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PostHeaderIcon « Rois de Ségou » : LA DEUXIEME SAISON EN ROUTE

Après le succès retentissant remporté par la première saison, le réalisateur Boubacar Sidibé décide de prolonger la fresque historique

« Rois de Ségou » : LA DEUXIEME SAISON EN ROUTE

Le talentueux cinéaste a entrepris le tournage de la deuxième saison de la série depuis le 20 janvier dernier. Tout est parti de deux constats. Le premier est que la télévision dans sa forme actuelle est confrontée à une forte demande des téléspectateurs. Ils ont soif de séries ou de feuilletons faits sur les réalités maliennes. La télévision nationale compte tenu de ses moyens limités éprouve des difficultés à honorer cette demande. Mais elle a fait quelques tentatives pour combler ce vide. Elle a réalisé « Les Aventures de Séko » ; « Walaha » et « DOU ». Ces trois séries ont été bien accueillies par le public. En second lieu, les thèmes de plusieurs séries africaines portent sur des idées et des réalités contemporaines. « Loin de dédaigner le côté distraction et l’enrichissement intellectuel que ces séries apportent, je me sens pourtant, en tant qu’auteur africain, aussi frustré que le sont les téléspectateurs de mon continent » commente Boubacar Sidibé Il est frustré et même révolté de ne regarder que des séries qui occultent notre histoire et dans lesquelles il ne se reconnaît pas pour pouvoir se remettre en question. « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va », a-t-on coutume de dire. Une recherche pointue sur l’histoire africaine a aiguillé le cinéaste vers le royaume bambara de Ségou qui a connu l’une des civilisations les plus brillantes de la savane soudanienne au 18e siècle. Pendant des mois Boubacar Sidibé a rencontré et écouté plusieurs griots et traditionalistes qui chantent et racontent l’épopée de Ségou. Il s’est entretenu avec des historiens et chercheurs spécialistes du royaume bambara de Ségou dans le but de partager et de faire découvrir à d’autres cette saga qui dura plus d’un siècle. Il est arrivé au choix d’une série de 40 épisodes de 26 minutes en deux saisons. Ce qui donne 20 épisodes 26 minutes par saison. La première saison des « Rois de Ségou » a été l’un des plus grands chantiers audiovisuels du Mali. La réalisation de ce projet ambitieux de série historique a nécessité des moyens importants. Le plateau a réuni plus de 200 comédiens pendant deux mois, une équipe de techniciens et d’experts, des scènes de batailles, de fêtes, la construction des décors et des costumes d’époque. Avec un budget estimé à 220 000 000 Fcfa La diffusion pendant 42 semaines par l’ ORTM de la version française puis de la version bamanan kan de la première saison a fait la fierté de tous les maliens. La diffusion des épisodes sur l’ORTM a coïncidé avec les festivités du cinquantenaire du Mali. Cette première saison a décrit de manière réaliste l’univers et la vie des rois Biton Coulibaly, N’Golo Diarra, Monzon Diarra et les hommes et femmes qui ont écrit une page glorieuse de l’histoire africaine. La mise en scène est attrayante, instructive et compréhensible pour un large public. La deuxième saison de 20 épisodes de 26 minutes aidera les téléspectateurs à découvrir et connaître certaines valeurs du passé et des pratiques sociétales qui manquent à notre société contemporaine. Les intrigues et les sous intrigues inspirées par la vie quotidienne vont être solides et réalistes. Les épisodes mettent en scène Bakary Djan le vainqueur de l’invulnérable Bilissi, Monzon Diarra ou Kèlè Monzon (roi combattant de Ségou), le fameux Tiétiguiba Dante grand griot du roi Dah fils de Monzon et vainqueur du roi magicien Samayana Bassi, de Diakrouna Toto roi de Diakrouna trahi par son épouse Saran, la princesse de l’imprenable Dionkoloni. Les principaux décors sont les demeures et les cours des rois, les rues des cités, les concessions des familles, le fleuve, les champs de bataille où vivent et se croisent les personnages de cette fiction. Cette série donne le point de vue des personnages à travers des récits comportant des enjeux dramatiques essentiels, et à travers leurs rêves, leurs préoccupations et leurs soucis quotidiens. Les rivalités entre les souverains, les ambitions de certaines reines en cette lointaine époque entraînent des situations de conflits qui seront judicieusement exploitées. Chaque roi recherche la gloire et le bonheur pour son peuple. Cette ambition entraîne des querelles et les disputes fréquentes entre souverains. Certains n’hésitent pas à demander l’aide des marabouts et des féticheurs qui se retrouvent souvent au centre des intrigues. La trahison, la corruption, et la convoitise qui entourent certains pouvoirs alimentent les intrigues. Un thème central de la série concerne le goût du risque, les actes de bravoure, les faits d’armes. Dans certains épisodes l’amour-propre d’un prince déclenche un conflit, un drame, un complot, une guerre. L’orgueil est valorisé même s’il entraîne des catastrophes. L’insulte ne se guérit que dans le sang. Le défi se relève même s’il est déraisonnable et si la partie est perdue d’avance. L’orgueil est une qualité épique. Quand il se double de vaillance et de noblesse, il devient vertu. Le preux force l’admiration. Il peut se vanter sans tomber dans le ridicule, et se permettre toutes les témérités.