Le "Doubi" ou le retour des animaux de la transhumance est un art lié à l’élevage dans cette localité
Le doubi est un art lié à l’élevage qui est le mode de vie traditionnel des Peul. Il offre un spectacle animé et extraordinaire au retour des bergers et leurs troupeaux d’une transhumance qui a permis au bétail de changer de pacage pour une période allant de 6 à 12 mois.
Ce retour est un savoir-faire donnant lieu à une fête annuelle qui regroupe les populations de Douentza ainsi que celles des villages environnants.
Les animaux qui déferlent de la plaine en direction de la ville, chaque troupeau poursuivant son berger, est un spectacle grandiose qui ne laisse aucun regard indifférent. Il force l’administration pour un art séculaire qui a fonctionné au fil du temps.
Le "doubi" est également l’occasion pour les femmes Peul de se faire belles par la maîtrise d’un art du corps qu’on ne voit pas tous les jours.
Chaque jeune fille est parée et maquillée dans l’esprit d’être éventuellement choisie comme reine de l’événement.
Pour le choix du meilleur troupeau, un jury composé de membres du Soudoubaba" (notables), après avoir visité, contrôlé et expertisé les troupeaux désigne le vainqueur. Ce choix est salué par un coup de fusil tiré en l’air au milieu de la clameur de la foule. Le vainqueur donne immédiatement un bœuf qui est aussitôt égorgé pour être consommé.
Alors sans entrer dans les détails de cette importante activité culturelle on pourrait quand bien même noter que l’animation musicale folklorique est assurée par des musiciens qui jouent la flûte et le tambour "Sérendou embagou". D’autres musiciens qui jouent le "fidjè toumoudè" sont appelés "Séguédii" en langue peul. Ainsi donc on pourrait terminer ce volet patrimoine en rappelant que le "doubi" a perdu de son importance à cause surtout d’une sorte de délaissement, voire un désintérêt qui ne dit pas son nom.
Par le passé on comptait des troupeaux de bœufs mais actuellement ce sont les moutons et les chèvres qui font l’objet d’attraction.
Les autorités politiques et administratives doivent encourager les pratiques du "dindi" et du "doubi" qui ont été pour nos ancêtres de croissance de l’agriculture et de l’élevage. Aujourd’hui en tant qu’hésitiez de ces pratiques ancestrales, nous devons les entretenir et les maintenir afin d’assurer notre suivie.
Enfin en jetant un coup d’œil sur la situation historique, géographique, économique et culturelle de Douentza, on peut dire sans risque de nous tromper que la ville et sa localité souffrent des effets de la sécheresse, de l’exode rural et la perte de intellectuels. Le préfet de Douentza, le maire, le président du conseil de cercle et le député doivent se donner la main afin de réussir le développement économique, social et culturel de la ville. Ils doivent protéger et promouvoir le patrimoine culturel de Douentza qui, tout en renforçant la cohésion sociale, pourrait valablement contribuer au développement économique de la cité. Ils doivent également rechercher les voies et moyens pour réaliser des infrastructures qui répondent aux besoins socio-culturels et économiques des populations.
Il s’agit d’un musée, des archives et une bibliothèque pour sauvegarder et promouvoir le patrimoine culturel de Douentza, d’un hôpital pour satisfaire les besoins de santé, d’n relai touristique et un campement hôtel pour le développement du tourisme, d’un marché moderne et une gare routière moderne à l’image des autres chefs-lieux de cercle, d’un terrain omnisports et d’une maison des jeunes avec salle de spectacle