jeudi 19 avril 2018

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Développement Industriel : DES RÉSULTATS PALPABLES À SIKASSO

Le ministre Mohamed Aly Ag Ibrahim visitant l’usine de production de pâte d’arachide « Datiga »

Transformation de l’anacarde, production de pâte d’arachide, fabrication de serpillières à base de déchets de coton : la 3ème Région renforce progressivement sa plateforme agro-industrielle

L’industrie agroalimentaire s’est développée ces dernières années, dans notre pays. La création d’un département dédié au développement Industriel, l’élaboration d’une politique de développement industriel ainsi que la mise en place d’un service chargé de la restructuration et de la mise à niveau des entreprises industrielles ont favorisé la promotion de nouvelles unités agro-industrielles performantes, innovantes et surtout structurantes pour notre pays.
Pour apprécier l’évolution de ces nouvelles unités, le ministre du Développement Industriel, Mohamed Aly Ag Ibrahim a effectué, le week-end dernier, une visite dans la Région de Sikasso. Pour la circonstance, Il était accompagné du responsable du service chargé de la restructuration et de la mise à niveau des entreprises industrielles, Mamadou M. Keita, de la directrice du Centre de développement de l’agro-industrie, Mme Camara ainsi que des techniciens de la Direction nationale de l’Industrie.
La première étape de la visite a été Koumantou (Cercle de Bougouni), une zone de production agricole par excellence, mais aussi et surtout de production d’anacarde et de noix de cajou qui connaît un véritable essor au Mali. C’est à Koumantou que le jeune promoteur Koreissi Touré a installé son entreprise, dénommée « Agro-Plateforme » spécialisée dans la production de noix de cajou. Véritable réussite locale, l’usine, installée il y a juste 2 ans, et dotée de technologie performante, emploie aujourd’hui plus de 300 travailleurs (permanents et saisonniers). Après l’avoir visitée et discuté avec les populations, le ministre a salué l’audace du jeune promoteur qui est aujourd’hui, le premier employeur de la localité. « L’anacarde est une filière très porteuse pour notre pays. Au niveau du département de l’Agriculture, c’est un véritable projet qui a été conçu pour son développement. Mais, le véritable essor de cette filière passe par l’implantation d’industries performantes, spécialisées dans sa transformation », a-t-il expliqué. Les populations de Koumantou ont, à leur tour, témoigné de l’impact de l’infrastructure sur leur vie. «Aujourd’hui, 300 personnes dont plus de 200 femmes évoluant dans la cueillette, le décorticage et le lavage des noix travaillent ici. Nous gagnons 1000 à 1500 Fcfa par jour selon nos rendements. Mieux, les déchets d’huile sont gracieusement offerts par le promoteur. Ce qui nous permet de développer d’autres activités et notamment la fabrication de savon. Avant l’arrivée de cette usine, après les travaux champêtres, nous n’avions pas d’autres activités génératrices de revenus et tout le monde s’était rué sur l’exploitation du bois ou du charbon. Beaucoup ont, aujourd’hui, abandonné cette activité au profit de l’usine », a témoigné Mme Safiatou Koné, présidente des femmes travailleuses de l’usine.
Après Koumantou, le ministre s’est rendu à Sirakoro, localité située à 6 km de Sikasso où Lassana Kouma a implanté une usine de production de pâte d’arachide « Datiga » dont la création est synonyme d’un grand soulagement pour les producteurs d’arachide de notre pays qui ne disposait plus d’usine du genre depuis la disparition de la Société d’exploitation des produits arachidiers du Mali (SEPAMA) de Kita.
Auparavant, la fabrication de pâte d’arachide était artisanale avec tous les risques sanitaires que cela comportait. Grâce à l’appui du département de l’Industrie L. Kouma a ouvert son unité de production « Datiga », il y a 2 ans. Le ministre l’a félicité et encouragé pour sa détermination. Cependant, si l’arachide peut assurer de nombreuses fonctions (vivrière, fourragère et industrielle), ces dernières décennies, la filière fait face à de nombreuses difficultés, liées au manque de chaine industrielle structurant, plongeant les producteurs dans le désarroi.
L’aggravation de la sécheresse, la menace grandissante de l’aflatoxine et la libéralisation imposée par les programmes d’ajustement structurel d’un secteur, autrefois, très intégré et encadré par l’Etat (de la création variétale à l’exportation d’huile en passant par la production de semences jusqu’à la transformation industrielle à travers la SEPAMA de Kita) sont les principaux facteurs de cette déstructuration, a relevé le ministre de l’Industrie.
Aussi, pour redynamiser le secteur, les autorités se sont engagées en faveur de la promotion de la culture de l’arachide.
Par ailleurs, en plus de la pâte d’arachide très prisée dans notre gastronomie, nous pouvons promouvoir d’autres produits dérivés comme l’huile, le savon, le fourrage. « Sama-Agri », est un exemple que d’autres opérateurs économiques doivent suivre et imiter », a invité le ministre.
Quant au directeur de l’usine, Sadio Kouma, il a expliqué que l’entreprise est un investissement de 1,5 milliard de Fcfa, avec une capacité de production de 2000 tonnes par an. Mais présentement, la production réelle est de 600 tonnes par an. La principale matière première utilisée est la graine d’arachide. L’usine emploie 32 agents permanents et 50, temporaires.
La principale difficulté reste l’approvisionnement en matière première de qualité, c’est-à-dire non contaminée par l’aflatoxine, a-t-il indiqué.
Malgré la conjoncture défavorable qui perdure, le département de l’Industrie entend encourager les entrepreneurs de la Région de Sikasso (symbole du dynamisme agricole du Mali) à valoriser les potentialités et créer des unités industrielles. Dans cette logique, les résultats sont palpables : la Région de Sikasso s’est imposée comme la deuxième région industrielle du pays, après le District de Bamako avec plus de 91 unités de transformation industrielles de produits alimentaires. La ville de Sikasso, elle-même, compte une quarantaine de fabriques, spécialisées dans la transformation de divers fruits et légumes. En plus de réduire les pertes dues à la surproduction saisonnière, les unités industrielles créent surtout de la valeur ajoutée et des emplois.
Pour le ministre Mohamed Aly Ag Ibrahim, l’industrie agro-alimentaire à Sikasso a amorcé un nouveau dynamisme.  La Région est même en train de passer d’une économie domestique à une vraie économie moderne de marché où se côtoient divers acteurs de la commercialisation des fruits et légumes à l’échelle nationale, sous-régionale et internationale. La campagne industrielle dans la région démarre dès les premières récoltes. Actuellement, elle bat son plein.
Doussou DJIRÉ

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