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PostHeaderIcon Seuil de Djenné : UN AUTRE GRAND CHANTIER EST LANCE

L’ouvrage sera le second plus grand barrage hydro-agricole du pays, après celui de Markala. Il permettra de développer les activités agro-sylvo-pastorales et fournira de l’électricité

Seuil de Djenné : UN AUTRE GRAND CHANTIER EST LANCE

Djenné aura son barrage hydro-électrique dans 37 mois. Ce sera le deuxième plus grand ouvrage du type dans notre pays après celui de Markala construit pendant la colonisation française. Le démarrage des travaux de l’ouvrage a été donné samedi par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. La cérémonie s’est déroulée sur le site qui se trouve dans le village de Soala. On y notait la présence de membres du gouvernement dont le ministre de l’Agriculture Agatam Ag Alhassane, du représentant résident de la Banque africaine de développement (BAD), Amadou Thierno Diallo et de plusieurs autres personnalités. La population avait longtemps attendu cet évènement. Elle est donc sortie en masse pour réserver un accueil très chaleureux au président de la République et à sa délégation. Chasseurs, marionnettes, danseurs s’étaient aussi mobilisés pour que la fête soit belle et mémorable à Soala. La délégation présidentielle fit son entrée dans le village aux environs de 10 heures. La localité est située à 15 km de la ville de Djenné sur la rive droite du fleuve Bani. C’est ici que sera construit le seuil tant attendu. L’infrastructure, dans sa composante génie civil, coûtera plus de 19,5 milliards de Fcfa. Le financement est pris en charge par l’Etat et une dizaine de partenaires financiers dont le chef de file est la BAD. Selon le représentant de l’organisme financier, Amadou Thierno Diallo, le seuil de Djenné, au delà de sa vocation hydro-agricole, fournira de l’électricité, dans les années à venir, à la ville de Djenné et à toute la zone. Il a par ailleurs précisé que la BAD consacre plus de 60% de ses financements dans notre pays au secteur agricole. Dans son discours, le ministre de l’Agriculture s’est chargé de donner les caractéristiques techniques du seuil-barrage de Djenné. L’ouvrage sera un barrage-pont de 316 mètres qui va relier les deux rives du Bani. Ce qui veut dire que les Djennekés n’auront plus de souci de traverser le fleuve surtout en période des hautes eaux. Avec la construction du barrage, ce sont plus de 15 000 hectares qui seront aménagés. Vingt cinq kilomètres de routes seront bitumés. Il sera réalisé 54 km de digues de protection et plusieurs kilomètres de pistes rurales. Il est également prévu la construction d’un centre de santé communautaire à Sarantomo et la construction du siège local pour la gestion du seuil à Soala. L’infrastructure va permettre de développer la culture du riz à Djenné et d’activités importantes comme le maraîchage, la pêche, l’élevage. Cela se fera avec l’accompagnement du Fonds international pour le développement de l’agriculture (Fida) et de la Banque mondiale. « Le barrage de Djenné a pour objectif de pallier les effets de la sècheresse et de relancer les activités agro-sylvo-pastorales dans le cercle pour le plus grand bonheur des populations », a expliqué le ministre de l’Agriculture, en précisant que la gestion concertée des barrages de Talo et Djenné permettra à la faune terrestre et aquatique de se régénérer normalement. Les deux barrages constitueront un pôle d’intégration et de développement économique pour les populations bénéficiaires. Agatam Ag Alhassane a aussi annoncé que la construction du barrage de Djenné permettra la création de plus de 45 000 emplois directs ou indirects dans la localité. Le président de la République s’est dit particulièrement fier du démarrage des travaux de construction du seuil de Djenné avec le soutien précieux des partenaires au développement. L’ouvrage, a relevé Amadou Toumani Touré, contribuera fortement au développement socio-économique du pays. « Dans le cadre du Projet pour le développement économique et social (PDES), j’ai dit et répété que le Mali sera un grand pays pétrolier, un pays minier parmi les plus grands d’Afrique. Mais que ce qui nous appartient et ce que nous avons de plus précieux, c’est certainement l’agriculture. C’est la raison pour laquelle nous avons mis beaucoup d’efforts dans l’aménagement de terres pour l’agriculture. Nous avons pu réaliser le seuil de Talo. Aujourd’hui par la grâce de Dieu, nous avons démarré les travaux de celui de Djenné avec l’aide des partenaires financiers que je tiens à remercier », a ajouté le président Touré.

UN PROGRAMME INTEGRE : Le chef de l’Etat a insisté sur l’importance du Programme de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS) dont l’une des composantes est la construction du seuil de Djenné. « Le Programme de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et à Sélingué est un programme intégré, c’est à dire un programme à multiples dimensions. Les aménagements agricoles qui sont concernés par ce programme sont les plus importants après l’Office du Niger que nous continuions à aménager. C’est donc un projet d’une grande envergure qui va coûter plus de 120 milliards de Fcfa », a commenté le président Touré. Les composantes du programme sont multiples : la retenue et la maitrise de l’eau, l’aménagement des plaines, la pèche, l’élevage, les routes bitumées, les pistes rurales, les digues de protection, un pont à Djenné, l’électricité. C’est aussi près de 12 milliards de Fcfa des revenus par an que les populations pourront tirer des activités autour du seuil Le président de la République a félicité le gouvernement pour ses efforts en faveur du développement de l’Agriculture et remercié les partenaires financiers qui ont accepté de financer le programme. Ces partenaires sont la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), la Banque mondiale, la Banque d’investissement et de développement communautaire (BIDC), le Fonds saoudien pour le développement (FSD), le Fonds de l’Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole), le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et la Banque import-export de la Corée du Sud. Les entreprises chargées des travaux sont déjà sur place. Les travaux peuvent donc commencer sans tarder. Le chef de l’Etat leur a demandé de ne pas perdre de temps. Après la cérémonie de pose de la première pierre, Amadou Toumani Touré a rencontré les notabilités de Djenné : le chef de village, l’imam de la Grande mosquée et bien d’autres sages de la ville. Tous ont exprimé leur joie pour la construction d’un barrage de ce type dans la localité. Ils ont remercié le président Touré pour ses efforts inlassables en faveur du monde rural. En réponse, celui-ci les a remerciés pour leur implication dans la sensibilisation de la population sur l’utilité du barrage du seuil. Rappelons que vendredi, le chef de l’Etat était à Bandiagara où il a inauguré 6 km de voies bitumées dans la ville. La réalisation des voies s’est accompagnée de l’installation de l’éclairage public dans la ville. La population avait donc toutes les raisons de se mobiliser pour réserver au président Touré, un accueil à la hauteur de leur joie. En plus des voies bitumées qui viennent d’être inaugurées et de l’éclairage public, plusieurs rues de la ville ont été pavées grâce à un fils de la localité, Seydou Nantoumé, le PDG de l’entreprise Toguna-Industries. Cette initiative citoyenne de l’entrepreneur a permis d’améliorer le cadre de vie à Bandiagara, de valoriser les matériaux locaux de construction, et de créer beaucoup d’emplois (Réf L’Essor du 15 juillet).

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M. KEITA et O. DIOP