mercredi 29 mars 2017

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Assemblée nationale : LA LOI DES FINANCES 2017 ADOPTEE

Le budget a été conçu dans le respect des engagements que le Mali a pris au niveau sous-régional et auprès des institutions internationales

C’est avec 104 voix pour,, 24 contre et aucune  abstention que les députés ont voté hier la loi des finances pour l’exercice 2017. C’était lors d’une séance plénière dans la salle Aoua Kéïta, sous la présidence du chef de l’Institution parlementaire, Issiaka Sidibé. La loi des finances était défendue par le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé qui avait à ses côtés son collègue de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mahamane Baby. A rappeler que les recettes prévisionnelles de ce budget sont estimées à 2.013,578 milliards de Fcfa contre 2.270,647 milliards de Fcfa pour les dépenses. Après la présentation du rapport par la Commission Finances de l’Assemblée nationale mercredi dernier (voir l’Essor d’hier), la journée d’hier a été consacrée à la séquence des débats.
Après avoir félicité la Commission des finances du Parlement et le ministère de l’Economie et des Finances, les députés ont adressé une kyrielle de questions à la partie gouvernementale avant le vote proprement dit  du projet de loi des finances. Nombre d’interrogations  des parlementaires ont porté sur le budget alloué aux forces de défense et de sécurité dans un contexte marqué par les attaques asymétriques et la lutte contre le terrorisme. D’aucuns ont jugé que le budget alloué aux FAMA n’est pas conséquent pour faire face aux nombreux défis sécuritaires. Les mêmes questions ont concerné les ressources affectées à des secteurs tout aussi sensibles et importants comme l’éducation, l’agriculture, les infrastructures, la santé, l’éducation, la justice, l’énergie et l’eau, le foncier etc.
Dans ses réponses, le patron de l’hôtel des Finances a apporté des éclaircissements à chaque question soulevée. Selon Dr Boubou Cissé, le budget de 2017 a été arrêté dans le respect des engagements que le Mali a pris au niveau communautaire (UEMOA -CEDEAO),  de même qu’auprès des institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI).  Toujours aux dires du ministre, ce budget est responsable parce qu’il respecte les grands principes macroéconomiques, avec une maîtrise du taux d’inflation au dessous de 1% alors que la norme est de 3% dans l’espace communautaire. Toujours selon le ministre Cissé, ce budget dégage également une situation saine en terme d’endettement et de déficit de l’ordre de 4% du PIB, qui est aussi un indicateur important. «C’est un budget responsable, juste et soutenable qui va stimuler la croissance. Il n’y a pas de risque de dérapage budgétaire, mais ce n’est pas un choix d’austérité. Nous arriverons à financer des projets structurants (énergie, infrastructures etc.) malgré une situation de fragilité sécuritaire et la conjoncture peu favorable », a-t-il affirmé.
En outre, Dr Boubou Cissé estime que ce budget soutient le développement avec l’amélioration des conditions de vie des populations, toutes choses qui cadrent avec les orientations du président de la République et la Déclaration de politique générale du Premier ministre.
Le budget, a précisé le ministre de l’Economie et des Finances, est marqué par la consolidation de la restructuration amorcée depuis le vote du collectif budgétaire et qui soutient les éléments importants pour la création d’emplois. Selon le ministre,  les prélèvements obligatoires n’ont pas augmenté afin de permettre à l’initiative privée de se développer et aller vers le développement.
Au terme des débats, les présidents des groupes parlementaires ont donné différemment les consignes de vote, pour des raisons qu’on peut aisément comprendre. Bakary Diarra de l’ADP – Mali – SADI (opposition) a déclaré que les différentes allocations budgétaires ne répondent pas aux préoccupations du peuple malien : soutien aux entreprises en difficulté, accompagnement des commerçants déguerpis pour leur réinstallation etc. Il a donc naturellement appelé les députés appartenant à son groupe à voter contre la loi des finances. A l’inverse, Issa Togo du groupe parlementaire ADEMA (majorité) invitera ses députés à accorder leur confiance au texte, en qualifiant de réaliste et sincère ce budget qui respecte les grands principes macroéconomiques.
Le groupe VRD (opposition), par la voix de Mody N’Diaye, s’est engagé à voter contre cette loi. Le député de l’opposition a dit constater dans ce budget une absence criarde d’ambition et de vision pour booster l’économie nationale. Il a plaidé  pour la relecture de la loi des finances afin de prendre en compte les observations formulées par l’opposition.
Me Zoumana N’Tji Doumbia  de l’APM (majorité) a battu en brèche ces arguments développés par son prédécesseur. Il a, en effet, indiqué que ce budget prend en compte les grandes aspirations des Maliens, à savoir la sécurité, l’éducation, le développement rural, la santé etc. Last but least, le président du groupe parlementaire du RPM (majorité), Sory Ibrahima Kouriba a appelé ses collègues à voter la loi des finances. Car, pense-t-il, ce budget prend en compte la Déclaration de politique générale du Premier ministre tout en mettant en confiance les partenaires techniques et financiers du Mali.

M. SIDIBE

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