jeudi 14 décembre 2017

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Alimentation scolaire : DES CANTINES POUR MAINTENIR L’ENFANT A L’ECOLE

L’alimentation scolaire permet de mettre en place les conditions nécessaires à l’égal accès de tous les enfants à l’école et de valoriser nos produits locaux.

C’est lors de leur 26è conférence tenue à Addis-Abeba (Ethiopie) en janvier 2016 que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) et les responsables du Programme alimentaire mondial (PAM) ont institué le 1er mars de chaque année, Journée africaine de l’alimentation scolaire. Les responsables de l’UA et du PAM ont instauré la journée africaine de l’alimentation scolaire pour reconnaitre l’immense valeur des programmes d’alimentation scolaire fondés sur les produits locaux afin de maintenir davantage les enfants à l’école. Cela pour améliorer la performance des scolaires, stimuler la production de revenus et l’entrepreneuriat dans les collectivités locales.
La communauté africaine a célébré mercredi dernier, la 2è édition de cette Journée africaine de l’alimentation scolaire sous le thème « alimentation scolaire basée sur la production locale: investissons dans la jeunesse et l’enfance pour tirer profit du dividende démographique ». Après l’école fondamentale publique du village de Kodian, à 65 km de Bamako, dans le Centre d’animation pédagogique (CAP) de Nonsombougou (cercle de Kolokani), le 1er mars 2016, c’est l’école fondamentale publique de Dien à 5 km de la ville de Fana, dans le cercle de Dioïla (région de Koulikoro) qui a été choisie, cette année, pour commémorer la Journée africaine de l’alimentation scolaire. « L’engagement des collectivités territoriales pour la pérennisation des cantines scolaires » était le thème national choisi. Jugeant que sans les enfants, il n’y a pas de garantie pour un meilleur avenir, le maire de la commune rurale de Fana, Abdoulaye Mohamed Coulibaly, exprimé sa reconnaissance aux partenaires techniques et financiers (PTF) pour leurs efforts, pendant des décennies, en faveur des enfants.
« C’est avec l’avènement du Projet d’urgence éducation pour tous (PUEPT) en 2014 que l’Académie d’enseignement de Dioïla a été dotée de 13 cantines scolaires » a expliqué le directeur de l’Académie d’enseignement (AE) de Dioïla, Moussa Soumana Tangara.
A l’époque poursuit-il, il s’agissait pour les PTF à travers le PUEPT, mis en place à la suite d’un un accord de financement entre le gouvernement et la Banque mondiale signé le 27 mai 2013, d’aider les autochtones à supporter les charges des déplacés, en maintenant leurs enfants à l’école grâce à la cantine scolaire. M. Tangara a par ailleurs indiqué que le PUEPT a permis aux écoles des villages de Dien, Sirakorodjè, Sanankoro, Tingolé, Wouloufiéna, Zanguéna, Wela, Bélécou, Wérékéla, Koungodian, Korokoro, Wolodo et Zantiguila (sous-préfecture de Fana) d’ouvrir leur cantine scolaire.
43.000 TONNES DE CéRéALES – Au total, les cantines scolaires prenaient en charge un effectif de 3281 élèves dans l’AE de Dioïla. Avec la lettre circulaire N°1707/MEN/SG du 30 décembre 2016 le PUEPT s’est retiré de 538 écoles de notre pays dont 10 dans l’AE de Dioïla a déploré, le directeur. M. Tangara a, par ailleurs, précisé qu’avec un effectif total de 616 élèves,  Dien, Wérékela (commune de Guégnéka) et Koungodian (commune de Nangola) sont les 3 villages qui continueront à recevoir les approvisionnements jusqu’en juin 2017. « Ainsi, si rien n’est fait, les 10 écoles qui ne seront plus à la charge du PUEPT soit 2655 élèves seront privés de repas chaud à midi », a constaté Moussa Soumana Tangara.
Dans son intervention, la représentante résidente du Programme alimentaire mondial (PAM) dans notre pays, Mme Silvia Caruso, a déclaré que le Mali peut s’enorgueillir d’avoir pris tôt les devants, en se dotant en 2009 d’une Politique nationale de l’alimentation scolaire. Cette alimentation scolaire est axée sur la production locale et toutes les interventions concourent à cet objectif. « De plus, pour être efficace, les activités d’alimentation scolaire doivent être accompagnées par la mise en oeuvre d’un paquet d’interventions comme le déparasitage, la supplémentation en fer, la fortification sans oublier l’eau potable et l’assainissement » a ajouté Mme Caruso.
Dans sa politique de stimulation de production locale, a-t-elle poursuivi, le PAM a depuis 2009 appuyé les organisations locales en mil et sorgho. Il a encadré et équipé 22 organisations paysannes regroupant 24.000 membres dont 12.000 femmes. Parmi ces organisations, l’Union locale des producteurs de céréales de Dioïla et l’Union des sociétés coopératives des producteurs de céréales de Diédougou. Ces organisations paysannes ont, entre 2009 et 2016, pu vendre au PAM 43.000 tonnes de céréales pour un cout total de 11,8 milliards de Fcfa.
« Une grande partie de cette somme a appuyé les cantines scolaires et servi à la consommation locale », s’est réjouie la représentante du PAM. Elle a, par ailleurs, estimé qu’à l’heure actuelle, le PAM contribue aux repas scolaires de 109.000 élèves fréquentant 600 écoles fondamentales dont la plupart se trouvent dans les zones à insécurité alimentaire.
Au cours de l’année scolaire 2015-2016, a révélé, Mme Caruso, le PAM a augmenté les transferts monétaires aux Comités de gestion scolaire (CGS) pour encourager la production locale, afin que ces derniers puissent acheter localement des vivres destinés à la cantine scolaire. Aujourd’hui, 165 écoles avec 34.000 élèves fonctionnent sur la base de transferts monétaires avec, en moyenne, 72 millions de Fcfa par mois. Cette approche se poursuivra.
Le secrétaire général du ministère de l’Education nationale, Dr Moumini Traoré, a rappelé que le gouvernement a adopté, en 2009, une Politique nationale de l’alimentation scolaire, créer un Service technique dédié aux cantines scolaires et assurer l’implication des cantines scolaires assistées par l’Etat en vivres et en kits ustensiles.  Il a ajouté que le département de tutelle a fait la prise en charge de l’alimentation scolaire l’une de ses priorités stratégiques. Ainsi de 2010 à 2015, le budget d’Etat investi dans l’alimentation scolaire s’élève à 18,922 milliards de Fcfa, soit environ 2,7 milliards de nos francs par an.
Rien que pour l’année scolaire 2015-2016, un total de 2356 écoles ont été couvertes en matière d’alimentation scolaire pour 446.871 élèves bénéficiaires dont 337.706 pris en charge par les PTF.  Les autorités politiques, administratives, scolaires, coutumières et traditionnelles de Dien, Fana, Dioïla et de Koulikoro ont pris part aux festivités présidées par Dr Moumini Traoré.

S. Y WAGUé

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