mardi 21 novembre 2017

Header ad
Header ad

COP23 de Bonn : LE MALI EXPOSE SES EFFORTS DANS LA GESTION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Kéita Aïda M’Bo visitant le stand du Mali

La 23è conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP23) a démarré le 6 novembre dernier dans la ville allemande de Bonn. Cette édition 2017 est placée sous la présidence des îles Fiji. Elle enregistre la présence de plus 170 délégations des pays membres de l’ONU, dont le Mali. A l’avant-garde du combat depuis le commencement, notre pays marque sa présence par un imposant stand sur le site des expositions appelé «Bonn zone». Il est composé d’une grande salle de conférence, d’un bureau de travail pour les délégués et d’une salle de dégraissage. Un bureau d’accueil à l’entrée du stand est orné d’outils et d’objets d’arts qui symbolisent la culture malienne.
C’est dans ce décor que se déroulent les travaux d’exposition et de communication des différents membres de la délégation, composés de représentants des services techniques du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, des Institutions de la république (Assemblée nationale, Conseil économique social et culturel, Haut conseil des collectivités territoriales) et des organisations de la société civile.
En effet, la journée du vendredi 10 a été marquée par plusieurs présentations, dont celle de l’Agence nationale de développement des biocarburants (ANADEB). Madani Diallo, représentant de l’Agence à la conférence, a présenté les différentes réalisations de notre pays à travers sa structure en matière de promotions des biocarburants devant un public conquis. Selon lui, notre pays peut bien réussir sa transition énergétique, grâce au grand potentiel, dont il dispose dans le domaine des biocarburants (pourghère, éthanol et biomasse). Il a ensuite détaillé les différents projets en expérimentation dans certaines localités du Mali qui sont aujourd’hui autonomes grâce aux technologies développées par sa structure dans le domaine de la bioénergie.
A sa suite, le coordinateur du Programme régional d’aménagement intégré du massif du Fouta Djallon, Toumani Dembélé, à travers une projection, a présenté les objectifs de son Programme, les activités menées au Mali, les leçons apprises au niveau national et régional, les difficultés rencontrées et les perspectives. Le massif du Fouta Djallon (MFD) est constitué d’un ensemble de hauts plateaux situés à une altitude comprise entre 500 et 1 500 mètres au centre de la République de Guinée. Le massif lui-même, considéré comme «zone centrale» dans le cadre du présent projet, ses contreforts et d’autres éléments de la topographie s’étendent sur quatre pays limitrophes (la Guinée-Bissau, le Mali, le Sénégal et la Sierra Leone). Plus de 8.000 sources alimentent un dense réseau de 15 fleuves et rivières, dont six grands fleuves internationaux particulièrement importants en Afrique de l’Ouest (le Niger, le Sénégal, la Gambie, Mano river, le Kaba, le Kolenté et le Koliba). Ces cours d’eau, dont 70 % proviennent du massif, constituent les principales sources d’eaux internationales de la sous-région.
Le massif du Fouta Djallon est considéré comme le « château d’eau » de l’Afrique de l’Ouest. Il est également l’une des principales sources de réalimentation des eaux souterraines de la sous-région qui sont essentielles dans la réponse aux besoins domestiques et agricoles des populations non riveraines des fleuves et rivières, dont les six grands fleuves cités. Du fait de la variété de ses écosystèmes, le massif du Fouta Djallon abrite également une riche diversité biologique ainsi qu’une flore et une faune abondante. Rien qu’en Guinée, plus de 3000 espèces végétales ont été répertoriées. Sur les 3200 espèces animales recensées dans le pays, 1529 vertébrés ont été dénombrés. La richesse de la faune s’illustre également par le grand nombre de mammifères vertébrés (260 en Guinée et 136 au Mali), d’oiseaux (518) et des vertébrés aquatiques, dont 110 espèces dans le fleuve Niger.
L’objectif de développement du projet, d’une durée de 10 ans, est d’assurer la conservation et la gestion durable des ressources naturelles du MFD sur le moyen et long termes (2025) en vue de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations rurales directement ou indirectement tributaires du massif. L’objectif environnemental est d’atténuer les causes et les incidences négatives de la dégradation des terres sur l’intégrité structurelle et fonctionnelle de l’écosystème du Fouta Djallon. Cela en établissant un cadre juridique et institutionnel régional et en renforçant les capacités institutionnelles susceptibles de favoriser la collaboration régionale dans les domaines liés à l’aménagement du massif, à l’évaluation de l’état des ressources naturelles et à l’élaboration de modèles durables et transposables de gestion communautaire des terres.
En terme de réalisations au Mali, le Programme a mené des activités de sensibilisation et d’information à travers les films documentaires sur l’importance du massif du Fouta Djallon, des émissions radiodiffusées. Il a mis en place le Comité national de coordination technique, des comités locaux et des comités villageois d’appui au projet. Le Programme a procédé à la délimitation et la clôture grillagée d’un périmètre d’1 hectare servant de maraîchage et de production de plants dans chacun des cinq sites. 5 cinq puits à grand diamètre dans chaque périmètre, la construction d’un bâtiment clôturé sur une superficie d’un ¼ d’hectare servant de bureau au Comité local d’appui au projet à Kéniéba ont été réalisés. Ce bureau est équipé, électrifié avec adduction d’eau. Deux forages d’une profondeur de 70 mètres équipés de panneaux solaires ont été réalisés dans les sites pilotes du projet. Les 5 sites du projet que sont Narena, Linguekoto, Diallafara, Faraba et Sagalo, ont été dotés de groupes électrogènes.
Malgré ces actions, le projet est confronté à un problème de déboisement qui se poursuit. Les processus d’érosion des sols s’intensifient, le débit des cours d’eau baisse et le nombre d’espèces animales et végétales menacées augmente. Les ressources mobilisées sont encore trop limitées aussi bien en durée qu’en quantité, souligne Toumani Dembelé. Selon lui, les méthodes de mise en œuvre restent partielles et ignorent les causes profondes de la dégradation et la nécessité de rechercher des solutions communes.
En perspectives, le projet prévoit le reboisement de 7,5 hectares dans la zone de Kéniéba, 2,5 hectares à Narena et 4 hectares pour l’ensemble des têtes de sources. Il prévoit l’approvisionnement en fertilisant liquide pour la croissance des plants maraîchers et de d’insecticides pour la lutte contre les fontes de semis et insectes nuisibles, l’implantation d’une unité de conditionnement du miel et de l’extraction de la cire et la construction d’un magasin de conservation et de vente du miel et de la cire à Kéniéba.
Ces progrès réalisés par notre pays dans le domaine de la protection de l’environnement, la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, illustrent l’engagement de notre pays dans la lutte contre les changements climatiques, déclare le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Kéita Aïda M’Bo, lors de sa visite dans le stand du Mali. En compagnie du représentant du Conseil économique, social et culturel, Amadou Sanoussi Dafé, elle a salué l’engagement de tous les acteurs du développement durable au Mali, à travers leur présence massive à cette conférence mondiale sur le climat et leur expertise au service de la recherche de solutions aux problèmes posés. Les travaux se poursuivent avec des évènements parallèles (Side event) auxquels participent la délégation et les exposés communications dans le stand du Mali, où une journée est consacrée à notre pays ce lundi.

Envoyé spécial
Cheick A. DIA

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *