Des partis politiques se prononcent sur une trentaine de points sur les 233 recommandations que compte le rapport de la Commission Daba Diawara
Le président du conseil d’administration de la fondation CMDID (Centre malien pour le dialogue inter-partis et la démocratie), le Dr Amadou Sy, a rencontré la presse vendredi dans la salle de conférence de la nouvelle Maison de la presse. Les discussions ont porté sur les résultats de la réflexion engagée par les partis politiques sur les recommandations faites par la Commission de réflexion sur la consolidation de la démocratie au Mali dirigée par Daba Diawara. Attachée à promouvoir le processus de consolidation de la démocratie au Mali, la fondation CMDID a décidé d’accompagner les partis politiques dans une dynamique de dialogue inter-partis autour des recommandations faites par la Commission Daba Diawara, expliquera le conférencier. La fondation a ainsi organisé un atelier d’échanges et de débats des partis politiques sur ces recommandations. Pour la préparation de l’exercice, la fondation CMDID avait demandé aux 15 partis représentés à l’Assemblée nationale et à 6 partis extra-parlementaires d’organiser des concertations internes pour dégager les positions de leur parti sur les recommandations de la commission. Chaque parti devait fournir un rapport à l’issue de ses concertations internes. L’objectif était de confronter les différentes positions des formations politiques à la faveur des débats contradictoires, organisés par la fondation au cours de différents ateliers d’échanges organisés en septembre et octobre 2009 au Grand hôtel de Bamako. Si les partis n’ont pas tous fourni des rapports écrits avant la tenue des ateliers, ils ont cependant tous accepté de participer pleinement et de contribuer aux débats sur les points retenus . 52 cadres politiques de haut niveau, représentant 23 partis ont pris part à ces deux rendez-vous. Les débats ont porté sur une trentaine de points sur les 233 recommandations que compte le rapport de la commission. Les débats ont permis de dégager trois types de remarques : les points d’accord avec les recommandations de la commission, les points de désaccord et les points spécifiques (débattus en dehors des recommandations). Les points d’accord portent sur 11 recommandations de la commission. Les points de divergence concernent 7 recommandations contre une seule pour les points spécifiques. Ainsi par exemple, les partis politiques se sont accordés sur la proposition de la commission relative au parrainage des candidatures à l’élection présidentielle. Mais, ils estiment que cette obligation doit se limiter aux seules candidatures non présentées par un parti politique et recommandent en outre le renforcement des conditions du parrainage. Ils sont d’accord aussi sur les propositions de la commission concernant les avantages liés à la fonction du chef de l’opposition, l’interdiction formelle du nomadisme politique, mais restent divisés sur la nature des sanctions encourues par ces « nomades ». Ils ont manifesté leur désaccord avec la commission sur le point de la nationalité (d’origine ou non) des candidats à l’élection du président de la République. Ils sont également opposés à la nomination du président de la Cour constitutionnelle par le président de la République, ainsi qu’à la désignation des anciens présidents de la République, jouissant de leurs droits civiques, comme membres de droit de la même cour, etc. Toutefois, a précisé le Dr Amadou Sy, les contre-propositions de la fondation CMDID n’engagent en rien la Commission Daba Diawara. L’opération est une manière d’anticiper sur les débats en gestation sur les consultations référendaires proposées par le président de la République, lors de son adresse à la nation à la veille du Nouvel an.