L’exercice a été l’occasion d’évoquer les progrès réalisés par notre pays au cours des dernières années et les défis de l’heure
La série de présentation de vœux du Nouvel an 2012 au président de la République, Amadou Toumani Touré, s’est achevée vendredi avec ceux du corps diplomatique. La cérémonie s’est déroulée à Koulouba en présence du Premier ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, et de membres du gouvernement parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Soumeylou Boubèye Maïga, et celui des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Badara Aliou Macalou. Comme les autres années, c’est le doyen du corps diplomatique l’ambassadeur de la Palestine, Abderrahim Ahmed Abourabah, qui a présenté les vœux du corps diplomatique et consulaire et des organisations internationales au président de la République. Abderrahim Ahmed Abourabah a rappelé qu’en tant que représentants de pays et organisations partenaires du Mali, les diplomates sont des témoins privilégiés des avancées notables réalisées par notre pays dans son chemin vers l’édification d’un pays prospère et émergent mais aussi des défis qu’il lui reste à relever. Parlant des avancées, le doyen du corps diplomatique a relevé que le pays en a connues beaucoup au cours des 10 dernières années. « Ce combat que vous menez pour la santé des populations et contre les maladies et les épidémies telles que le Vih-sida, la tuberculose, la méningite et la poliomyélite, vous le meniez déjà avant votre élection à la magistrature suprême du Mali. Au cours de vos deux mandats, vous avez multiplié les campagnes de vaccination, les constructions de centres de santé et d’hôpitaux dont dernièrement l’Hôpital du Mali. A cela s’ajoute la gratuité des traitements contre certaines maladies. L’assurance maladie obligatoire va garantir la couverture santé des Maliens jusqu’à 80% pour certains actes médicaux », a constaté le diplomate palestinien. L’accès au logement social a également été au centre des préoccupations du chef de l’Etat. Ainsi, depuis 2003, ce sont plus de 10 000 logements sociaux qui ont été construits. En ce qui concerne l’eau potable, avec un taux actuel d’accès de 75%, le Mali est en tête de peloton en Afrique subsaharienne. Selon les experts, le Mali devrait d’ici 2015 atteindre ses Objectifs du millénaire pour le développement avec un taux de 82% en matière de desserte en eau potable. Sur le plan de l’énergie, l’augmentation de la capacité de production et de distribution d’électricité se poursuit. Ainsi, de 2009 à 2010, la production d’électricité a augmenté de 10%. L’électrification en milieu rural se développe d’autant plus qu’un plan directeur d’électrification rurale sur une période de 15 ans au bénéfice de 1480 localités et pour un coût de 142 milliards de F cfa a été adopté en 2010.
QUELQUES QUESTIONNEMENTS. La dynamisation du potentiel agricole suit son cours. L’aménagement de l’Office du Niger et le lancement de la construction des barrages de Djenné et de Taoussa en sont les illustrations les plus remarquables. Le tissu industriel s’est densifié. Sur le plan économique, le soutien aux réformes structurelles et l’amélioration du climat des affaires ont eu un impact positif sur les investissements et sur la croissance qui se maintient à 5% malgré la mauvaise pluviométrie et les crises politico-militaires dans la région. Au titre du désenclavement et des infrastructures de transport, les nombreuses constructions de routes, d’échangeurs multiples, de ponts ont contribué à fluidifier la circulation. Dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement supérieur, la bancarisation des bourses, les travaux de construction de la cité universitaire de Kabala et du siège du Centre national des œuvres universitaires, la scission de l’Université de Bamako en 4 universités sont entre autres, autant de mesures et de réalisations récentes qui témoignent de la volonté du chef de l’Etat d’améliorer les conditions de travail des étudiants et des enseignants. Face à l’immense défi que constitue l’emploi des jeunes, des efforts louables ont été engagés et les initiatives ont été multipliées. Le développement des technologies de l’information et de la communication suit son cours. La situation au Nord et les atteintes à la stabilité et à la paix sont une des préoccupations majeures. A ce propos, les diplomates saluent les initiatives déjà prises en ce sens notamment la création en 2010 du comité d’Etat-major opérationnel conjoint. Le corps diplomatique souhaite que les scrutins de 2012 se déroulent dans la sérénité et la paix. En réponse, le président de la République a indiqué que les réalisations citées par le doyen du corps diplomatique sont le fruit de la coopération et du partenariat fécond qui lie notre pays à ses amis. Il a relevé que le début de la nouvelle année est toujours un moment privilégié d’introspection, de bilan et des perspectives, avant de partager avec les diplomates quelques questionnements. « A l’instar de nombreux pays du Sahel, le Mali fait face aux conséquences de la dernière campagne agricole, dont les prévisions ont été fortement compromises par un déficit pluviométrique. Selon les estimations des experts nationaux, corroborées par celles de leurs collègues du CILSS, il est à redouter une crise alimentaire d’amplitude variable en fonction des zones de production. Dès l’annonce de la tendance, j’ai engagé le gouvernement à mettre en œuvre un Plan d’urgence, afin de faire face à la crise alimentaire qui s’annonce. Ce plan d’urgence se traduira par la distribution gratuite de céréales dans les communes les plus vulnérables, la reconstitution et le renforcement du stock national de sécurité en mil et sorgho à concurrence de 10 000 tonnes, la distribution gratuite d’aliments bétail aux éleveurs touchés par la crise. Au total, l’assistance de l’Etat portera sur plus de 40.000 tonnes de vivres, pour un coût de 19 milliards de Fcfa », a rappelé le chef de l’Etat.
