Le Palais de la culture Amadou Hampaté Ba a vécu du 26 au 28 novembre la première édition du Week-end culturel au cours de laquelle la direction de l’établissement a servi un alléchant programme à un public entièrement acquis.
Cette grande première devrait révolutionner l’image du Palais de la culture. Longtemps confiné dans sa mission de service public, l’établissement a toujours été vu comme une institution culturelle chargée d’abriter seulement les événements et spectacles. Aujourd’hui, a indiqué sa directrice Mme Haïdara Aminata Sy, cette vocation ne saurait être une fin en soi, au regard des nombreux défis posés dont le plus important est le rôle crucial que devra jouer le Palais dans la promotion et le rayonnement de l’action culturelle au Mali. Sans se départir de "nos anciennes amours, le Palais doit innover et donner la preuve d’une structure capable de faire rayonner la culture malienne", a-t-elle résumé. Le festival a été à la mesure des ambitions de la direction du Palais de la culture. Il entend ouvrir sur l’avenir, sur des expressions plurielles et avec des artistes maliens, africains et d’ailleurs. Il se propose ainsi de donner plus de visibilité à l’art africain et d’exprimer la diversité culturelle globale. Ce Week-end culturel a donné un avant-goût des projets du Palais de la culture. Ainsi toutes les disciplines artistiques et culturelles ont été programmées pour l’occasion : spectacles de musique, exposition d’œuvres d’art, bal de costumes traditionnels, théâtre et danse, mode, ateliers, projection de films, cafés littéraires, gastronomie, etc. Toutes ces activités ont été des succès populaires dont le clou a été la représentation de la pièce Soundjata Keïta ou l’épopée Manding. La pièce était très attendue par nos compatriotes, en atteste la foule de spectateurs de la capitale affluant à la représentation. Afin de conserver l’aspect populaire de celle-ci, la direction du Palais et les metteurs en scène ont décidé de la jouer en plein air, sur l’esplanade en face du fleuve Niger. En 100 minutes, les 70 artistes, comédiens, danseurs, interprètes et instrumentistes ont fait montre de virtuosité et d’engagement. L’épopée Manding mêle histoire dramatique, danse, chants et rythmes. Elle a été mise en scène pour la première fois en 1961 par Mamadou Badian Kouyaté, le premier directeur artistique de l’Ensemble folklorique, se souvient N’tji Diakité le principal metteur en scène de la pièce actuelle. La trame qui ne change pas retrace l’histoire fondatrice de l’empire du Mali, une référence aujourd’hui pour les comédiens, les chanteurs, les danseurs du Mali. Dans le village du Do, raconte la pièce, un buffle sème la terreur et empêche tout travail dans les champs et la chasse en brousse. Il tue et blesse des villageois. Deux chasseurs venus du Mandé ont eu raison de lui. En guise de récompense, Sogolon Condé est donnée en mariage au roi du Mandé. Le premier garçon né de ce mariage reste perclus sept ans durant. C’est devant le spectacle de la méchanceté dont sa mère est l’objet qu’il réclame au griot de son père, Balla Fasséké Kouyaté, de lui apporter une grosse béquille pour qu’il puisse se tenir debout. La famille décide de le chasser du Mandé en compagnie de sa mère et de sa sœur. À Niani, où ils se réfugient, les Mandékas envoient une mission pour rechercher Soundjata, car tous les devins prédisent qu’il est l’unique sauveur de la patrie. Il revient et chasse Soumangourou Kanté du pouvoir et obtient l’allégeance de tous les chefs de tribu. L’épopée Manding est aussi un cocktail percutant de 40 chansons et 100 pas de danse qui entraînent le spectateur dans les méandres de la culture Manding. Ces chants et danses enseignent la sagesse, les valeurs spirituelles, mais aussi les joies et les peines d’un peuple. Ils sont les leçons de vie du peuple Manding. Vendredi soir, avant donc la représentation théâtrale, le bal de costumes traditionnels a tenu toutes ses promesses avec des jeunes qui ont fait montre d’une grande originalité dans la présentation des costumes de presque toutes les ethnies du Mali. Dans l’après-midi de samedi s’étaient produits les Peuls des Segeji de Mopti, les masques et marionnettes de Sokonafing, la troupe de Maïmouna Diarassouba du Baninko, le groupe de Takamba "Super Foghas", le groupe Dansa de Demba Diallo de Kayes. La manifestation a été l’occasion d’un exercice pratique pour des stagiaires en formation “ son et lumière ” pour parfaire leur art. L’orchestre du formateur Saintrick du Congo Brazzaville était également partie de la fête ainsi qu’une exposition d’art plastique organisée par l’association Walaha, en résidence de création au Palais de la culture depuis plus de deux mois.