mardi 12 décembre 2017

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DOCTRINES: Solidarité – de vicinité d’abord

A. K. CISSÉ

Dans nos sociétés, lorsque survient un événement quelconque au sein d’un foyer, les premiers gestes d’assistance, même symboliques, les premières manifestations de sympathie, proviennent des voisins immédiats. Ils interviennent naturellement, spontanément, avant même que les proches parents du ménage concerné n’aient été avisés à l’autre extrémité de la cité, ou dans une autre localité. Pareilles démarches, tout à fait habituelles sous nos latitudes, s’inscrivent dans les enseignements de l’islam, exhortant à travers les chapitres du Livre sacré et les recommandations du Sceau des prophètes (PSL) à ne point ignorer le voisin.
Les théologiens soulignent à ce propos que le fait d’être musulman, c’est aussi une manière d’être envers le Seigneur des mondes, mais également envers les autres créatures vivantes. Dans la dimension de la manière d’être avec ceux qui nous entourent, les oulémas se réfèrent notamment à ce passage du Saint Coran : « Adorez Dieu et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Dieu n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant, » (4:36)
Pour les exégètes, la considération et le respect dus au voisin se traduisent en diverses remarques du Guide de l’islam. « Celui qui croit en Dieu et au Jour Dernier, qu’il honore son voisin, » avait-il dit. Dans cet esprit, la relation du fidèle musulman à son voisinage ne doit point se limiter à la sphère théorique. C’est ainsi que le Messager avait un jour, exhorté l’un de ses Compagnons : « Lorsque tu prépares un bouillon, augmentes-y la quantité d’eau puis offres-en un peu à une famille de ton voisinage. »
Cette préoccupation revêt une portée plus étendue dans ses autres propos : « N’a pas cru en moi celui qui dort repu tandis que son voisin, à côté de lui, a faim et il est au courant de cela. »
Parallèlement, est indexée toute attitude tendant à nuire à son prochain. Les oulémas rapportent à cet effet les dires du Messager, qui a répété par trois fois que n’est pas croyant « celui dont le voisin n’est pas à l’abri de ses méfaits. » Car les nuisances causées au voisin peuvent avoir des conséquences allant jusqu’à annuler l’effet positif des bonnes actions du fidèle.
Un théologien disait à ce sujet : « La bonne compagnie avec les gens du voisinage ne consiste pas simplement à s’abstenir de nuire; elle consiste aussi à supporter (avec patience) le tort (qui nous est causé). » Il se référait en cela aux propos du Messager qui, en une occasion évoquait des personnes de grand mérite. Parmi elles, il a mentionné : « L’homme qui a un mauvais voisin, mais qui fait preuve de patience par rapport au tort qui lui est fait, et ce, jusqu’à ce que Dieu le mette a l’abri (de ces méfaits) pendant qu’il est encore en vie ou après sa mort. »
Ce devoir envers le voisin est aussi de rigueur lorsque celui-ci ne partage pas la foi du croyant musulman.
A. K. CISSé

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