Mali, en somme faire profiter le producteur malien de sa production. Le projet comprend trois activités essentielles. Les activités d’infrastructures coté piste qui comprennent le revêtement, le renforcement et l’extension de la piste d’atterrissage et de l’aire de stationnement des avions ; le remplacement de l’équipement de navigation ; et l’amélioration des systèmes de sécurité de la zone aéroportuaire. Les activités d’infrastructures coté ville qui englobent la construction d’un nouveau terminal passagers ; le rehaussement des équipements au sol ; et les aménagements des voies d’accès et des parkings automobiles. Les activités de renforcement institutionnel portent sur une assistance technique et organisationnelle à l’Agence de réglementation et de surveillance de l’aviation civile (Anac), un appui à la réforme de l’administration de l’aéroport et à la participation du secteur privé dans la gestion future. Les travaux de construction de la nouvelle aérogare fret qui dureront 9 mois, sont exécutés par l’entreprise Checek. La maîtrise d’ouvrage est confiée à l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public et de l’emploi (Agetipe), et le contrôle et la surveillance sont assurés par le bureau Socotec et le groupement Cabilass/Ofetoc.