mardi 27 juin 2017

CAN 2017 : AIGLES, GIRESSE EST-IL SEUL RESPONSABLE ?

Le problème principal de la sélection nationale se situe sur le terrain

Certains choix du sélectionneur national sont discutables et ont contribué à fragiliser l’équipe. Mais plus que
le coaching défaillant de Giresse, c’est le manque d’efficacité devant les buts qui risque d’être fatal aux Aigles

Quand une équipe perd un match ou accumule les contreperformances, c’est toujours l’entraîneur qui est pointé du doigt. C’est la loi du sport et le sélectionneur national, Alain Giresse ne peut être une exception à cette règle. Sous le feu des critiques depuis la défaite des Aigles 0-1 face au Ghana, samedi dernier lors de la deuxième journée du groupe D, le technicien français est accusé de tous les maux par les supporters qui lui reprochent de laisser ses meilleurs éléments sur le banc et de céder à la pression de certains cadres de l’équipe.
Ainsi, depuis plusieurs jours, les supporters se déchaînent sur les réseaux sociaux et certains n’hésitent pas à réclamer le limogeage de l’ancien international français dès la fin de la CAN. Un homme politique est allé plus loin en martelant cette petite phrase sur facebook : «nous supporters des Aigles du Mali, dans notre amertume, exigeons un entraîneur malien en remplacement du sélectionneur actuel». Aux yeux de la majorité des inconditionnels de la sélection nationale, Giresse est donc seul responsable de l’échec des Aigles face à l’Egypte et au Ghana d’où ce tir groupé contre le technicien français.
Il faut dire que l’ancien milieu de terrain des Bleus a fait des choix discutables qui ont fortement handicapé l’Equipe du Mali (EDM) lors des deux premières journées du groupe D et qui risquent de coûter l’élimination à notre pays dès le premier tour. On peut notamment évoquer le cas du jeune international, Yves Bissouma qui fait partie des meilleurs joueurs de la sélection nationale depuis plusieurs mois, mais qui passe toujours plus de temps sur le banc que sur la pelouse. Cette remarque vaut aussi pour son ancien coéquipier du Réal, Moussa Doumbia et le canonnier du Standard de Liège (Belgique) et actuel meilleur buteur de son club en Europa league (7 réalisations), Kalifa Coulibaly. Après ce qu’il a démontré lors de la sortie initiale du Mali contre l’Egypte, Yves Bissouma méritait une place dans le onze de départ face au Ghana et il n y avait aucune raison objective pour Giresse de le garder sur le banc. Lassana Coulibaly a également réalisé une performance de haute volée au milieu de terrain et aurait même pu être le héros de la rencontre s’il n’avait manqué de précision devant les buts égyptiens.
Les supporters s’attendaient donc à voir ces deux joueurs débuter le match contre le Ghana mais curieusement, Giresse a gardé Yves Bissouma sur le banc et remplacé Lassana Coulibaly par Mustapha Yatabaré qui n’a pas participé au premier match. Le technicien a-t-il cédé à la pression du Franco-Malien qui aurait menacé de quitter la CAN s’il ne jouait pas contre le Black star ? Nous ne saurons répondre à cette question, mais de toute évidence, la titularisation de Mustapha Yatabaré ne s’imposait pas, de surcroît au détriment de Lassana Coulibaly qui a été l’un des meilleurs éléments contre les Pharaons et qui était en confiance. La suite des événements a d’ailleurs donné tort au technicien français et c’est pour toutes ces raisons que Giresse se retrouve sous le feu des critiques, alors que les Aigles ne sont pas encore définitivement hors course. Mais à notre avis, si le sélectionneur national a commis des erreurs de coaching et a une grande part de responsabilité dans l’échec des Aigles, les joueurs ne sont pas non plus sans reproches. Le rôle principal d’un sélectionneur n’est pas de former un joueur à son poste ou bien lui apprendre les gestes qu’il doit faire sur une pelouse. Le travail d’un sélectionneur peut être résumé en deux points : sélectionné les joueurs capables d’évoluer en équipe nationale et les mettre dans les meilleures dispositions possibles sur une pelouse. Dans le contexte actuel, le choix des joueurs est devenu un véritable casse-tête pour les sélectionneurs qui doivent toujours composer avec les réticences des clubs à libérer leurs employés. En général, les sélectionneurs n’ont qu’une dizaine de jours pour préparer des échéances comme la CAN, la Coupe du monde ou l’Euro et malgré la harmonisation du calendrier international par la FIFA, on assiste toujours à des faux bonds qui obligent les techniciens à revoir, sinon, modifier leur plan de préparation.
Quand un sélectionneur arrive donc à mettre en place une stratégie permettant à son équipe de se créer des occasions et d’imposer son jeu à l’adversaire, il aura accompli une grande partie de sa mission. Sur les deux matches livrés par l’Equipe du Mali contre l’Egypte et le Ghana, Giresse a eu le mérite de mettre en place un dispositif qui a permis à ses joueurs de prendre le jeu à leur compte en deuxième période et de se créer des occasions. En tout cas, contre les Pharaons comme face au Black star, le Mali a réussi à chaque fois à redresser la barre en haussant le niveau de son jeu au retour des vestiaires et à se créer plus d’occasions nettes que son adversaire. Malheureusement pour le capitaine Yacouba Sylla et ses coéquipiers, il ne suffit pas de dominer un match et d’obtenir plus d’opportunités que son adversaire pour s’imposer. On gagne un match en marquant des buts et ce les joueurs qui doivent faire ce travail, pas le sélectionneur.
En clair, le problème principal de l’Equipe du Mali ne se situe pas sur le banc, mais sur la pelouse. Ce n’est pas une insulte pour le capitaine Yacouba Sylla et ses coéquipiers que de dire qu’ils forment aujourd’hui un groupe sans âme et sans meneur d’hommes. Depuis la retraite internationale de Seydou Keïta «Seydoublen», les Aigles peinent à se trouver un leader, un joueur capable d’orienter le jeu de l’équipe ou de faire la décision dans les moments difficiles. Sambou Yatabaré et Bakary Sako qui semblaient bien partis pour jouer ce rôle ont tous failli, alors que le meilleur joueur de la dernière Coupe du monde junior, Adama Traoré ne parvient toujours pas à justifier tout le bien que l’on pense de lui. L’autre grosse plaie de la sélection nationale est l’absence d’un grand attaquant digne de ce nom. Depuis plusieurs années, les supporters attendent désespérément un successeur de Frédéric Kanouté qui a marqué l’histoire de la sélection par ses buts, mais aussi et surtout, son amour pour le pays. Giresse n’a pas de recette miracle pour fabriquer un attaquant de la trempe de l’ancien canonnier de Séville, c’est aux joueurs eux-mêmes de travailler plus devant les buts et de se transcender sur la pelouse. Les Moussa Maréga, Kalifa Coulibaly, Bakary Sako, Moussa Doumbia ont obtenu suffisamment d’occasions pour faire la différence tant contre l’Egypte que face au Ghana. Malheureusement, ils se sont arrangés à vendanger ces occasions et ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.
Il faut donc espérer que l’équipe retrouvera le chemin des filets demain lors du dernier match de poule contre l’Ouganda et prier que le Ghana s’impose devant l’Egypte dans l’autre rencontre du groupe.

