mardi 12 décembre 2017

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Croissance économique au Mali : LA DIVERSIFICATION EST UN CATALYSEUR

Notre pays dispose des potentiels et des opportunités énormes pour entrer dans l’ère industrielle

L’importation massive des produits commerciaux, alimentaires et autres entrave la création de richesses et d’emplois. C’est le cas au Mali. La transformation sur le territoire national des produits agricoles et miniers est considérée par certains économistes comme  un facteur indispensable.
Elle est source de progrès social. Elle aide tout pays à amorcer une croissance économique soutenue et durable. La diversification économique, estiment ces experts, limite les importations. Elle renforce les capacités locales de création de richesses et d’emplois au profit de la main-d’œuvre locale par la transformation ou la valorisation des productions nationales. Quel doit être le rôle de l’Etat du Mali dans la concrétisation de ces volontés ?
Le rôle du gouvernement dans cette marche des nations vers le progrès est de sauter les goulots d’étranglement. Ces bouchons obstruent l’approvisionnement quantitatif et qualitatif des entreprises en matières premières utiles à la transformation, soutient Konimba Sidibé, le ministre de la promotion du secteur privé et de l’investissement. Il a développé cette thèse en répondant à des questions  posées au cours du débat sur « la diversification économique pour soutenir la croissance en Afrique ». Cette réunion d’experts s’est tenue le 13 janvier dernier dans le cadre du forum économique de Bamako.
Pour illustrer ses propos, le ministre Konimba Sidibé a conté l’histoire d’un jeune opérateur économique malien évoluant dans le commerce de poulet de chair. Il plume des coqs avant de les vendre. Cet entrepreneur a commencé son business avec dix poulets.  Aujourd’hui son carnet de commandes affiche deux millions de tonnes de poulets de chair par jour. Le talentueux opérateur économique, rapporte le ministre Sidibé, peine à trouver la quantité de poulets nécessaire pour faire tourner son affaire à plein régime. Il a plaidé sans succès auprès du ministre du secteur privé pour l’obtention d’une autorisation d’importation de poulets.
Le ministre a pourtant l’obligation de soutenir cet entrepreneur ainsi que tous ceux qui expriment de tels besoins. Pour l’appuyer, le patron du département chargé de la promotion de l’investissement a facilité l’implantation à Bamako d’un projet avicole bien structuré que lui a présenté le groupe SEDIMA (Sénégalaise de distribution de matériels avicoles), leader sénégalais de l’aviculture. La réalisation de ce projet comblerait à coup sûr le déficit de notre vendeur de poulets.  Le Mali dispose des potentiels et des opportunités énormes qu’il faut transformer pour soutenir la croissance démographique dont le taux annuel est de 3,6%, l’un des plus élevés au monde. L’émergence économique de la classe moyenne a bouleversé les habitudes alimentaires et de consommation de biens dans notre pays.

Un investissement de 8 milliards de Fcfa. La directrice générale de SEDIMA Group, Mme Anta Ngom Bathily, dévoile les ambitions de son entreprise pour le Mali. « Notre projet de Bamako sera opérationnel d’ici à huit mois. Il consiste à produire des poussins d’un jour, de l’aliment volaille, des œufs de consommation. Nous allons créer toute une filière avicole au Mali », assure la patronne de cette entreprise familiale. Elle a révélé que l’implantation de son groupe au Mali a mobilisé un investissement total de 8 milliards de Fcfa. «Le financement a été bouclé grâce à l’appui des banques locales comme la BNDA que je félicite pour la diligence. Toutes les machines nécessaires à l’implantation de la filière  sont déjà arrivées à Bamako », s’est réjouie Mme Anta Ngom Bathily, femme d’affaires âgée de 32 ans, sacrée lauréate du prix « Business in Africa » du  Mouvement des entrprises de France (MEDEF). Ce trophée lui a été remis lors du forum économique de Bamako.
La directrice générale de SEDIMA expliquera que cet investissement cadre avec les orientations de son groupe. Il s’agit de participer activement au développement de ce secteur stratégique  dans la sous-région. L’ambition est  d’accompagner l’émergence économique de l’Afrique. Elle témoignera que le groupe SEDIMA travaille, depuis des années, à renforcer sa présence sur le plan international. L’étape malienne est un cap à franchir dans la réalisation de l’ambition d’entrée en bourse que le groupe SEDIMA prépare activement, selon sa directrice générale.
Elle rappelle à l’intention des jeunes entrepreneurs que le secret de l’ entrepreneuriat est de croire en soi, en son projet et demeurer persévérant, persuasif lors des phases de recherche de financement. Car, « entreprendre en Afrique est un parcours du combattant.
Les écueils sont plus nombreux en Afrique quand on veut  investir que sur un autre continent », soutient-t-elle. Mme Anta Ngom Bathily, ajoute que des efforts énormes restent à faire afin de faciliter l’accès au financement pour les jeunes, aux terres pour les agriculteurs. Il faut réduire le coût de l’énergie,  des taxes multiples et exorbitantes que supportent les entreprises africaines.
Ces handicaps biaisent le jeu de la concurrence, de la compétitivité et de la viabilité de nos entreprises face aux produits importés des pays industriels. Les entreprises de ces pays bénéficient des soutiens nécessaires à leur épanouissement et à la compétitivité de leurs productions.

C. M. TRAORE

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