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PostHeaderIcon 8 Juin 2010 : LA PREUVE PAR LES GRANDS CHANTIERS

Le président de la République, Amadou Toumani Touré fête aujourd’hui 8 juin, le troisième anniversaire de son investiture à la tête du pays pour un second mandant.

8 Juin 2010 : LA PREUVE PAR LES GRANDS CHANTIERS

En cette année de célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance du pays, cet événement revêt un caractère un peu particulier. Pour l’occasion, nous vous proposons comme les autres années, un supplément du Quotidien national. Cette année, nous avons jugé opportun de consacrer ce supplément à quelques grands chantiers d’infrastructures ouverts à travers le pays. Dont les plus emblématiques sont sans doute le projet de barrage de Taoussa, le troisième pont de Bamako, l’échangeur multiple de la capitale, la modernisation de l’aéroport international de Bamako-Sénou, les stations compacts de pompage d’eau de Magnambougou et Baco-Djicoroni. Dans le numéro également, le traditionnel agenda d’un 8 juin à un autre retraçant les principaux événements des 12 derniers mois.

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Barrage de Taoussa : USAGES MULTIPLES, BéNéFICES INNOMBRABLES

Deux millions de personnes devraient profiter des divers impacts de l’ouvrage

On n’a jamais été aussi proche qu’en ce moment de la réalisation du barrage de Taoussa, jadis appelé Tossaye. Depuis la pose de la première pierre, consacrant le démarrage des travaux de construction de l’ouvrage par le président de la République en février dernier, la direction de l’Autorité du projet d’aménagement du barrage est à pied d’œuvre pour matérialiser la volonté politique sans cesse exprimée par les gouvernements successifs de notre pays. Récemment, une mission de reconnaissance de terrain conduite par Karim Dembélé, le directeur de l’Autorité, est rentrée de Taoussa. Cette visite de terrain entre dans le cadre de la phase de sélection des entreprises chargées de la construction du site de réinstallation du village de Taoussa. Avec la retenue du barrage, l’actuel site du village sera submergé et disparaîtra sous les eaux. La mission comprenait donc les cadres de l’Autorité et les patrons des entreprises intéressées par cette première phase du projet. Selon le directeur adjoint de l’Autorité, Zan Traoré, une centaine de villages sont concernés par le programme de déplacement. Mais, pour le moment le programme prévoit le déplacement de cinq villages, à commencer par le village de Taoussa. Les études socio-environnementales concernant ces cinq localités sont bouclées et le financement mobilisé. L’objectif de la mission, a précisé Zan Traoré, est de permettre aux chefs d’entreprises d’inspecter le site du projet en vue de faciliter la préparation de leurs dossiers pour un appel d’offre imminent. Déjà un bureau d’urbanisme malien a été désigné pour élaborer le plan d’aménagement du nouveau site qui accueillera le village de Taoussa. Le nouvel emplacement a été choisi de commun accord avec les populations conformément au plan de réinstallation issu des études d’impact environnemental et social. Cette phase de sélection des entreprises de construction du village sera suivie par celle des bureaux d’ingénierie conseil chargés de la surveillance des travaux. Les choses se mettent aussi progressivement en place pour les travaux de génie civil. L’Autorité se trouve dans la phase de sélection de l’entreprise chargée de la réalisation de l’ouvrage. Actuellement toutes les études sur la construction du barrage sont terminées et les fonds se précisent. Zan Traoré annonce qu’il ne reste plus que deux accords à parapher. Le troisième accord de prêt ayant été signé hier avec la Banque ouest-africaine de développement. La signature des accords de prêts du Fonds d’Abu Dhabi et du Fonds saoudien est attendue dans les prochains jours. La série de chantiers qui va s’ouvrir dans quelques mois à Taoussa, augure des lendemains