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Le Programme est déjà dans le concret avec le lancement des chantiers d’une multitude d’infrastructures pour l’administration, les forces armées et de sécurité, d’équipements marchands et d’activités génératrices de revenus

PSPSDN : LA SURMULTIPLIEE

Lancé officiellement le 9 août dernier, le Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord (PSPSDN) est déjà engagé dans la réalisation d’actions concrètes. La dizaine d’entreprises de BTP, chargées de la construction d’infrastructures dans les trois régions du Septentrion au compte du Programme, est au travail depuis la semaine dernière. Elles ont engagé une course contre la montre pour livrer les infrastructures au bout de six mois. Les travaux des différents chantiers, dans les régions de Kidal, Gao et Tombouctou, ont été lancés entre le 17 et le 25 août, par les autorités administratives et politiques des différentes régions, sous la supervision des responsables du programme. A Kidal, le coup d’envoi a été donné par la pose de la première pierre d’une maison d’arrêt et de correction. La cérémonie était présidée par le gouverneur de la Région, Salifou Koné. Bâtie sur 1,2 ha, la nouvelle prison de Kidal est contigüe aux locaux du groupement de la gendarmerie et située à un jet de pierre de la représentation régionale de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP). La construction de cette prison capable d’accueillir 50 détenus, va coûter 259 millions de Fcfa au PSPSDN. L’entreprise ETROBA s’est engagée à livrer l’infrastructure en février prochain. La cérémonie de lancement a mobilisé les autorités administratives et politiques et les représentants de la société civile qui tenaient ainsi à témoigner de leur soutien à cette initiative du PSPSDN. « La pose de la première pierre de la nouvelle maison d’arrêt de Kidal constitue et demeurera un évènement important dans l’histoire de la Région. L’attente a été longue depuis la fermeture du bagne de Kidal le 27 décembre 1997, pour des raisons évidentes d’humanisation voulues par les plus hautes autorités à l’époque », a indiqué le gouverneur de la 8e Région, le colonel Salifou Koné.

POUR LA JUSTICE ET L’ETAT DE DROIT. Et le chef de l’exécutif régional de poursuivre : « la population de Kidal n’a cessé depuis plus décennie de réclamer la construction d’une maison d’arrêt. Cette demande de la population qui ne fait aucune confusion entre un bagne d’exclusion et une maison de correction et de rééducation, traduit clairement son attachement au règne de la justice et de l’Etat de droit au détriment de celui de l’anarchie et de l’impunité ». Le maire de la commune de Kidal, Arbacane Ag Abzeyack, notera pour sa part que la situation d’insécurité rampante qui prévaut depuis plusieurs années dans la commune, a compromis la mise en route de beaucoup d’actions de développement. « La construction de cette prison va contribuer au rétablissement de l’ordre, de la quiétude et de la discipline. Tous les malfrats qui écument nos rues et nos routes doivent désormais savoir ce qui les attend », a averti l’édile en invitant l’entreprise chargée des travaux au respect rigoureux du délai contractuel de construction. La pose de la première pierre de la prison de Kidal a ouvert une série de cérémonies qui a conduit le gouverneur Salifou Koné, dans d’autres localités couvertes par les activités du Programme. Les cercles de Tin-Esssako et d’Abeibara ont ainsi accueilli les officiels pour le coup d’envoi des travaux d’infrastructures pour l’administration, les forces armées et de sécurité, d’équipements marchands et d’activités génératrices de revenus pour les collectivités territoriales. A Achibogo dans le cercle de Tin-Essako, seront bâtis des locaux pour une compagnie de la Garde nationale, un bloc de 10 boutiques et le bâtiment pour l’administration pour un coût total de 330 millions de Fcfa. La Garde nationale aura également de nouveaux locaux à Tinezié où seront implantées 10 boutiques. Le commandant en second du groupement de la Garde, le lieutenant-colonel Aguibou Diallo, a souligné que le redéploiement de la Garde nationale dans un cadre décent de conditions de vie et de travail, va permettre à ses hommes de répondre efficacement à leur mission de sécurité dans cette zone stratégique. Le coût total des travaux est chiffré à 600 millions de Fcfa. A la lisière de la frontière avec l’Algérie, à Tinzawaten, il est prévu de construire une caserne pour brigade de gendarmerie, des locaux pour la sous-préfecture, de créer une compagnie renforcée de forces armées et sécurité. Une école, un centre de santé communautaire et un bloc de boutiques seront aussi édifiés pour un total de 680 millions de Fcfa. A Abeibara, chef-lieu du cercle du même nom, le PSPSDN va loger un régiment militaire, une compagnie de la Garde nationale et une brigade de la Gendarmerie. Les autres réalisations porteront sur un marché et une aire de vaccination pour le bétail, une banque de céréales, un barrage de retenue d’eau, la rénovation des locaux du cercle et la clôture de l’école. Le coût de l’ensemble des travaux dans le cercle est estimé à 1,6 milliard de Fcfa. Dans le cercle de Tessalit, précisément à Aguel-Hoc, le Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement au Nord va réhabiliter le siège de la mairie, construire des locaux pour une compagnie de la Garde, une brigade de gendarmerie, une tribune publique et un groupe de 13 boutiques. Ici, le montant total des investissement est estimé 550 millions de Fcfa pour un délai d’exécution de six mois. De l’autre côté de la frontière avec l’Algérie, la localité de Inhalid constitue un véritable port sec, par lequel transitent plusieurs produits venant de ce pays ami. Cette localité sera désormais dotée d’une sous-préfecture, d’une compagnie de Garde nationale, d’une brigade de gendarmerie, pour un coût total de 370 millions de Fcfa. La pose de la première pierre de ces locaux, a été effectuée par le préfet de Tessalit, Cheick Fantamady Boré, accompagné du chef du site, Sidi Amar Ag Akly.