DES RENDEZ-VOUS CRUCIAUX. Parallèlement, des initiatives novatrices seront engagées pour assurer l’approvisionnement correct en eau potable, dans le cadre de l’hydraulique urbaine, villageoise et pastorale. C’est justement pour soustraire notre pays aux aléas de la pluviométrie, que dès le début de son premier mandat, il a engagé le gouvernement à créer les bases d’une agro-industrie ambitieuse dont les axes saillants ont été la réalisation des grands travaux dans le domaine des aménagements hydro-agricoles, la construction d’usines d’assemblage de tracteurs, l’incitation à la construction d’unités de production d’intrants agricoles, l’élaboration d’une Loi d’orientation agricole, les pluies provoquées, la politique de diversification de la production agricole et le développement des infrastructures routières pour lier les zones de production à celles de la consommation. « Nous voici au terme d’une année qui aura été celle de l’amplification des chantiers de transformation de notre pays et à l’orée d’une autre qui sera marquée par le rendez-vous combien important des scrutins référendaire, présidentiel et législatif. L’enjeu et le défi sont à tous égards comparables à ceux des scrutins de 1992 et de 2002, deux dates-repères dans la vie du Mali démocratique, avec des alternances politiques pacifiques qui valent à notre pays le respect de la communauté des Nations. Aussi, au regard de nos responsabilités individuelles et collectives, nous avons l’obligation de réussir les élections à venir, pour non seulement affirmer la maturité de notre démocratie ; mais également pour maintenir notre pays dans la trajectoire ascendante, qui nous donne chaque jour, depuis des années, des raisons de croire en un futur meilleur pour les enfants du Mali », a poursuivi Amadou Toumani Touré. Le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires tout en restant constamment ouvert au dialogue avec tous les acteurs impliqués dans le processus électoral, afin d’assurer le succès des différents scrutins. La tenue régulière d’élections libres et transparentes est non seulement un baromètre de la vitalité d’une démocratie, mais elle permet aussi, au pays de se doter d’institutions stables qui constituent le premier socle du développement. Tout au long des dix dernières années, notre ambition a été de maintenir ce double mouvement pour accélérer la transformation de notre pays, a-t-il assuré. Le renforcement de la sécurité alimentaire, ainsi que de la qualité de l’éducation et de la santé, les actions structurelles dont le développement institutionnel et social, celui des infrastructures, des mines, du secteur privé, des arts et de la culture, du tourisme et de l’artisanat, la communication sont les axes essentiels du grand chantier pour un Mali émergent, a énuméré Amadou Toumani Touré. Pour le chef de l’Etat, les progrès accomplis par notre pays sont indéniables. Leur pérennisation doit reposer sur une meilleure organisation administrative du Mali. L’ambition est de mettre l’Administration en adéquation avec les objectifs de sa modernisation assignés dans le cadre du Programme de développement institutionnel ; de prendre en compte les solidarités communautaires ; et de réaliser les objectifs fixés par l’Etat dans le cadre de la décentralisation.
UNE REPONSE IMMEDIATE. C’est dans cet esprit, que le Conseil des ministres vient d’adopter le projet de loi portant augmentation du nombre de Régions administratives qui passe de 8 à 19. « La paix et la sécurité sont le socle du progrès social et économique. Les derniers événements survenus à Hombori et à Tombouctou nous confortent encore plus dans cette conviction. Le Mali a réaffirmé sa condamnation sans réserve de ces pratiques terroriste et criminelle, ainsi que sa détermination, qui porte ses premiers fruits avec l’arrestation des auteurs de l’enlèvement de Hombori, à œuvrer en faveur de la libération des otages. La bande sahélo-saharienne, déjà fragile, doit gérer la nouvelle donne du retour des soldats de nationalité libyenne, mais originaires de nos pays, et plus grave, celle de la dissémination d’armes de tous genres. A tous les autres pays de la bande sahélo-saharienne, le Mali réaffirme son adhésion au dispositif inter-pays, pour la mise en commun de nos moyens politiques, diplomatiques et militaires afin de lutter plus efficacement contre toutes formes de menace et singulièrement le terrorisme et les trafics divers qui prospèrent dans la zone. A cet effet, le Mali s’est doté d’une politique nationale de lutte pour la paix, la stabilité et le développement des régions Nord de notre pays. Le PSPSDN est une réponse immédiate pour faire le lien entre la situation des risques sécuritaires et la reprise du développement local dans le Nord du Mali. Le Programme spécial est conçu de manière à s’intégrer de façon complémentaire et cohérente avec d’autres actions en cours ou prévues. Les cibles prioritaires du Programme sont les communautés de base, les sites de fixation des personnes déplacées, les nouveaux pôles économiques locaux », a signalé le président Touré.