La tentation existe – plus ou moins forte – de sous-estimer 2009 pour présenter cet exercice, uniquement comme une transition vers 2010, la « grande » année du Cinquantenaire. 2009 vaut cependant beaucoup mieux que l’étiquette d’année–antichambre qu’une simplification hâtive pourrait lui accoler.
Par quoi l’année écoulée se distinguera-t-elle dans les annales ? D’abord par son caractère électoral. Non tant parce que les municipales du 26 avril consacrent une décentralisation désormais installée dans les têtes (elle a quand même dix ans comme l’a utilement rappelé et disséqué l’Essor spécial 22 septembre 2009) mais parce que ce scrutin est la dernière revue majeure des forces politiques avant les élections législatives et présidentielles de 2012. La jauge, telle que fixée par l’élection municipale, va servir de référentiel pour les importantissimes rendez-vous futurs car elle répond à la question qui hante tous les états-majors et analystes : qui vaut combien sur le terrain. En terme d’électeurs, bien entendu. Et même si plus de deux ans nous séparent encore des élections générales et que la configuration politique de 2012 reste très largement dans les limbes, on sait d’ores et déjà qu’il faudra fortement compter avec le podium vainqueur des municipales, avec dans l’ordre et pas mal de nuances dans l’interprétation : Adema, URD, RPM. A propos de vainqueurs, il y en a beaucoup d’autres qui vont aider plus efficacement 2009 à entrer dans l’histoire, sportive celle là. D’abord le Stade malien de Bamako, porte-drapeau d’un sport-roi sans couronne continentale jusqu’alors. Malédiction, avaient fini par se convaincre de plus en plus de supporters du football. La malédiction, s’il y en eut, est désormais conjurée avec le sacre en coupe CAF des Blancs au terme, néanmoins, d’un sacré suspense. La joie n’en a été que plus grande pour un titre qui a parachevé une année généreuse en satisfactions dans le domaine sportif : une autre Coupe d’Afrique, celle là pour les basketteuses de moins de 16 ans, un titre de champion du monde de taekwondo, le deuxième, pour Daba Modibo Keïta, des places d’honneur pour d’autres arts martiaux, l’E.N masculine de basket-ball ou des athlètes. On se rappellera de 2009 pour tout cela et peut être un peu plus pour l’affaire du code des personnes et de la famille. Le texte qui se veut moderne a été renvoyé en seconde lecture à l’Assemblée nationale qui l’avait pourtant largement approuvé lors d’un premier passage. Mais voilà, entre-temps, le Haut conseil islamique avait mobilisé le ban et l’arrière-ban de ses ouailles contre quelques articles. A revoir donc en 2010 comme tous ces chantiers lancés en 2009 pour des ouvrages ou monuments appelés à être inaugurés pour le cinquantenaire : 3è pont de Bamako, échangeur multiple, hôpital du Mali... 2010, justement on y est, face à un mirobolant programme d’activités. De quoi éclipser et faire oublier 2009 ? Une bonne raison de sacrifier à une petite révision de l’année écoulée avant le grand plongeon dans le maelström promis.