vendredi 15 décembre 2017

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Croissance en Afrique : UN REBOND AVEC RALENTISSEMENT

La Banque mondiale a organisé, mercredi dernier, une séance échanges sur la 15è édition d’Africa’s Pulse. La séance, par vidéoconférence avec Washington, était destinée aux journalistes spécialistes des questions économiques. Elle a eu lieu dans les locaux de la Banque mondiale à Hamdallaye ACI 2000.

Africa’s Pulse est une publication semestrielle du Groupe de la Banque mondiale qui analyse les tendances et les développements économiques récents de l’Afrique subsaharienne. Produite par le Bureau de l’Economiste en chef de la région Afrique, Africa’s Pulse est la publication phare de la Banque mondiale dédiée à l’analyse des défis économiques de la région.

C’est à 10 heures 00 mn, heure de Washington et 14 heures au Mali, qu’Albert Zeufack, Economiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique, a animé la vidéoconférence, en présence de l’auteur du rapport, Punam Chuhan-Pole, Economiste principale de la Banque mondiale pour l’Afrique et de l’Economiste principal de la Banque mondiale au Mali, Arsène Richmond Kaho. Une dizaine de journalistes des organes publics et privés étaient à ce rendez-vous semestriel.

Le conférencier, M. Zeufack, a estimé que la croissance économique en Afrique subsaharienne est en train de rebondir en 2017  après avoir enregistré, en 2016, son niveau le plus bas depuis plus de deux décennies. Il a indiqué que ce sont là, les conclusions de la nouvelle édition d’Africa’s Pulse, un rapport semestriel de la Banque mondiale.

En outre, plusieurs pays exportateurs de pétrole de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont confrontés à des difficultés économiques, a indiqué l’Economiste en chef de la Banque mondiale pour la région. « Le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Angola, les principales économies du continent, enregistrent un rebond, après le ralentissement brutal de 2016. Mais ce redressement est lent en raison d’un ajustement insuffisant par rapport à la baisse des prix des matières premières et à l’incertitude des politiques », a expliqué le conférencier.

Il a poursuivi que, selon les dernières données, sept pays (Côte d’Ivoire, Ethiopie, Kenya, Mali, Rwanda, Sénégal et Tanzanie) continuent de montrer une résilience économique, aidés en cela par la demande intérieure. Ces pays ont affiché des taux de croissance annuels supérieurs à 5,4%, entre 2015 et 2017. Ils concentrent près de 27% de la population de la région et représentent 13% de son Produit intérieur brut (PIB) total.

Il a ajouté que les perspectives économiques mondiales s’améliorent et devraient favoriser la reprise dans la région. Albert Zeufack a révélé que dans le rapport Africa’s Pulse, la croissance globale du continent devrait passer à 3, 2% en 2018 et à 3,5% en 2019 et reflète la reprise dans les principales puissances économiques. Il a expliqué que la croissance demeurera atone dans les pays exportateurs de pétrole, alors qu’elle devrait repartir modestement dans les pays exportateurs de métaux. La croissance du PIB dans les pays dont les économies sont moins tributaires des matières premières, devrait rester forte, soutenue par les investissements dans les infrastructures, des secteurs de services résilients et le redressement de la production agricole.

L’Economiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique a fait constater que, dans l’ensemble, le rapport appelle à la mise en œuvre urgente de réformes visant à améliorer les institutions qui promeuvent la croissance du secteur privé, à développer les marchés financiers locaux, les infrastructures et à renforcer la mobilisation des ressources intérieures. « Nous devons mettre en œuvre des réformes qui augmentent la productivité des travailleurs africains et créer un environnement macroéconomique stable», a conclu Albert Zeufack.

L’Economiste principal de la Banque mondiale pour le Mali, Arsène Richmond Kaho, a indiqué que l’espoir est permis parce que, selon lui, en 2017, avec la hausse des matières des cours des matières premières, les économies devraient connaître une certaine retombée de leurs activités. Ce qui entrainera, de manière générale, une amélioration de la  situation économique de la région.

Dans le rapport présenté par l’Economiste en chef, un accent a été mis sur la gestion des infrastructures de manière à résorber le déficit d’infrastructures en Afrique par apport au reste du monde, particulièrement les pays émergents, a répété Arsène Richmond Kaho. Il a estimé ce déficit, en moyenne, à 48 milliards de dollars d’investissements à réaliser pour que l’Afrique puisse combler son retard par apport aux pays avancés.

Selon l’Economiste principal de la Banque mondiale pour le Mali, le point essentiel à retenir dans ce rapport est qu’il ne s’agit pas seulement d’investir en volume mais de s’assurer que les investissements sont réalisés dans le cadre d’un processus qui garantit une qualité optimale de ces investissements débouchant sur un rendement plus élevé.

Abdourhamane TOURE

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