Le Tarik Es-Soudan, Djibril T. Niane et Ali Ould Sidi nous ont laissé des récits fort éloquents sur l’héritage culturel de Tombouctou. Cet héritage, riche et variée fut le témoignage tangible de l’Histoire et de la renommée de Tombouctou à travers les âges.
Il s’agit d’un patrimoine culturel matériel et immatériel comportant les sites et les monuments, les lieux de culte et de mémoire, les pratiques culturelles et artistiques d’une ville qui, des siècles durant, a évolué tout en attirant et fascinant des voyageurs et des commerçants venant de tous les coins de monde. Ici, on pourrait certainement parler de quelques éléments significatifs de cet héritage. Auparavant, il est important de rappeler que Tombouctou doit sa célébrité à ses marchés, ses routes, ses mosquées, ses portes, ses mythes et légendes, son architecture et ses places historiques. C’est donc parmi ces éléments que nous parlerons des marchés qui firent le prestige et la grandeur de la mystérieuse cité des 333 saints. Aussi, faut-il ajouter que Tombouctou doit sa renommée au commerce favorisé par sa situation géographique « juste à l’intersection de la voie d’eau du Niger et des pistes sahéliennes menant de l’Aouker à la Boucle ». C’est surtout sans l’empire Songhoy que le négoce devient prospère. Askia Mohamed fit de Tombouctou sa deuxième capitale. Elle supplanta très tôt Gao pour être le grand marché centralisant les échanges entre le nord et le sud entre le Maghreb et le Soudant méridional. Elle le retira à Birou, un grand centre de trafic de Oualata, le monopôle commercial drainant vers elle les Soninké marchants de nature et entre autres les commerçants de l’Egypte, du Fezzan, de Ghadamès, du Touat, de Dia, du Tafilet, de Fez, de Souss, établis à Oualata. « On notera également que chaque année, la ville de Tombouctou connaissait une animation particulière avec l’arrivée de l’ « Asalaï », la caravane de sel de plusieurs milliers de chameaux amenant le sel de Taoudéni ». Alors pour répondre à ces besoins commerciaux, de nombreux marché poussèrent à travers la cité dont les plus importants sont le Yoban Kaïna ou petit marché (le premier de la ville situé entre Badjindé et Sankoré, était devenu exigu) et le grand marché (situé à Banga-Djinde fut un lieu de rencontre et d’échange entre les caravaniers du nord et les commerçants de l’Afrique au Sud du Sahara). De nos jours seul le grand marché existe sur lequel débouchent des rues spécialisées telles celles des artisans, des cordonniers. A ses heures de prospérité, Tombouctou renfermait toutes les catégories professionnelles regroupées par les spécialités. Ould Sidi rapporte que le bâtiment principal a été construit en 1950, puis démoli et rénové successivement en 1966 en en 2003. La structure a été consolidée par un revêtement en pierre calcaire pour intégrer l’architecture locale.