Cette jeune compatriote est en train de révolutionner la musique africaine en Europe.
La future diva Inna Bocoum, dite Inna Modja, est aujourd’hui la cible privilégiée des studios de radio, des plateaux TV et des grandes salles en France, en Angleterre et en Italie. Elle a même fait une incursion au USA, en été dernier. Elle était invitée par un certain nombre de festival. D’une voix suave, elle chante indifféremment en bambara, français et en anglais. Cette performance linguistique est liée au genre musical qu’elle pratique et qui se situe à cheval sur les sonorités : soul, folk, pop ou funk. La musique d’Inna est bien sûr inspirée par les rythmes africains et maliens. Née en 1984 à Bamako au Mali, d’une famille Peul de sept enfants dont elle est la dernière, Inna Bocoum doit son nom d’artiste au surnom de Inna Modja que lui donne sa mère. Ce qui signifie "Inna n’est pas bien" en Peul. Son père un ancien diplomate malien est successivement muté au Ghana et au Nigéria, où Inna est inscrite dans une chorale. A la maison, son père écoute des artistes comme Ray Charles, Ella Fitzgerald, Otis Redding, Sarah Vaughan. Quant à la maman, elle préfère la musique traditionnelle malienne des vedettes Inna Baba, Tara Boré . Mais dans sa tendre jeunesse Inna est très influencée par ses aînés qui évoluent dans leur période punk trash, des années 1980 et 1990, heavy metal, en passant par le blues, la soul et le disco. Adolescente, elle hésite entre le hard rock et les chansons d’amour mais au final elle veut tout simplement chanter. Elle rend visite un jour à Salif Kéïta qui l’intègre dans le Rail Band de Bamako. Inna fait un break avec la musique pour devenir mannequin à l’âge de 16 ans. Elle travaille avec les plus grandes agences et fait le tour du monde. C’est le chanteur et musicien Habib Koïté qui lui offrira sa première partie. « C’était à l’Akwaba de Bamako. Il m’a aussi offert un Best Of des Beatles en m’expliquant que lorsque j’aurai compris ces musiques (Hey Jude, Eleanor Rigby, Let it be…), je trouverai les moyens de m’exprimer. J’ai écouté les Beatles et beaucoup d’autres choses pour trouver mon chemin au cours de ces dix dernières années », déclare - t - elle dans une célèbre émission de la chaine de T.V. France 2. C’était à l’occasion de la sortie de son premier single « Mr H » extrait de son premier album « Everyday Is a New World » qui voit le jour en octobre 2009. A la rentrée 2010, elle présente son premier single, "Mister H", mélange de folk et soul, qui passe comme une lettre à la poste sur les radios pop. Elle enchaîne avec la reprise de "Life", de Des’ree, qui lui permet de dévoiler son univers au public. Elle sort au même moment son premier opus, "Everyday is a new world", entamant en parallèle une tournée européenne qui s’achève en février 2011. Mais après la pluie vient le beau temps. On retrouve dans For my land, la douceur des débuts folk de la chanteuse, tandis que Big Apple nous entraîne outre-Atlantique pour célébrer le retour du soleil dans les rues de New York. Si elle évolue entre les styles et les ambiances jusqu’à dérouter parfois les mélomanes les plus avertis, on n’en est pas moins charmé par l’aisance dont Inna fait preuve dans (le presque) hip hop Spirit. Le mélomane savoure ici la fameuse "Love Revolution" qui donne son titre à l’album.