Les salles de spectacle existent mais leur statut inapproprié les empêche de peser véritablement dans la promotion artistique
Le Week-end du Palais de la culture Amadou Hampaté Ba n’a pas été que festif. En marge du spectacle, une douzaine de directeurs de salles de spectacle du Mali, du Burkina Faso et du Niger se sont réunis samedi avec un seul point à leur agenda de travail : la diffusion des créations artistiques et culturelle. Il s’agit là de l’un des problèmes majeurs des artistes d’Afrique de l’Ouest. La direction du Palais de la culture Amadou Hampaté Ba a, par conséquent, estimé nécessaire de réunir les directeurs et gestionnaires de salles afin de créer un réseau permettant à un maximum d’amateurs d’apprécier les œuvres d’art. La multiplication des salles à Bamako et la construction d’une salle de spectacles dans toutes les capitales régionales du Mali devait constituer une opportunité pour les créateurs et producteurs de spectacle. La réalité du terrain est tout autre. Ces nouvelles salles sont confrontées à un problème de statut juridique. Elles sont très souvent réquisitionnées par les gouverneurs de région et les présidents des Assemblées régionales et mises gratuitement à la disposition des associations de jeunes et de femmes. Les directions régionales de la culture ne peuvent donc effectuer des programmations dignes de ce nom et réunir les ressources nécessaires à l’entretien de ces grosses structures. L’expérience du Palais de la culture Amadou Hampaté Ba pourrait dessiner un modèle. Établissement public à caractère technologique, scientifique et culturel, il dispose d’une autonomie de gestion et d’une personnalité juridique. À ce titre, sa programmation est endogène. Mieux, il a pour vocation d’encourager la création artistique et culturelle, tout en assurant une large diffusion des œuvres d’art. Près de chez nous, le Centre national d’art, d’audiovisuel et de spectacle (CENASA) du Burkina Faso dispose d’une grande salle de spectacle, de troupes de théâtre, de danse et de musique. Il a aussi des moyens de production audiovisuels lui permettant de réaliser des clips pour des artistes. À la lumière de ces expériences, les participants ont recommandé l’élaboration d’un cadre juridique et réglementaire puis d’un statut propre des espaces culturels et salles de spectacle. Ils ont aussi préconisé la mutualisation des moyens d’actions et l’autonomie de gestion des structures culturelles ; l’intégration des données statistiques dans la stratégie de sensibilisation et de plaidoyer auprès des décideurs politiques et autres institutions, pour une meilleure prise en compte du volet financement du secteur de la culture. Les participants ont jugé impérative la mise en place d’un fonds d’appui à la création artistique et culturelle au plan national et sous régional. Le plan d’action que les participants élaboreront permettra de mettre sur pied un véritable réseau de diffusion.