CULTURE

PostHeaderIcon 4è édition du Fescauri : LA FETE DES CAURIS

Elle célèbre le fameux coquillage pour mieux préserver l’héritage culturel et traditionnel

4è  édition du Fescauri : LA FETE DES CAURIS

Hier monnaie d’échange, aujourd’hui accessoire de beauté ou élément essentiel de certains rites, le cauris a été célébré le week-end dernier (3-5 décembre), dans la commune rurale de Siby (à 50 km au sud de Bamako) à la faveur de la quatrième édition du festival du cauris, organisée dans cette localité par l’agence de communication Cory consult. La cérémonie d’ouverture de ce festival était présidée par le ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, et s’est déroulée en présence de son homologue de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Maiga Sina Damba, et du directeur du festival, Mandjou Tangara. La manifestation qui ambitionne de promouvoir le cauris en tant que forme d’expression culturelle, a su mobiliser les Mandékas venus nombreux. Le promoteur de la rencontre, Mandjou Tangara, a jugé que ce festival qui a regroupé plus d’une centaine de participants au cœur du Mandé, participe de l’esprit de la déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle. Le menu mêlait cette année 3 plateaux artistiques, des animations folkloriques, des visites touristiques, une série de conférence sur le cauri, une exposition vente, un défilé de mode traditionnelle et de coiffure de l’actrice et styliste sénégalo-maliano-guinéenne, Fatou Bintou Diallo, des visites de sites touristiques du Mandé et des concerts animés par des artistes maliens. Evoquant l’origine des cauris, les organisateurs ont expliqué que ces coquillages de forme ovoïdale, d’abord importés puis domestiqués chez nous, ont notamment servi de monnaie dans les transactions commerciales avant d’être utilisés comme parures, décorations et objets de divination par certaines ethnies. Coquillage des mers chaudes, le cauris a fait son apparition, selon les organisateurs, dans le septentrion malien entre le 9è et le 10è siècle par le biais de commerçants arabes. 3000 ans avant Jésus Christ, il est déjà utilisé par les habitants des îles indo-pakistanaises. Le cauris est devenu, pour les navigateurs portugais et espagnols, une monnaie d’échange dans l’acquisition des esclaves, ont souligné les organisateurs. Le cauris est également la source d’un savoir que détenaient autrefois les veilles femmes et des hommes de castes. A partir d’un certain nombre (12 ou 13) de cauris jetés sur une natte ou une vanne en paille, ces femmes sont capables de prédire l’avenir, d’éviter une catastrophe financière ou encore de révéler à l’avance le sexe de votre enfant. Certains, plus experts, prescrivent des sacrifices à faire par le village afin d’éviter un malheur. Le festival étant aussi destiné à préserver l’héritage culturel et traditionnel, les organisateurs ont intégré un défilé de mode et une exposition de produits superbement décorés de cauris. Le moment le plus captivant du festival a, sans doute, été la visite du site touristique de l’Arche de Kamadjan, situé à quelques kilomètres du village. La légende raconte que Kamadjan, général de Soundiata Keita, a traversé la montagne avec son arche tandis que l’armée dirigée par Soundiata était poursuivie par celle de Soumangourou Kanté. En réalité, c’est une arche naturelle, massive, visible à des kilomètres, en haut d’une falaise. Les festivaliers ont escaladé la montagne pour parvenir au site. Alentours, la roche est travaillée par l’eau, en piliers géants, marmites profondes, grottes. Un paysage spectaculaire au sens propre comme au figuré. Mandjou Tangara a expliqué que son festival s’est imposé dans le Mandé au fil des années pour promouvoir la paix, l’intégration et l’échange culturel entre les communautés et sensibiliser les festivaliers sur la promotion des sites touristiques du Mandé. Il a aussi rappelé que le festival a enregistré des résultats encourageants comme la création d’emplois temporaires et permanents, la promotion de la culture par l’intégration et la sensibilisation des festivaliers sur les MST et le VIH/SIDA. La cérémonie a été clôturée par une représentation donnée par des artistes comme Kassé Mady, Fousséni Facoly, Mandé Coulou, Sina Sinayogo, Koko Dembélé et Saramba Kouyaté.