lundi 23 octobre 2017

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Angola: la campagne électorale bat son plein

Isais Samakuva, à la tête de l’Unita, a condamné le parti au pouvoir lors de son premier meeting.

Le 23 août, plus de 9 millions d’Angolais seront appelés aux urnes pour départager six partis lors de ce scrutin et renouveler leur parlement.  Le leader du parti majoritaire aux législatives deviendra alors, de fait, le nouveau président. En attendant, l’Angola vit un mois au rythme des meetings.

« Je déclare ouverte la campagne électorale […]. Les partis peuvent commencer leurs activités dans le respect de la loi », c’est par ces mots que le président de la commission nationale électorale, Andre da Silva Neto a donné le coup d’envoi le 22 juillet d’une campagne électorale d’un mois.

Dans une déclaration pour marquer le début de la campagne électorale ce dimanche 23 juillet, le MPLA, parti marxiste au pouvoir depuis l’indépendance en 1975 de cette ancienne colonie portugaise, s’est fixé l’objectif d’une large victoire. Si l’Angola a mis fin au régime du parti unique en 1991, le MPLA, a continué de diriger le pays, et fait déjà figure de grand favori.

En août 2012, l’Unita, principal parti d’opposition n’avait remporté que de 18 % des voix. Cette année, ce dernier a anticipé le début de la campagne en organisant son premier grand meeting samedi 22 juillet à Cacuaco, dans la banlieue de Luanda, autour de milliers de militants. Dans son discours, l’opposant Isais Samakuva 71 ans, lui-même à la tête de l’Unita depuis 2003, a appelé les Angolais à faire « un bilan » de 42 années de gouvernance du MPLA. « Vous qui souffrez, dans la pauvreté, sans électricité, sans emploi, sans rien à manger. Le changement, c’est maintenant avec l’Unita », a martelé le leader de l’Unita. « Nous sommes en faveur de la démocratie et le démocrate est Isaias Samakuva », chantaient les militants aux couleurs rouges, vertes et blanches du parti, selon un journaliste de l’AFP. Cette ancienne colonie portugaise est, avec le Nigeria, l’un des deux principaux pays producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne mais reste l’un des plus pauvres du continent. Depuis 2014, l’Angola subit de plein fouet l’impact de l’effondrement du prix du baril, qui a fait chuter sa monnaie et assèche ses finances. De fait, le pays a été contraint en avril dernier de demander l’assistance financière du Fonds monétaire international (FMI).

Mais pour la première fois depuis l’indépendance de l’Angola en 1975, l’actuel président Eduardo Dos Santos, âgé de 74 ans, ne sera pas reconduit lors de ce scrutin.

Celui qui détient le titre le vice-doyen africain en terme de longévité au pouvoir et qui a multiplié les séjours dans un hôpital privé de Barcelone, serait souffrant depuis plusieurs années. Mais sa maladie est « un secret de Polichinelle », explique à l’AFP Didier Péclard, spécialiste de l’Angola à l’université de Genève. José dos Santos laisse alors la place de favori à son dauphin, Joao Lourenço, vice-président du MPLA et ministre de la défense.

Le nouveau candidat du MPLA, Joao Lourenço, est un fidèle du président angolais José Eduardo dos Santos depuis ses débuts

Cet ex-général âgé de 63 ans, qui a délaissé l’uniforme pour un costume-cravate ample qui dissimule mal son embonpoint, semble avoir profité de circonstances favorables. « Plusieurs personnes haut placées dans le parti ont tapé du poing sur la table », dans l’hypothèse où l’un des enfants Dos Santos prendrait sa succession, a expliqué à l’AFP Soren Kirk Jensen, du centre d’études Chatham House à Londres. Et ils ont poussé la candidature de Joao Lourenço, « à la réputation de modéré », a-t-il ajouté.

A moins qu’un évènement inattendu rebatte les cartes, ce fidèle du parti, vierge de toute affaires de corruption, a donc toutes les chances de succéder à l’actuel président.

AFP

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