La manifestation vise à valoriser le riche patrimoine culturel dogon et offre l’opportunité à la jeune génération de se ressourcer aux valeurs ancestrales
Tout le Pays dogon s’était donné rendez-vous à Bandiagara les 25, 26 et 27 février pour célébrer les Journées culturelles dogon. La cérémonie d’ouverture de ce grand événement culturel organisé par l’Association Ginna Dogon a été présidée vendredi par le chef de l’État. Amadou Toumani Touré était accompagné de son épouse, Mme Touré Lobbo Traoré, de l’ancien président de la Confédération suisse, Samuel Schmid et de plusieurs autres invités.
L’édition de cette année dans la cité de Nangabanou (Bandiagara) a incontestablement gagné le pari de la mobilisation. Pendant toute la journée de vendredi, la ville grouillait de monde. Les rues et les ruelles étaient bondées de festivaliers. En effet, le festival Ginna Dogon est un moment de retrouvailles de tous les Dogons. Ceux de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Le constat est unanime : la ville de Bandiagara a profondément changé ces dernières années. Elle s’est enrichie d’infrastructures hôtelières, routières et scolaires. Sans oublier le nouveau quartier moderne des logements sociaux communément appelé comme ailleurs « Attbougou ». En effet, à la faveur du Projet pour le développement économique et social, la ville de Bandiagara a bénéficié de 5 km de voies bitumées. Et elle est sortie de l’obscurité grâce au projet d’éclairage public. Le stade municipal de la ville qui a abrité la cérémonie d’ouverture était envahi par une marée humaine jamais vue. Il était 17 h 45 quand le chef de l’État y a fait son entrée dans une ambiance de fête. Le président Touré a fait le tour d’honneur du stade avant de s’installer à la loge officielle. La fête a commencé avec la prestation de l’orchestre « Imbrio Dogon » de Bandiagara qui a dédié une chanson de bienvenue à l’invité d’honneur du festival, Amadou Toumani Touré.
Ayant pour thème cette année « Tradition et modernité à travers costumes et coiffures du Pays dogon », les Journées culturelles ont pour but de valoriser le riche patrimoine culturel dogon. L’événement a été marqué par plusieurs activités : chants, danses, exposition d’objets d’art, exhibition de masques, causeries-débats. Le festival a été aussi l’occasion pour la jeune génération de se ressourcer aux riches valeurs culturelles du Pays dogon dont la majorité de la population vit dans la falaise et sur le plateau. La localité attire chaque année des milliers de touristes qui viennent admirer les maisons perchées sur le flanc des collines.
DANS LA COMMUNION. L’origine du peuplement du pays dogon fait l’objet de différentes interprétations. Certains historiens disent que les Dogons de la région auraient quitté l’empire du Ghana au XIè siècle pour éviter l’islamisation forcée lors de l’invasion des Almoravides. D’autres pensent plutôt que les Dogons sont originaires du Mandé et qu’ils auraient migré au XIVè siècle par vagues successives. Ils seraient d’abord regroupés à Kani Bonzon (actuelle commune de Kani Bonzon dans le cercle de Bankass actuel) pour ensuite se disperser dans la falaise et sur le plateau pour y créer plusieurs villages.
Les différents intervenants à la cérémonie d’ouverture ont apprécié l’organisation du festival Ginna Dogon qui donne ainsi l’occasion aux fils du pays dogon de se réunir et de fêter dans la communion. L’édition de Bandiagara avait été précédée par celles de Bankass et de Douentza.
Le maire de Bandiagara, Ousseyni Saye, a salué le travail effectué par la commission d’organisation et le parrain officiel de l’événement, le PDG de Toguna agro-industries. Le président de l’association Ginna Dogon a, quant à lui, salué la présence remarquée du chef de l’État. Mamadou Togo a saisi l’occasion pour signaler que le Pays dogon est aujourd’hui en danger du fait de spéculations foncières, de l’exode rural et du comportement de certains jeunes guides touristiques qui sont devenus de « véritables prédateurs ». Pour remédier à la situation, Mamadou Togo a demandé aux pouvoirs publics de mettre l’accent sur le développement local.
Le ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, a promis l’accompagnement du département qu’il dirige pour la conservation des Journées culturelles dogons. Il a aussi salué l’engagement du président de la République de faire de la culture un pôle de développement économique, un cadre d’échange et de cohésion sociale dans notre pays.
Le défilé des festivaliers, la remise de cadeaux et du tableau du citoyen d’honneur de la ville de Bandiagara au président Amadou Toumani Touré, ont constitué d’autres temps forts de la cérémonie. Après le départ de la délégation présidentielle en début de soirée, la fête a continué au stade municipal et dans les rues désormais éclairées de la ville.