CHRONIQUE

PostHeaderIcon Sénégal : LA FRANCE « ATTENTIVE AU BON DÉROULEMENT » DU PROCESSUS ÉLECTORAL

L’ambassadeur de France à Dakar, Nicolas Normand, a affirmé hier que la France était "extrêmement attentive au bon déroulement du processus électoral" au Sénégal et avait "certaines craintes" à l’approche de l’élection présidentielle de février.

Sénégal : LA FRANCE « ATTENTIVE AU BON DÉROULEMENT » DU PROCESSUS ÉLECTORAL

La France et l’Union européenne (UE) souhaitent que l’élection "se déroule dans un climat serein", a déclaré Normand lors d’un entretien accordé à la radio privée sénégalaise Futurs media (RFM). Il a rappelé qu’un "très grand nombre" d’observateurs de l’UE devait arriver au Sénégal fin janvier, un mois avant le premier tour de la présidentielle fixé au 26 février. "C’est la première fois qu’une telle mission arrive" dans ce pays considéré, a-t-il souligné. Selon lui, une mission de cette importance "n’arrive pas quand il n’y a pas de risques", mais "quand la situation est tendue, elle présente des risques de violences". "Il y en a déjà eu", a noté l’ambassadeur français, affirmant qu’il "faut faire très attention à ne pas s’écarter des règles démocratiques qui ont fait le modèle du Sénégal". Des violences politiques entre partisans du président Abdoulaye Wade et de l’opposition ont eu lieu le 22 décembre à Dakar, au cours desquelles un homme présenté comme un "nervi" du pouvoir a été tué par balle, trois autres blessés. Un maire socialiste, Barthélémy Dias, soupçonné d’être l’auteur du coup de feu mortel, a été inculpé "d’homicide volontaire" et emprisonné, de même qu’un de ses gardes du corps, accusé "de complicité de meurtre". Barthélémy Dias a affirmé avoir tiré en état de "légitime défense" au moment de l’attaque de sa mairie d’un quartier de Dakar par des hommes armés. Un garde du corps du président Wade, ainsi qu’un ex-garde du corps d’un dirigeant du parti au pouvoir, soupçonnés d’avoir été impliqués dans ces violences, ont été brièvement incarcérés vendredi, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire. Le président Wade, 85 ans, élu en 2000 et réélu en 2007, brigue un nouveau mandat, mais sa candidature est jugée anticonstitutionnelle par l’opposition et la société civile. Youssou Ndour, candidat à la présidentielle, a demandé aux dirigeants du monde de dire "clairement" au président Wade de partir. Le Conseil constitutionnel décidera fin janvier qui de la vingtaine de candidats annoncés peut se présenter et sa décision concernant la validité de la candidature de Wade fait craindre de nouvelles violences. Normand a rappelé que la France "n’a pas de candidat" et n’avait pas à se prononcer sur la validité de la candidature de tel ou tel. "C’est aux Sénégalais de décider", a-t-il dit. L’ambassadeur a démenti des rumeurs circulant à Dakar sur une recommandation qui aurait été faite au Français de quitter le Sénégal pendant la période électorale et sur une fermeture du lycée français de la ville pendant plusieurs semaines. "Pour l’instant il n’y a pas lieu de s’alarmer", a-t-il affirmé.