S. B. TOUNKARA

 

QUAND LES LES AIGLES FONT DU CAHNTAGE

Le sujet était sur toutes les lèvres hier et nombre de supporters se demandent encore si l’information était fondée. Dimanche, la veille de leur départ de Port-Gentil pour Oyeme où se disputera le troisième match de la sélection nationale contre l’Ouganda, le capitaine Yacouba Sylla et ses coéquipiers auraient exigé le versement de «primes spéciales», avant la fin de la phase de poules. Selon nos informations, les joueurs ont pris cette décision à l’issue d’une réunion tenue dans leur hôtel à Port-Gentil. Les mêmes sources précisent que le capitaine Yacouba Sylla et ses coéquipiers ont demandé 4 millions de F cfa par joueur et menacé de boycotter le troisième match s’ils n’obtenaient pas gain de cause. Joint au téléphone, un membre de la délégation malienne au Gabon a confirmé l’information et indiqué que les joueurs ont fait machine arrière sous la pression. Vrai ou faux, en tout cas, on sait que le ministre des Sports, Housseïni Amion Guindo devait donner un point de presse hier sur les primes versées aux joueurs de la sélection nationale, mais cette rencontre a été annulée au dernier moment.
La veille de leur départ du Maroc pour le Gabon, le capitaine Yacouba Sylla et ses coéquipiers avaient perçu chacun la coquette somme de 10 millions de F cfa comme primes de sélection pour la phase finale. Cet argent a été remis aux joueurs par le ministre des Sports lui-même qui s’est rendu à Casablanca (lieu de stage de l’équipe) pour remettre le drapeau national à l’équipe. Une source proche du ministère des Sports ajoute que les primes de la première journée (1 million de F cfa) ont été également versées dès la fin du match Mali-Egypte (0-0). «L’Etat a fait d’énormes sacrifices pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions de travail possibles. Je ne comprends pas qu’après tous ces efforts et surtout les contreperformances du Mali lors des deux premières journées de la phase de poules, que les Aigles parlent de primes spéciales», s’étonne notre interlocuteur.
Visiblement indigné après avoir appris la nouvelle, un inconditionnel des Aigles dira : «je ne peux pas croire à ça. Pour moi, c’est impossible que les joueurs maliens parlent de primes spéciales après leur piètre prestation et au moment où l’équipe est au bord de l’élimination». «Quelles primes spéciales, ils veulent qu’on leur paye des primes parce qu’ils ont déjà perdu», interrogera un autre supporter. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont fustigé le comportement du capitaine Yacouba Sylla et de ses coéquipiers et certains n’ont pas hésité à les qualifier «d’apatrides». Qu’est-ce qui a poussé les Aigles à faire ce chantage ? En attendant d’avoir la réponse à cette question, il faut dire que le moment a été très mal choisi par les joueurs qui, quels que soient les griefs qu’ils pourraient avoir contre les instances sportives (la fédération et le département de tutelle), auraient dû attendre la fin de la CAN pour déposer leurs doléances sur la table. Aujourd’hui, s’il y a quelqu’un qui mérite des primes spéciales, ce sont nos vaillants militaires qui payent tous les jours de leur vie, la défense du territoire national. Sans aucune prétention de donner des leçons de patriotisme à qui que ce soit, il faut avouer que les Aigles  ont raté une bonne occasion de manifester leur attachement à la patrie parce qu’ils auraient dû profiter de cette CAN pour venir en aide aux Forces armées et de sécurité du Mali (FAMAS), en renonçant à au moins une prime de match.
S. B. T.

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