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PostHeaderIcon Sécurité et développement au Sahel : UNE DETERMINATION AFFICHEE A COMBATTRE LE TERRORISME

Les pays du champ ont plaidé pour une stratégie régionale fondée sur une vision commune, des principes directeurs et des mécanismes de coopération adaptés

Sécurité et développement au Sahel : UNE DETERMINATION AFFICHEE A COMBATTRE LE TERRORISME

Les participants à la conférence internationale sur le terrorisme qui s’est déroulée la semaine dernière à Alger s’accordent sur l’urgence de mettre en œuvre une approche collective et globale pour combattre le terrorisme. Cette détermination générale découle du constat global d’absence d’une véritable stratégie militaire et du faible niveau d’équipement en matériels sophistiqués et de surveillance militaire établit par les pays de la région du Sahel. « Notre conférence a pris une dimension particulière eu égard aux risques liés aux flux incontrôlés d’armes de tous calibres dans la bande sahelo-saharienne. Notre priorité devra être de rendre plus opérationnel notre dispositif militaire notamment le CEMOC, Comité d’état-major opérationnel, et l’UFC. Le conflit libyen et la circulation des armes exigent une synergie conséquente d’action », a jugé le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Soumeylou Boubèye Maïga. Le conflit libyen, a-t-il ajouté, a amplifié les menaces existantes. « Le Sahel est une zone de refuge pour les différents groupes intervenant dans beaucoup de pays. Car les groupes terroristes ne sont pas des groupes nationaux. Ils profitent de toutes les opportunités géographiques qui leur permettent d’agir. Il s’agit donc de trouver une réponse commune permettant de mettre en place des capacités communes de surveillance. Car il existe dans ces régions des centaines de kilomètres carrés non occupés. Les Etats peinent à y être présents à cause de l’absence de population », a analysé Soumeylou Boubèye Maïga. Les commentaires du ministre Maiga étayaient la communication faite par le représentant malien au CEMOC, le général Adama Kanikomo, qui a défini les contours de l’Etat-major conjoint mis en place par les pays du champ et basé à Tamanrasset. La stratégie proprement malienne a été ensuite explicitée aux participants. A ce propos, le Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement au Nord, (PSPSDN), une initiative lancée par le président de la République Amadou Toumani Touré, a été appréciée par les partenaires extra-régionaux présents. Le ministre nigérien des Affaires étrangères, dont le pays se retrouve en première ligne, a souligné les conséquences désastreuses du conflit libyen sur la région. « Il y a des véhicules volés qui circulent dans les quatre pays du champ, des armes libyennes qui envahissent le Sahel. Il y a aussi des Touaregs pro-Kadhafi et des pro-CNT qui ont pris part au conflit. Cet état de fait représente un gros problème pour la sécurité. Il faudrait que la coordination militaire par le CEMOC soit effective », a estimé Mohamed Bassoum. Le conseiller aux questions africaines de la présidence française, André Parant, s’est, lui, efforcé de ménager la chèvre et le chou : légitimer l’action française en Libye et réitérer la solidarité de son pays avec ceux de la bande sahélienne pour lesquels la crise libyenne est un facteur aggravant : « Le rôle primordial de la lutte contre le terrorisme revient aux pays de la région. Ce sont les populations qui sont les premières victimes et l’on ne saurait se substituer à elles. Le terrorisme est un phénomène transnational et seule une action coordonnée est susceptible de produire des résultats positifs. Les pays de la région ne disposent pas des moyens nécessaires à même de leur permettre d’agir efficacement et de venir à bout du terrorisme. C’est pourquoi les partenaires ont un rôle important à jouer pour les aider. C’est la raison pour laquelle la France a répondu positivement à l’appel d’aide au développement, au renforcement de l’Etat de droit, à la formation des forces de sécurité ». La France, a précisé André Parant, a plaidé pour l’adoption d’une stratégie européenne dans le Sahel. « L’adoption de cette stratégie trouvera rapidement nous en sommes convaincus, une traduction sur le terrain. Nous attendons de voir une volonté commune d’agir sur la base d’une analyse partagée sur la stratégie à mettre en œuvre. Nous sommes tous convaincus qu’il y a urgence à agir », a t-il assuré. 38 délégations ont pris part aux travaux de la conférence d’Alger. Dans leur communiqué final, les représentants des pays du champ ont plaidé pour une stratégie régionale fondée sur une vision commune, des principes directeurs et des mécanismes de coopération adaptés. Ils ont insisté sur la nécessité d’engagements supplémentaires et davantage d’actions coordonnées. Un plaidoyer auquel les partenaires extra-régionaux ont été sensibles puisqu’ils se sont félicités de la pertinence de cette stratégie et ont relevé l’importance de leur contribution pour la mise en place d’une coopération régionale indispensable à la sécurité et au développement. Ils ont aussi apprécié la volonté ferme affichée par le Mali, le Niger, la Mauritanie et l’Algérie. Ils ont exposé leurs stratégies et approches pour le Sahel dans les domaines du développement qui comportent des axes et des créneaux de coopération de nature à appuyer les efforts collectifs entrepris au niveau de la région. Les pays du champ et leurs partenaires ont convenu de la nécessité de créer des synergies et des complémentarités entre les stratégies et approches existantes sur la sécurité et le développement au Sahel, dans le but de conférer plus d’efficacité et de cohérence à leur coopération. « Le phénomène du paiement de rançon aux groupes terroristes, preneurs d’otages qui constituent une source majeure de financement du terrorisme est une préoccupation fondamentale pour l’Algérie et les autres pays du champ », a déploré le ministre délégué algérien chargé des Affaires magrébines et africaines, Abdelkader Messahel. Les partenaires ont réaffirmé, à ce propos, l’importance qu’ils attachent au tarissement de toutes les sources de financement du terrorisme et au renforcement des mécanismes internationaux pour réaliser cet objectif crucial. La conférence a examiné les différents aspects du crime transnational organisé et convenu que la lutte contre ce fléau et ses connexions avec le terrorisme appelle une action urgente et déterminée et exige une coopération intensifiée au plan régional et international. Ils ont aussi relevé l’importance du développement et de l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment dans les zones enclavées et déshéritées et ont convenu de la nécessité d’y consacrer les moyens nécessaires et d’appuyer les efforts entrepris à cet égard par les pays de la région. La rencontre a décidé de la poursuite du dialogue avec les partenaires et de la tenue dans 6 mois, dans une autre capitale des pays du champ, de la prochaine réunion de haut niveau. La conférence a été suivie par la réunion de la commission mixte Algérie- Mali. Cette rencontre régulière entre notre pays et son grand voisin du Nord aura des répercussions toutes particulières. Il s’agit, bien entendu, pour Algériens et Maliens de raffermir leurs liens de fraternité et d’amitié mais surtout de réaffirmer leur détermination de lutter contre le fléau du terrorisme, le crime transnational et le trafic de drogues sur la ligne de frontière commune. L’Algérie a profité de l’occasion pour exposer un plan de bataille élaboré dans le domaine. Les conclusions de la réunion sur toutes les questions de sécurité, de développement confirment la solidité du partenariat entre Maliens et Algériens et la visite d’Etat que le président Amadou Toumani Touré devrait effectuer d’ici fin septembre en Algérie.

Envoyé spécial

M. N. TRAORE