mardi 21 novembre 2017

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Armée française : quel malaise cache la démission du chef d’état-major des armées ?

Le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées françaises a démissionné le 19 juillet 2017 après des désaccords sur le budget de l’armée avec le président de la République.

« Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays. Par conséquent, j’ai pris mes responsabilités en présentant, ce jour, ma démission au Président de la République, qui l’a acceptée ». Ce sont les mots du général Pierre de Villiers dans un communiqué publié ce mercredi 19 juillet après sa réunion avec le chef de l’Etat.

Sa déclaration signe l’épilogue d’un feuilleton qui dure depuis plusieurs jours entre le président et le général 5 étoiles. A l’origine du différend : l’économie de 850 millions d’euros que l’Etat réclame aux armées dans le cadre d’un effort budgétaire plus global de 4.5 milliards d’euros sur les dépenses de l’Etat en 2017.

A cette annonce, le général avait commenté le 12 juillet 2017 devant les députés de la commission de la défense lors d’une réunion à huis clos à l’Assemblée nationale : « Je ne me laisserai pas baiser comme ça ! » ajoutant que la situation n’était « pas tenable ».

Le lendemain, le président français lui répondait sans nommer le général qu’il ne trouvait pas « digne d’étaler certains débats sur la place publique. »

Qui est le chef d’état-major démissionnaire ?

Le général Pierre Le Jolis de Villiers de Saintignon, 60 ans, a été nommé en 2014 afin de mettre en oeuvre la Loi de Programmation Militaire (LPM) qui devait réorganiser le ministère de la Défense et supprimer 34 000 postes. Né en 1956 dans une famille d’aristocrates vendéens, ses deux grands-pères étaient militaires. Formé à Saint-Cyr, cet officier de l’armée de terre a servi notamment au Kosovo en 1999 et en Afghanistan en 2005. Considéré comme l’un des officiers de sa génération au parcours brillant, il est devenu le plus jeune général cinq étoiles de l’armée. A son poste de chef d’état-major des armées, il n’a cessé d’en défendre le budget  pour « couvrir tout le spectre des menaces ».

Nouveau rappel à l’ordre d’Emmanuel Macron dans le Journal du dimanche le 15 juillet : « Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change. » Comme attendu, c’est donc le général qui a cédé, annonçant sa démission dans un communiqué.

« J’ai toujours veillé, depuis ma nomination, à maintenir un modèle d’armée qui garantisse la cohérence entre les menaces qui pèsent sur la France et sur l’Europe, les missions de nos armées qui ne cessent d’augmenter et les moyens capacitaires et budgétaires nécessaires pour les remplir », a-t-il écrit.

Il sera remplacé, ce mercredi 19 juillet, par le général François Lecointre. A 55 ans, il est le chef du cabinet militaire du Premier ministre Edouard Philippe.

Déception de l’armée

Le président semble avoir déçu les attentes des armées en dépit de signaux envoyés : premier déplacement à l’étranger au Sahel auprès de l’opération antiterroriste Barkhane (voir interview ci-dessous), visite des blessés de guerre lors de son investiture, visite du sous-marin nucléaire lanceur d’engins Le Terrible.
Le président s’est engagé dans sa campagne à consacrer 2% du PIB à la défense d’ici à 2025 et a promis d’augmenter en 2018 le budget défense à 34.2 milliards d’euros (contre 32 milliards d’euros en 2016).

Le budget de l’armée est d’autant plus un enjeu que la France a multiplié ces dernières années les opérations extérieures au Sahel (opération Barkhane) et au Moyen-Orient (Chammal et Daman) notamment.

 AFP

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