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PostHeaderIcon Sikasso : LES IMPERATIFS ET LES CONDITIONS DE PRODUCTION

Les besoins et possibilités d’aménagement agricoles sont immenses dans la région

Sikasso : LES IMPERATIFS ET LES CONDITIONS DE PRODUCTION

La campagne agricole 2010/2011 a démarré dans la Région de Sikasso dans des conditions favorables. Le directeur régional de l’Agriculture, Seydou Kéita, a rappelé que la 3è Région avait enregistré un record de production de céréales lors de la campagne précédente. C’est ce qui explique la stabilité des prix des céréales sur les marchés locaux. La campagne actuelle a débuté dans un contexte marqué par la poursuite et l’extension de la subvention des engrais, semences et équipements agricoles et l’intensification de la culture du maïs. En terme de superficies cultivées, le riz, tous systèmes confondus (pluvial et irrigué), occupe 19250 hectares contre 14700 hectares lors de la campagne 2009/2010. Dans les plaines rizicoles de la région, le temps est au repiquage. Pour les cultures vivrières, les superficies cultivées atteignent 304.000 hectares. La subvention des engrais et des semences est à l’origine de l’engouement suscité pour les cultures vivrières et même pour le coton. Dans la région, les emblavures de coton couvrent 300 000 hectares. Le prix au producteur est fixé cette année à 185 Fcfa le kilogramme de coton graine. La Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) a besoin d’environ 80 milliards Fcfa pour faire face aux charges de la campagne 2010/2011. La compagnie qui joue le rôle de structure d’encadrement, mise beaucoup sur la qualité de notre fibre. Ses responsables ont exhorté les cotonculteurs à privilégier la qualité du coton pour obtenir des prix intéressants sur le marché international. Les besoins et possibilités d’aménagements agricoles sont immenses dans la Région de Sikasso. Ainsi le service du Génie rural a identifié 150 000 hectares de bas-fonds exploitables pour la culture du riz. Des projets et programmes notamment le Programme national d’irrigation de proximité (PNIP) et le Programme d’appui à la production agricole au Mali (PAPAM) vont bientôt s’atteler aux études de faisabilité et monter les dossiers d’aménagement de ces plaines. Le directeur national du Génie rural, Soumaïla Samaké, a révélé que les services de cette structure ont enregistré plus de 200 demandes d’aménagement de périmètres dans la région. Il a souhaité que les populations bénéficiaires et les collectivités locales s’impliquent étroitement dans la gestion des aménagements déjà réalisés ou en projet. A ce propos, le ministre de l’Agriculture, Agatam Ag Alhassane, a rappelé que le chef de l’Etat a alloué 6 milliards Fcfa prélevés sur les fonds générés par la privatisation partielle de la Sotelma, au financement de l’aménagement de plaines.

VIGILANCE PHYTOSANITAIRE : Evoquant la question cruciale de la sécurisation des exploitations agricoles, le ministre a préconisé l’immatriculation des terres agricoles afin qu’elles ne puissent être détournées de leur vocation initiale. Il a demandé à l’APCAM, aux autorités administratives locales, aux collectivités territoriales et aux paysans de préserver les terres agricoles. S’adressant spécifiquement aux paysans, il a souligné que la terre leur est confiée pour les futures générations. S’ils cèdent aux tentations de la vente des terres, ce sont des espaces agricoles qui disparaîtront définitivement. Car ils subiront des morcellements dans le cadre des lotissements à usage d’habitation. C’est justement ce à quoi, nous assistons maintenant dans plusieurs localités. Les parcelles à usage agricole (concessions rurales) sont vite morcelées dès que l’agrandissement de la localité les rattrape. Ces terres agricoles sont ainsi facilement détournées de leur vocation initiale qu’est l’agriculture, l’élevage, le maraîchage, les plantations. Agatam Ag Alhassane a relayé ce message à chacune de ses étapes. Le Centre régional de recherche agronomique de Sikasso de l’Institut d’économie rurale (IER) poursuit ses recherches sur les semences de base et pré-base de riz pluvial et de bas-fonds. Il teste également dans le cadre du Projet de diffusion du riz Nerica (PDRN qui intervient dans des localités des régions de Sikasso, Koulikoro et Kayes) de nouvelles variétés de riz Nerica adaptées aux exploitations de bas-fonds. L’Office de protection des végétaux (OPV) et le Centre national de lutte contre le criquet pèlerin (CNLCP) assurent la vigilance phytosanitaire. Les agents de l’OPV au niveau régional sont confrontés à un problème majeur qui touche les producteurs de mangues. La mouche des fruits est, en effet, devenue la bête noire de ces producteurs de mangues. Cet insecte peut anéantir tous les efforts d’une campagne par les dégâts qu’il cause aux fruits. Les spécialistes proposent aux pouvoirs publics une lutte combinant méthodes biologiques et chimiques. Mais ces interventions sont trop coûteuses pour les seuls producteurs. Alors, ils sollicitent la subvention de certains produits dont le litre coûte entre 10 000 et 13 000 Fcfa. Des pays voisins subventionneraient ces produits pour que leurs producteurs puissent les acquérir à 1000 Fcfa le litre. Au cours de sa mission, la délégation a mis l’accent sur l’amélioration du système d’enquête agricole de conjoncture (EAC) dont les données suscitaient des divergences entre les spécialistes dans l’appréciation du niveau de la production agricole réellement obtenue. Conscientes de ce que cela représente comme difficulté, les autorités et ont dégagé une enveloppe de 880 millions de Fcfa afin de parfaire les données grâce à la formation et à la collecte améliorée de ces informations.