Une patrouille douanière a ouvert le feu dimanche sur des trafiquants de motos dimanche dernier, dans le village de Tiémba, commune rurale de Yallankoro Soloba, cercle de Yanfolila, faisant un mort et deux blessés graves.
Selon des informations recueillies auprès des services de sécurité de la localité, une course poursuite s’était engagée entre la patrouille dirigée par le contrôleur de douane Mohamed Bah et des contrebandiers qui s’étaient réfugiés auprès des orpailleurs traditionnels du village de Tiemba, situé à 45 km de Yanfolila. Une échauffourée a éclaté au cours de laquelle Mohamed Bah, contrôleur de douane, et Souleymane Traoré, agent de constatation, ont ouvert le feu faisant un mort et deux blessés graves. Pour parer à tout débordement ou représailles, des mesures conservatoires ont été prises à l’encontre des douaniers impliqués par la brigade territoriale (BT) de Yanfolila. Aux dernières nouvelles, les douaniers arrêtés par les gendarmes ont ainsi été conduits à Bamako. Le calme est rapidement revenu dans le village grâce à une intervention prompte des autorités administratives, politiques et du conseil local de la jeunesse, selon notre correspondant à Yanfolila. La promptitude des réactions tient à un précédent encore à vif dans les mémoires. En 1991, le douanier Diogo Keïta avait péri dans des conditions atroces malgré le fait qu’il était sous bonne garde à la Brigade territoriale de Yanfolila. Le douanier avait blessé accidentellement un trafiquant qu’il avait immédiatement secouru en le transportant au service de santé du cercle. Malgré son bon réflexe, il n’avait pas échappé à la vindicte populaire. Les « justiciers » l’avaient extrait des locaux de la gendarmerie avant de le tuer et de le brûler. L’on comprend alors le sens des mesures conservatoires qui ont consisté à l’arrestation et au transfert rapide à Bamako des deux douaniers, auteurs des coups de feu. Le directeur régional de la douane de Sikasso s’est rendu sur les lieux le lendemain pour présenter ses condoléances et celles du gouvernement à la famille des défunts et souhaiter prompt rétablissement aux blessés. Il a promis que l’enquête se poursuivra pour situer les responsabilités et appliquer la loi. Malheureux hasard, cet incident est survenu une semaine après celui qui a provoqué à Bamako un violent mouvement des apprentis et chauffeurs de Sotrama. A l’origine de ce débrayage, la mort d’un conducteur d’un minibus de transport en commun à la suite d’un incident avec la police dans la nuit du 21 au 22 février dernier.