DES RETOMBEES POUR L’ENSEMBLE DU PAYS. La supervision des différents chantiers sera réalisée par le bureau d’opération du Génie militaire. Le chef de ce bureau, le lieutenant-colonel Alpha Nientao (architecte), a averti que son service ne fera pas de concession sur le respect des normes et le délai d’exécution des travaux par les entreprises. « Nous serons présents sur tous les chantiers. Le Génie militaire a mobilisé tous ses techniciens et ingénieurs civils et militaires pour la surveillance des chantiers. Toute entreprise qui montrera des défaillances dans l’exécution de travaux, se verra retirer le marché. Elles ont signé des contrats et doivent tenir leurs engagements », a insisté Alpha Nientao. En amont des cérémonies de pose de première pierre dans les différentes localités, le coordinateur du Programme, Mohamed Ag Erlaf, et ses collaborateurs, avaient installé un comité interrégional de suivi piloté par les gouverneurs des régions de Gao, Tombouctou et Kidal. Cet organe a défini les différents critères applicables à l’éligibilité aux activités génératrices de revenus et au fonds de roulement pour l’exploitation des espaces commerciaux. C’est ainsi que sont éligibles au financement du PSPSDN, les projets de périmètres maraichers, de petit commerce de détail de fruits et légumes, les activités de tissage, de maroquinerie et cordonnerie, de menuiserie métallique et d’ébénisterie. Sans compter l’embouche, la boucherie et la rôtisserie, l’aviculture, les cybercafés et la production de plants, par les femmes et les jeunes. Le Programme ne bénéficiera pas qu’aux régions du nord. Ses retombées s’étendront à l’ensemble du pays. En effet, la main d’œuvre subalterne sur les chantiers est essentiellement constituée de jeunes originaires des régions du sud du pays. Dans la Région de Kidal, la paie journalière d’un ouvrier oscille entre 4000 et 8000 Fcfa. Un maçon gagne entre 5000 à 15000 francs par jour. Ces rémunérations très incitatives ont encouragé un grand mouvement de jeunes des régions de Ségou, Sikasso et Mopti et de Bamako vers la région. Moussa Koné, 23 ans, ressortissant est de Fourou dans la Région de Sikasso. Il a trouvé du travail sur des chantiers à Kidal. Il confie fièrement, au bout de cinq mois de boulot sur un chantier à Abeibara, avoir réalisé des économies de 400 000 Fcfa. Un autre jeune, Karim Sangaré, s’est fixé à Tinzawatène. Initialement candidat à l’émigration clandestine, il a fini par renoncer à son projet de traverser la Méditerranée pour tenter sa chance en Europe. Le jeune Sangaré travaille comme maçon à Tinzawatène et ne cache pas sa satisfaction de sa « bonne fortune ».