Depuis quelques années, les disc-jockeys (DJ) ou platinistes, occupent une place de plus en plus importante dans la musique malienne. Ils créent une ambiance électrique en faisant danser le public de manière plus intense que les autres genres de musique.
Ce courant venu des Etats-Unis d’Amérique est adopté par de nombreux jeunes artistes comme Dj Sénateur, Dj bamanan, Dj Mapoï et maintenant Issa Samaké dit Dj Mix. Ce dernier caracole de nos jours dans les night club et les stations FM. Il s’est fait connaître en 2008 à travers son premier album intitulé « Bayana » ou la cour des grands. Il s’agit d’un pas de danse traditionnelle Bantou du Congo Brazzaville. La chanson est en linguala. Né en 1982, à Sanan Kourouni dans la Commune de Manacoro, il fréquente l’école fondamentale et le secondaire à Abidjan (Côte d’Ivoire). Dans la fougue de la jeunesse, il abandonne le lycée en classe terminale pour s’adonner à la musique, la danse et l’animation. C’est en ce moment qu’il embrasse le métier de disc- jockey à Abidjan. Plus tard il tente l’aventure du côté de Kinshassa en 2004, une autre place forte de la musique africaine. Pour lui c’était une ville où il pouvait beaucoup apprendre et parfaire son métier. L’animateur s’est mué en artiste. Au lieu de se contenter de sélectionner et passer des disques sur ses platines, il a commencé à mettre de la voix. Il fut aidé en cela par un autre jeune musicien congolais du nom de Junior appartenant au célèbre groupe Wengué musica. Trois ans plus tard, il décide de revenir au bercail. Le disc-jockey ne se contente plus d’enchaîner simplement les morceaux de musique les uns après les autres en fonction des envies des auditeurs. Il modifie ou superpose deux musiques, ou une musique et une version en acappella. Il fait preuve de créativité et d’inventivité. Il utilise des équipements spéciaux ou des ordinateurs pour refondre entièrement le morceau joué. Mieux, il fait aussi comme les « deejay reggae », un artiste vocal au même titre que le chanteur. Son style vocal est un mélange de voix parlée, scandée, chantée à l’image des rappeurs. Pour rester dans les hits-parades et autre programmation des night -clubs, Dj mix a préféré mettre sur le marché une douzaine de singles au lieu de faire un second album. Il s’agit des morceaux Brissa Niagami, Sabu, ou Thiorpilé. Ce dernier est un nouveau « concept » qu’il a lui même imaginé. « Je suis un créateur de concept », se définit-il. Tous les morceaux créés par Issa constituent des mélanges de rythme, son et pas de danse du Mali comme le balafon, la musique des chasseurs, de la Côte d’Ivoire, le zouglou, Bayana de la RDC. Après quelques prestations en live à Bamako et Kati, Dj mix a tourné plusieurs fois dans les zones de Sikasso, Bougouni, Koutiala, Ségou et Kayes. En 2010, il fut invité par la diaspora malienne de Madrid, en Espagne, pour donner deux spectacles. En juin 2011, Dj Mix a participé à une rencontre musicale à Paris en France où il s’est produit à trois reprises.