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PostHeaderIcon TV5 Monde : ATT, la constance des convictions

Le président Touré, interviewé par Denise Époté, a réaffirmé son attachement au dialogue dans la résolution des crises, à la quiétude dans la bande sahélo-saharienne et à l’intégration continentale

TV5 Monde : ATT, la constance des convictions

Dans le cadre du dixième anniversaire de l’émission “Et si vous me disiez toute la vérité” enregistrée pour l’occasion à Bamako et reprise par la télévision nationale dimanche en soirée, le président de la République, Amadou Toumani Touré, était l’invité de Denise Époté, la directrice Afrique de TV5Monde. Le chef de l’État, en vingt-cinq minutes d’entretien, a abordé avec la journaliste la gestion consensuelle du pouvoir au Mali, le renvoi en seconde lecture du Code de la personne et de la famille. Il a également évoqué les enjeux de la bande sahélo-saharienne, la gestion des crises par l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à la lumière des événements tragiques du 28 septembre dernier en Guinée, les changements climatiques et la place du continent africain au sein des institutions internationales. Denise Epoté, à l’entame de son émission, a justifié le choix du Mali pour célébrer l’événement par le fait que notre pays est un modèle d’alternance politique et démocratique en Afrique, voire dans le monde entier. Aussi a-t-elle demandé au chef de l’Etat, le secret de cette réussite démocratique. Amadou Toumani Touré a opportunément rappelé qu’il a été porté à la magistrature suprême du pays en tant que candidat indépendant qui une fois aux affaires a proposé aux partis politiques une gestion consensuelle du pouvoir. Ceci explique peut-être, a jugé le chef de l’Etat, la réussite de l’exception malienne qui n’est pas forcément exportable. Répondant à une question sur le Code des personnes et la famille, Amadou Toumani Touré a précisé que le fait de renvoyer le document à une seconde lecture à l’Assemblée nationale n’est pas une reculade face à la pression des associations islamiques. La démarche était devenue nécessaire du fait des rumeurs qui enflaient autour du document. Le texte s’était ainsi érigé en un "Code des rumeurs". Le président Touré a rappelé au passage que depuis 1962 notre pays est engagé dans un processus d’adéquation du code des personnes avec les engagements internationaux souscrits par notre pays. Et que le code n’est ni un code des femmes, ni un code des enfants comme l’a fait croire la rumeur, mais l’expression de l’évolution socio culturelle de notre pays. Il y a eu des incompréhensions autour de certains articles du fait d’un déficit d’information, a reconnu le chef de l’État. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, il était devenu normal que l’on se concerte à nouveau pour aplanir ces difficultés. Tout en évitant de donner un délai pour la promulgation du code, ATT a promis qu’il le serait lorsque toutes les difficultés seraient aplanies. Le président Touré commentant une question sur la stratégie commune de défense dans la bande sahélo-saharienne a énuméré les périls qui pèsent depuis fort longtemps sur cette partie du continent qui s’étend de la Mauritanie à l’Erythrée. Il s’agit de trafics en tout genre, de mutineries comme celle du nord-est de notre pays et des menaces salafistes. La solution à tous ces défis, a-t-il indiqué, ne peut être que globale. À ce sujet, Amadou Toumani Touré a évoqué les différentes initiatives qu’il a entreprises dans l’optique d’une conférence sous-régionale. Interrogé sur la situation en Guinée et un éventuel droit d’ingérence dans ce pays en crise ou du sort de Moussa Dadis Camara, ATT tout en rappelant son expérience personnelle lors de la Transition dans notre pays de mars 1991 à juin 1992, a dit comprendre tout l’enjeu dont la personne de Moussa Dadis Camara fait l’objet en Guinée. Il a estimé nécessaire de faire confiance à la médiation confiée par la CEDEAO au Burkinabè Blaise Compaoré car la solution de tout problème, au-delà de toute ingérence, passe par le dialogue. Notre pays est-il pour autant prêt à accueillir un jour Moussa Dadis Camara ? Amadou Toumani Touré, paraphrasant l’ancien président guinéen Ahmed Sekou Touré, a indiqué que la Guinée et le Mali constituaient les deux poumons d’un même corps. Par conséquent, tout Guinéen est le bienvenu chez nous. Évoquant les changements climatiques, le président Touré a rappelé que les récentes inondations en Afrique ont démontré combien notre continent était vulnérable à ces changements. L’Afrique, victime de dérèglements en partie imputables à la pollution industrielle, est pourtant le continent qui pollue le moins. ATT a estimé qu’il faudrait, par conséquent, davantage aider le continent à faire aux défis des changements climatiques. Denise Époté ne pouvait pas ne pas interroger le chef de l’Etat sur le sens à donner à la célébration du cinquantenaire de notre pays. Amadou Toumani Touré a indiqué à notre consœur, qu’il envisageait l’avenir sous le signe de la responsabilité, de l’engagement et de l’intégration. Le Mali contemporain, a-t-il rappelé, a connu trois républiques. "Nous capitalisons toutes les étapes, l’essentiel n’est pas ce nous avons fait, mais plutôt ce que sera le Mali dans cinquante ans", a estimé le chef de l’Etat qui s’est déclaré partisan de l’Union africaine et des Etats Unis d’Afrique même si le temps et le chemin pour y parvenir varient d’un pays à l’autre.