CHRONIQUE

PostHeaderIcon Touba, UN GRAND ARBRE DU PARADIS

Fondée vers 1851, la ville de Touba est située à 140 km au Nord-est de Bamako dans la préfecture de Banamba. Avec un climat de type soudano-sahélien la ville de Touba couvre environ une superficie de 582 km2 pour une population estimée à environ 26 285 habitants. Composée majoritairement de Soninké, son économie est basée traditionnellement sur l’agriculture, l’élevage et le commerce ... Les fondateurs de Touba sont des Soninké originaires de Diara. Parmi eux on note les Sylla, les Tandia et les Tirera. Ces Soninké ou Maraka ont quitté Diara pour venir à l’emplacement actuel de Touba en passant par Koréré, Dina, Tchapato, Demba Sala, Kidia, Navélina, Mourdiah et Toubakoro Sébété. Une fois ces populations installées dans leur nouveau site, le village a été dénommé « Touba » qui est le nom d’un grand arbre du Paradis. Ladji Mariam Sylla a été le premier chef de village de Touba. De la fondation de Touba à nos jours, vingt-deux autres chefs se sont succédés à la chefferie du village après Ladji Mariam Sylla. Selon nos informations Touba a été le chef-lieu d’un canton comprenant sept villages dont quatre Soninké (Banamba, Kiban, Touba, Kérouanè) et trois villages bamanan (Kawèrèla, Kolobo, Boua­dougou). A la pénétration coloniale ces villages avaient signé entre eux, dans une vraie alliance, un pacte de non agression. Ils ont formé une seule armée pour se battre contre les Français. Cette alliance donnera le nom « Dougouwolonwila » signifiant en langue bamanan « sept villages » d’abord au canton et ensuite à l’actuelle commune de Touba. Aussi devrons-nous rappeler qu’avant 1900, un cadi rendait justice tous les vendredis selon la loi musulmane dans cette cité religieuse. C’est vers les années 1900 que l’administration coloniale transféra cela à Banamba. Aujourd’hui, Touba est un chef-lieu d’arrondissement doté d’une université islamique. Ses mosquées, au nombre de neuf, dénotent l’importance que les habitants accordent à l’Islam. Plusieurs imams ont assuré l’imamat à Touba. Le premier fut Mahamadou dit Almamy Tirera pendant 30 ans et le dernier, l’actuel grand imam est Karamoko Demba Sylla. Enfin, la croissance de la ville, liée au développement du commerce, de l’artisanat et l’apport de ses ressortissants qui vont travailler partout dans le monde, se lit dans sa démographie galopante. On retiendra ensuite que la prospérité de Touba la religieuse est sans conteste.

Touba, UN GRAND ARBRE DU PARADIS