heureux, particulièrement pour les habitants du septentrion. À terme, les effets bénéfiques du barrage toucheront directement environ deux millions de personnes. Le taux d’activité de la population passera de 42 à 87%. Le revenu annuel moyen par habitant dans la zone du projet atteindra 1000 dollars (environ 500 000 Fcfa) pour moins de 200 (100 000 Fcfa) actuellement. En plus des barrages de Félou et bientôt de Kénjé et des ouvrages existants déjà, Taoussa contribuera à hisser notre pays au 3è rang des pays de la sous-région, en termes d’infrastructures structurantes, a indiqué le ministre Mamadou Diarra, lors de la cérémonie de pose de la première pierre. Ouvrage régulateur, le barrage de Taoussa permettra de maintenir le niveau de crue et les conditions d’inondation à l’amont du barrage à la cote 258,75, afin de supprimer le facteur crue pour la culture de submersion et les bourgoutières, de recharger la nappe phréatique proche du fleuve et de pouvoir pomper dans le fleuve pour alimenter les périmètres irrigués. La capacité utile de la retenue sera de 3 milliards de m3 sur un potentiel de 160 milliards de m3 déversés chaque année dans la mer, ont estimé les hydrologues de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN). Le barrage va aussi à réguler le régime du fleuve avec des débits d’étiage à l’aval (au minimum à 75 m3 par an garanti) pour la République du Niger. Ce qui permettra de développer des périmètres irrigués. La réalisation de l’ouvrage assurera, par ailleurs, la continuité du transport fluvial et routier par la création d’une conjonction entre le trafic fluvial (de Tombouctou à Taoussa) et la route (de Taoussa à Gao) sur 130 km. Un port de pêche sera réalisé en vue de développer le secteur halieutique qui concerne, à ce jour plus de 3000 personnes. Actuellement le potentiel de pêche, qui a terriblement souffert de la sécheresse, affiche une production annuelle moyenne de 8 000 tonnes. La productivité de la pêche passera donc de 8.000 à 13.000 tonnes/an. Le nombre de pêcheurs progressera de 3000 à 4500 personnes et le volume de la commercialisation des produits de pêche de 4000 à 7800 tonnes/an. Taoussa va aussi constituer un rempart contre l’insécurité alimentaire, qui était devenue quasi permanente dans la zone. Il y est prévu d’aménager 139 000 ha, dont 84 000 ha en submersion contrôlée. Ainsi, la production céréalière (riz, sorgho, blé) passera de 46.670 à 468.163 tonnes. Sur les 84.000 ha réservés à la submersion contrôlée, le rythme d’aménagement est fixé à 2.800 ha/an. Les périmètres irrigués s’étendront à terme sur 45.000 ha avec un rythme d’aménagement de 700 ha/an, pendant les 5 premières années et 1.300 ha/an, durant les 10 années suivantes et 1900 ha/an pendant les 15 dernières années. Il faut préciser que l’aménagement du volet agricole s’étend sur 30 ans. Le barrage de Taoussa permettra également d’améliorer la production d’aliments pour bétail. A cet effet, il est prévu un accroissement significatif des périmètres fourragers (bourgou : echinocloa stagnina), soit environ 1000 ha/an. Cette augmentation aura une incidence sur la taille du cheptel qui progressera de 3% par an. Les bovins passeront de 395.000 actuellement à 790.000 UBT (un UBT correspond à une bête de 450 kg qui paît sur 1 ha). Les ovins caprins passeront de 1,9 million à 2,375 millions UBT. Les exportations passeront de 17.000 à 80.000 UBT/an. Le barrage va fournir de l’électricité grâce à une centrale hydro-électrique qui sera installée. Elle produira 25 mégawatts soit 87 % de la demande locale. La réalisation de cette deuxième phase du projet fait l’objet d’une requête de financement soumise à une banque chinoise - Exim Bank - pour un coût global d’environ 60 millions d’euros, environ 40 milliards Fcfa. Le financement prévoit l’équipement de la centrale hydroélectrique, le réseau de transport de courant (la ligne haute tension) et la cité du maître d’ouvrage, chargé de l’exploitation du réseau électrique.