CULTURE

PostHeaderIcon 8è Festival sur le Niger : ON COGITE ET ON S’ECLATE A SEBOUGOU

Le Centre culturel Kôrè qui a ouvert ses portes dans la commune rurale de Sébougou seulement l’an dernier, est devenu cette année un important site du Festival sur le Niger.

8è Festival sur le Niger : ON COGITE ET ON S’ECLATE A SEBOUGOU

Tous les jours, le Centre et ses environs ont fait le plein. Des festivaliers y affluent en autos, à moto ou à pied. Ils grossissent la foule des habitants des dix villages de la commune pour participer aux différents colloques, visiter l’exposition du musée ou assister aux spectacles proposés par les organisateurs du festival. Ce rendez-vous annuel est devenue une vaste opération de brassage de cultures et d’animation de la vie culturelle de cette partie de la ville de Ségou. Mamou Daffé, le directeur du festival, estime qu’il était de son devoir de s’assurer que ces habitants profitent également de la fête. L’autre intérêt étant la diversification des pôles d’attraction de la manifestation. Le Kôrè est l’ultime étape de l’initiation en milieu bambara. Le centre dont le nom s’inspire de ce rite initiatique a abrité un colloque international sur le thème de la « Création et du changement ». Son musée accueille une exposition intitulée « Costumes et parures de la musique et de la danse du Bélédougou ». Quant à la scène installée dans le Centre culturel Kôrè, elle porte le nom de Tara Boré, la célèbre cantatrice décédée dans les années 1970. Celle-ci louait les valeurs culturelles de la société bambara, la loyauté la bravoure et l’humilité. Les Kôrèdougaw avec buru, Faty Niamé Kouyaté, Ya Kouyaté, Mamou Thiéro, Nafi Diabaté, Ismaël Wonder et Kar Kar pour la musique ont enflammé cette scène. Des spectacles de théâtre comme le « one man show » de Guimba National intitulé « 52 », « le développement à cœur ouvert » de Adama Traoré, avec une mise en scène de Ousmane Sow ; les chorégraphies « Ti Chelbé » de Kettly Noël et « Kuma kan guèlen » de Annani Sanovie y ont été magistralement présentés. « Que des cantatrices à la mode que les habitants de Sébougou ne voient qu’à la télévision et qui paraissaient inaccessibles arrivent chez nous est une chance extraordinaire », témoigne une femme qui a beaucoup apprécié les pièces de théâtre et les comédiens comme Guimba National, Fily Traoré qui ont accru la popularité de cette 8è édition du Festival sur le Niger. Le professeur de littérature africaine à l’Université d’Atlanta aux USA, Chérif Kéïta, y vient régulièrement avec une vingtaine d’étudiants. Ces derniers apprécient particulièrement les spectacles du Centre culturel Kôrè du fait de leur caractère populaire qui permet un véritable brassage avec les Ségoviens et amène une vision de la musique et du théâtre maliens plus fraîche et plus variée.