La première session du conseil d’administration du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) s’est réunie lundi dans les locaux de la structure sous la présidence du ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, et en présence du directeur général du CNCM, Moussa Ouane.
Le ministre a placé cette session sous le signe du cinquantenaire de l’accession de notre pays à l’indépendance. Il a rappelé, à cet effet, que le gouvernement ayant engagé le pays entier dans la commémoration de cet événement, le département de la Culture y prendra toute sa part. Mohamed El Moctar a, par conséquent, invité le CNCM, gardien des précieuses archives de la mémoire audiovisuelle du Mali, à prendre à bras le corps le rôle qui doit être le sien pour marquer la présence de l’action culturelle dans le cadre du cinquantenaire. Il a rappelé que le centre possède dans ses archives plus de 3000 films. Un trésor inestimable d’images sur le parcours de la République et une source abondante de documents rares sinon uniques pour s’informer, apprendre et comprendre les réalités et les péripéties de la vie culturelle politique économique et sociale de notre pays. "Nous avons le devoir de partager cette riche réserve documentaire avec nos concitoyens", a indiqué Mohamed El Moctar. Il a par conséquent demandé au centre d’exhumer de ses caves ce patrimoine d’une grande valeur historique et d’une portée éducative et pédagogique évidente à l’occasion de la fête des 50 ans de notre pays et au profit du grand public. Cette rétrospective, a jugé le ministre, peut éclairer l’avenir. Face aux dérives de notre temps - la force de l’argent, l’insécurité accrue, les trafics en tout genre - la culture, notamment le cinéma, peut jouer un rôle salvateur dans la construction de l’individu en faisant appel à ce qu’il a de plus noble et de plus intime comme l’imagination et la créativité, la sensibilité, le sens critique ainsi que le regard sur le monde. L’enjeu du cinéma dans notre pays va au-delà de la problématique financière, a reconnu le ministre. Le 7è Art a, de son point de vue, besoin d’être soutenu dans sa vocation d’instrument de promotion socio-économique et culturelle. Le directeur général du CNCM, Moussa Ouane, a abondé dans le même sens en souhaitant que le cinéma malien soit structuré, organisé et soutenu pour faire face aux défis qui lui sont assignés. Le directeur a confirmé qu’une rétrospective du cinéma malien de 1960 à nos jours sera projetée dans le cadre de la célébration du cinquantenaire. Grâce aux efforts du gouvernement et des partenaires, a-t-il souligné, le centre a pu produire au cours d’une année, deux long-métrages. Ces deux productions - "Samagnanabassi" et "La toile d’araignée" - seront présentées au Fespaco en 2011. Signalons que les prévisions sont faites en fonction du budget 2009, des activités programmées en 2010 et de l’enveloppe budgétaire allouée par le budget d’État. Elles se chiffrent à 709,59 millions de Fcfa. Le concours des partenaires, les dons et subventions autres que celle de l’État pour cette année sont estimées à 149,5 millions de Fcfa. Au cours de leur session les administrateurs ont procédé à la lecture et l’adoption du procès verbal de la précédente session. Ils ont également vérifié l’exécution des recommandations de la session précédente, examiné le rapport d’activités de 2009 et l’exécution du budget sur la même période ainsi que le projet du budget 2010. Les administrateurs ont également étudié avec soin la situation du cinéma dans notre pays et son avenir.